Le véhicule est atterri au milieu de ce terrain résidentiel avant de prendre feu. Les traces de roues ont été laissées par la remorqueuse.

Accident à St-Claude: les victimes n’ont eu aucune chance

Un jeune couple a connu une mort atroce, samedi après-midi sur le chemin Goshen à Saint-Claude, prisonnier de son véhicule en flammes. Après une embardée causée vraisemblablement par une trop grande vitesse, le véhicule a terminé sa course sur un terrain résidentiel, non sans avoir d’abord heurté un poteau électrique, le sectionnant à deux endroits.

Le résidant du 650 chemin Goshen a vécu tout un cauchemar, lui qui a tenté de secourir les passagers avant l’arrivée des pompiers, mais son extincteur résidentiel n’a pas fait le poids; les deux passagers n’ont eu aucune chance. 

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Un jeune couple qui avait plein de projets

Sébastien Bissonnette venait de finir de tondre la pelouse lorsqu’il a entendu le véhicule au loin. Quelques secondes plus tard, l’auto volait littéralement au-dessus de son terrain.

« Tu le sais au son quand un char s’en vient à 140 ou 160 km/h. Le bout de poteau qui manque, c’est l’épaisseur du char. Il y a des branches cassées à dix pieds dans les airs, c’est l’auto qui a fait ça », raconte-t-il.

« J’ai essayé d’éteindre, mais un extincteur contre un feu dans une auto, il n’y a rien à faire avec ça. Il n’y a pas de pompier qui dort chez nous. Quand tu le vois en direct, c’est quelque chose. »

Les policiers sont arrivés rapidement sur les lieux, mais ont été tout aussi impuissants devant la situation.

L’accident s’est produit en fin d’après-midi, aux alentours de 16 h 30, une heure à laquelle la petite famille de M. Bissonnette est souvent dehors.

« J’étais là, c’est tout le temps des “si” puis des “peut-être”, mais je suis juste content que ma fille et ma femme aient été à l’intérieur », confie-t-il, encore visiblement secoué par la scène à laquelle il a assisté.

En fin d’avant-midi dimanche, l’homme travaillait à ramasser les débris laissés par l’accident, plusieurs morceaux de véhicules et des branches d’arbre cassées. M. Bissonnette décrivait son terrain comme « un véritable champ de mines ».

Après le contact du véhicule avec le poteau, l’électricité a été coupée chez lui. Le poteau a été remplacé durant la nuit.

Depuis les événements tragiques, M. Bissonnette tente de se tenir occupé. C’est certain qu’il n’oubliera pas les images de sitôt, témoigne-t-il. Les corps étaient si calcinés qu’il était impossible pour les enquêteurs de déterminer le sexe des deux victimes.

« Tout le monde était extrêmement aimant, ils m’ont dit qu’ils étaient là si jamais j’avais besoin de quelque chose. Il n’y a personne de prêt à ça. Même si tu étais pompier volontaire, ça te ferait quelque chose de voir ça. »

Le véhicule a laissé des traces sur la route, avant son embardée.

Une vraie piste de course

Les citoyens du secteur s’entendent pour dire que pour perdre le contrôle et sectionner un poteau de bois, le conducteur roulait bien au-delà de la limite de vitesse fixée à 80 km/h à cet endroit. 

Ils ne sont toutefois pas surpris d’un tel excès de vitesse puisque cette portion du chemin Goshen est considérée comme une piste de course depuis toujours.

Si on ne compte plus les embardées, ce serait par contre la première fois que la vitesse cause un accident aussi tragique. M. Bissonnette espère maintenant que l’événement serve de leçon aux conducteurs. 

« Tout le monde le sait, ça roule trop vite ici. Faut que quelque chose se passe, mais ça peut prendre plusieurs morts », se désole-t-il. 

Un résidant qui habite plus haut sur le chemin Goshen, avant la pente descendante, a lui aussi entendu l’auto filer à toute allure samedi.

« J’étais dans mon garage la porte fermée. Le garage a tremblé », commente Bernard Bisson.

M. Bisson habite le secteur depuis 50 ans et il n’était pas étonné. Il explique que le conducteur n’était peut-être pas au courant de la pente descendante qui approchait.

« Ceux qui connaissent le chemin, ils ralentissent. Ils savent que ça descend », ajoute-t-il.

La Sûreté du Québec n’a pas pu dévoiler l’identité des victimes ce week-end. Il faudra une autopsie du coroner pour les identifier officiellement.

Les proches des deux victimes savent bien, toutefois, qu’elles manquent à l’appel. Sur les réseaux sociaux, on leur rendait déjà hommage dimanche. Il s’agirait d’un homme et de sa conjointe qui revenaient d’une visite dans leur famille.