Dans la foulée de l’accident mortel survenu sur la route 112 à Ascot Corner le 02 septembre, des personnes ayant eu de graves accidents sur ce tronçon routier ou leur famille ont décidé de prendre la parole devant les médias pour dénoncer l’inaction du ministère des Transports du Québec dans le dossier de la sécurité routière sur la route 112. Les parents et conjoints des jeunes victimes du dernier accident seront notamment présent. Les 2 meres des victimes de l’accident du 2 sept dernier : Claire Lemieux maman de Dominic Lemieux-Richard, 23 ans, décédé le 2 sept dernier et Valéry Pelletier, dont le fils, Christophe Thivierge, 20 ans, est décédé le 2 sept dernier. Des proches de Christophe Thivierge et Dominic Lemieux-Richard sont venus se recueillir sur les lieux du drame qui a couté la vie aux deux jeunes musiciens le 2 septembre. Ils ont dénoncé le manque d’action du MTQ, saluant toutefois l’intention du ministre François Bonnardel d’abaisser la vitesse à 70 km/h.

Accident à Ascot Corner : les proches des victimes exigent des gestes concrets

Des proches de Christophe Thivierge et de Dominic Lemieux-Richard sont venus mardi sur les lieux de l’accident qui a coûté la vie aux deux jeunes musiciens le 2 septembre sur la route 112 à Ascot Corner. Ils demandent au ministère des Transports de prendre des mesures pour régler le problème, qui perdure depuis 2003.

À quelques mètres des voitures qui roulaient à des vitesses allant jusqu’à 110 km/h, près de l’intersection du chemin Paul, ils ont tenu une vigile pour honorer la mémoire des deux jeunes victimes.

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« Je suis venue ici pour comprendre ce qui est arrivé à mon garçon, mon seul fils, témoigne Claire Lemieux, la mère de Dominic Lemieux-Richard, qui n’avait que 23 ans. J’ai été surprise de voir que je n’étais pas la seule personne endeuillée à la suite d’un accident sur cette route. Ça m’a fait réaliser à quel point la situation est urgente. Connaissant mon fils, il aurait aimé trouver une solution à ce problème. »

Les deux autres passagers du véhicule se trouvent encore dans un état critique, luttant pour leur vie. Il s’agit de Cédrik-Alexandre Andrews, lui aussi membre du groupe Matriax, ainsi que le chauffeur, dont le nom n’est pas divulgué. Depuis 2014, sur ce tronçon de la route 112, l’usage des pinces de désincarcération par les pompiers a été nécessaire à 102 reprises.

« Quand j’ai entendu le nombre d’accidents qui ont eu lieu ici, je me suis dit que c’est inconcevable. Cette statistique à elle seule aurait dû faire en sorte que des changements soient apportés pour sécuriser la route », confie pour sa part Valéry Pelletier, la mère de Christophe Thivierge.

« Je ne comprends pas pourquoi ça a pris une autre tragédie de cette ampleur pour que quelque chose soit fait, poursuit-elle. On va espérer que le MTQ réalise ses études rapidement et que ça ne s’étire pas. On attend leurs conclusions en janvier 2020; on ne peut pas attendre qu’un autre accident se produise. »

Carrefour giratoire

De son côté, la mairesse d’Ascot Corner, Nathalie Bresse, ne souhaitait pas qu’une énième tragédie se produise pour avoir l’attention du MTQ. Elle plaide la cause des victimes depuis plusieurs années et espère qu’un changement concret sera adopté, suggérant l’implantation d’un carrefour giratoire. 

« C’est un bon début que d’abaisser la limite de vitesse à 70 km/h, mais ça va prendre plus si on veut que ce nouveau règlement soit respecté, affirme-t-elle. Les accidents se succèdent régulièrement depuis 2003, quand le conseiller municipal Lionel Bégin a été happé mortellement. Cent deux interventions des pompiers avec les pinces de désincarcération depuis 2014, c’est un chiffre qu’on ne peut pas ignorer. » 

« Les carrefours giratoires ont fait leurs preuves en Europe, continue la mairesse. Il y en a à l’entrée et à la sortie de chaque village. Ça force les gens à ralentir, en comparaison avec une pancarte qui ne fait que dire de baisser de vitesse. Je salue les proches des victimes qui sont venus ici aujourd’hui, ils sont forts et ne veulent pas que leurs enfants soient décédés en vain. » 

Le préfet de la MRC du Haut-Saint-François, Robert Roy, estime que plusieurs citoyens de la région ont vécu de près ou de loin une des nombreuses tragédies qui ont eu lieu sur ce tronçon de la route 112.

« Ma nièce a été impliquée dans un accident en 2011, son conjoint s’était fracturé le crâne et elle, son poignet, se rappelle-t-il. La majorité des gens d’ici ont des amis et des proches qui ont été impliqués dans des accidents sur cette partie de la 112. Il n’y a jamais de répit, le débit est constant et les véhicules vont vite. »