Le fondateur du Festival Juste pour rire Gilbert Rozon

Affaire Gilbert Rozon: décisions transmises aux plaignantes

MONTRÉAL — Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) s’apprête à faire le point sur les plaintes criminelles pour crimes sexuels dont fait l’objet Gilbert Rozon, le fondateur du Festival Juste pour rire.

Un nombre indéterminé de femmes ont porté plainte à la police contre l’homme d’affaires bien connu.

La station radiophonique 98,5FM, de Montréal, affirme qu’un procureur de la Couronne rencontre depuis lundi les plaignantes afin de leur dire si leurs plaintes criminelles contre M. Rozon seront retenues ou non, et si des accusations seront déposées contre lui.

La comédienne Patricia Tulasne a d’ailleurs confirmé mardi lors d’un bref entretien téléphonique avec La Presse canadienne qu’elle rencontrera un procureur de la Couronne plus tard en journée, mardi, et que les avocats des plaignantes émettront par la suite une réaction.

Mme Tulasne a indiqué qu’elle ne fera aucun commentaire pour le moment.

Le DPCP vient de faire savoir que les rencontres avec les plaignantes ne se termineront pas au terme de la journée.

«Par respect pour les personnes impliquées dans le processus de rencontre, lequel se poursuivra au-delà de la journée de mardi, le DPCP ne communiquera les informations publiques qu’au terme de ce processus», a fait savoir par courriel son porte-parole, Jean Pascal Boucher.

Recours civil

Parallèlement au processus criminel, un groupe de femmes, qui se sont elles-mêmes appelées «Les Courageuses», ont demandé - et obtenu - la permission d’intenter une action collective contre Gilbert Rozon. Seule l’identité de la représentante du groupe, la comédienne Patricia Tulasne, est connue. On ne sait pas si les membres du groupe sont les mêmes femmes qui ont porté plainte à la police.

L’ex-producteur est accusé par ces femmes de harcèlement et d’agressions sexuelles. Selon le groupe, M. Rozon aurait fait au moins 20 victimes sur une période de 34 ans, de 1982 à 2016, ce que réfute fermement le producteur déchu.

Les plaignantes réclament jusqu’à 10 millions$ en dommages punitifs, en plus des dommages moraux et pécuniaires.

En août, la Cour d’appel du Québec a toutefois accordé à M. Rozon l’autorisation d’en appeler du jugement qui a permis le dépôt d’une action collective des «Courageuses» contre lui.

L’action collective avait été autorisée par la Cour supérieure du Québec le 22 mai.

Si le DPCP ne dépose pas d’accusations contre Gilbert Rozon, cela n’empêche pas en théorie les femmes de continuer avec leur action collective, le fardeau de preuve étant moins exigeant dans le cadre d’un recours civil qu’au criminel.