Administration québécoise: retard salarial face au privé

Le fossé entre la rémunération des employés des ministères, hôpitaux et écoles du Québec et celle des travailleurs du monde municipal et des sociétés d’État s’est maintenu au cours de la dernière année, confirme un rapport diffusé jeudi par l’Institut de la statistique du Québec. À la défaveur des premiers.

Les salaires «globaux» des fonctionnaires provinciaux — tenant compte des avantages sociaux — sont certes à quasi-égalité, parfois un peu au-dessus, de ceux des non syndiqués des secteurs privé et public. Mais dès qu’il est question de la rétribution en milieux syndiqués, l’écart entre l’administration publique et les autres salariés québécois est de plus de 20 %. 

Leurs émoluments sont même de 27,4 % inférieurs à ceux encaissés par leurs camarades des municipalités, des entreprises d’État, des universités et du fédéral. 

«Depuis 2009, la position de l’administration québécoise — malgré les augmentations qui ont été reçues par ses salariés — s’est affaiblie par rapport à tous les secteurs qu’on a analysé au niveau des salaires», ajoute la Coordonnatrice études sur la rémunération et relations clients de l’Institut, Nadège Jean.

Il y a toutefois des variations d’un type d’emplois à l’autre. Ainsi, le tiers des travailleurs de l’administration publique ont une rémunération globale à peu près équivalente à celle qu’ils toucheraient au privé. Pour les deux tiers restants, l’écart est par contre parfois très important. Mme Jean cite notamment l’exemple des ouvriers de voirie, des chauffeurs de véhicules, des menuisiers, des mécaniciens… Dans cette classe, la rémunération globale est d’environ 30 % inférieure au public, parfois de 45 % inférieure. Ici, «la position de l’administration québécoise est beaucoup plus faible», note-t-elle.

Secteur municipal

Dans la mer de statistiques publiées jeudi, il y a toutefois une ligne de chiffres qui détonne: l’écart entre la rémunération dans l’administration publique provinciale et celle des employés municipaux s’est un peu — un tout petit peu — réduit au cours de la dernière année. C’est le seul endroit dans le rapport où il y a «amélioration».

Nadège Jean ne s’attendait pas à ce que la loi forçant le partage des déficits des fonds de retraite municipaux ait un impact dès la première année. «On voit déjà qu’il y a un effet. […] Il y a quelque chose qui se passe.» 

Puisque les travailleurs des villes doivent maintenant investir plus dans leur fonds de retraite, le décalage entre leur rétribution et celle des fonctionnaires québécois se rétrécit. Ils gagnent néanmoins encore 39,7 % de plus en moyenne…