Richard-Yves Chassé doit démontrer qu’il a subi des préjudices pour réclamer 85 000 $ au couple Michaud-Dorval, au DPCP et à la SQ.

Acquitté d’avoir tué Goliath, il réclame 85 000$

Richard-Yves Chassé, acquitté d’avoir tué Goliath, le chien de ses voisins, réclame 85 000 $ pour les préjudices qu’il a subis, estime-t-il, en étant accusé injustement. Il devra cependant être en mesure de prouver les faits qu’il avance.

En 2013, l’homme de Saint-Honoré a été accusé d’avoir abattu volontairement un chien, sur le chemin du Cap, de lui avoir infligé des blessures, d’avoir utilisé une arme à feu de façon négligente et du mauvais entreposage de son arme dans son garage.

Au procès criminel, le juge a acquitté l’accusé, retenant que l’homme avait fait feu en direction du bouledogue américain qui fonçait alors sur lui.

Le retraité a déposé une poursuite de 85 000 $ à l’endroit des propriétaires du chien, Jimmy Dorval et Julie Michaud, de la Sûreté du Québec et du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

Le procès se déroule en Cour du Québec, chambre civile, devant la juge Doris Thibault.

M. Chassé prétend avoir été victime d’une campagne de dénigrement de la part de ses voisins, dit avoir vécu du stress et avoir été réveillé en pleine nuit à plusieurs occasions par les coups de klaxon que les défendeurs auraient fait entendre.

Il ajoute avoir fait l’objet de plaintes non fondées au gouvernement de la part du couple Michaud-Dorval et d’avoir été traité d’assassin sur une affiche placée sur le terrain en face de chez lui. Il reproche à la SQ d’avoir bâclé son enquête et au DPCP de l’avoir accusé inutilement.

Dès l’ouverture du procès, la magistrate a fait savoir à M. Chassé qu’il devait démontrer, preuves à l’appui, qu’il avait subi des dommages afin de soutenir sa demande de réclamer une somme d’argent.

Le plaignant a bien tenté d’y arriver, mais n’avait pas beaucoup de documents à déposer au tribunal.

« Je n’ai pas la preuve que les plaintes aux deux ministères viennent des voisins. J’ai seulement entendu dire qu’ils avaient porté plainte. Toute cette affaire m’a fait vivre un stress durant au moins trois ans. J’ai subi un procès inutile », a résumé M. Chassé.

« Pour les coups de klaxon, je sais que ça vient des voisins, car je les ai vus faire. Ils ont arrêté après une plainte déposée à la SQ », a-t-il ajouté.

Julie Michaud est venue raconter sa version des faits et répondre aux accusations du plaignant.

« En ce qui concerne les klaxons, il ne peut m’avoir vue le faire, car ma voiture, qui a été très accidentée, n’a pas un klaxon fonctionnel. Je n’ai jamais entendu mon conjoint klaxonner en passant devant la maison de M. Chassé. Et nous n’avons jamais eu la visite d’un policier pour nous dire d’arrêter ou nous mentionner qu’une plainte avait été déposée », a précisé Mme Michaud.

« Concernant l’affiche, je l’ai installée sur mon terrain. Oui j’ai utilisé le mot assassiné, car on avait tiré mon chien, on l’a tué. Pour moi, ça voulait dire la même chose. Mais je n’ai pas dit que c’était M. Chassé, car à ce moment, nous ne savions pas que c’était lui qui avait tiré », a poursuivi Julie Michaud.

Après avoir nié avoir fait feu sur l’animal, Richard-Yves Chassé a changé de version et a avoué le 16 octobre 2013 avoir commis le geste dans une deuxième déclaration aux policiers de la SQ.

C’est à la suite de cette déclaration que le corps policier a repris l’enquête. Même si la policière, Valérie Perron, avait quelques doutes au départ, elle n’avait pas les motifs pour procéder à son arrestation.

En lisant la seconde déclaration et avec tout ce qu’elle avait entre les mains, la policière a été en mesure de l’arrêter et de déposer un dossier au DPCP.