Oxfam-Québec indique que son approche «proactive» a permis d'identifier très rapidement les situations problématiques en ce qui concerne l'inconduite sexuelle.

Abus sexuel: Oxfam-Québec applaudit les mesures de la maison-mère

La division québécoise d'Oxfam, cet ONG en plein coeur d'un scandale de prostitution depuis la semaine dernière, a applaudi vendredi matin la série de «mesures concrètes» que vient de prendre la maison-mère pour combattre toutes formes de violences sexuelles dans le monde.

«On se réjouit que l'on se dote de mesures à l'échelle internationale, dont une commission indépendante qui analysera ses pratiques et sa culture internes», indique l'organisme dans un communiqué transmis aux médias.

Le groupe indique que son approche «proactive» a permis d'identifier très rapidement les situations problématiques en ce qui concerne l'inconduite sexuelle, «même avant que quiconque porte plainte», à l'échelle de la province. 

«Aucune organisation n’est à l’abri du comportement malveillant de certains individus, et nous ne ménageons aucun effort pour éviter qu’ils joignent les rangs d’Oxfam-Québec, souligne la directrice de l'ONG au Québec, Denise Byrnes. C’est pourquoi nous saluons ces nouvelles mesures ; elles nous aideront à être encore plus efficaces en cette matière.»

Les grandes lignes 

La maison-mère d'Oxfam a dévoilé vendredi un plan d’action qui sera déployé partout sur la planète, d'ici peu. «Ce qui s’est passé en Haïti est une tache sur Oxfam, qui nous fera honte pendant des années», dit pour sa part la grande patronne d'Oxfam, Winnie Byanyima.

Le plan annonce notamment la fondation d’une toute nouvelle commission «indépendante» qui passera en revue la culture et les pratiques de l’ONG. Cette dernière «opérera à distance d’Oxfam» et aura accès aux registres de l’ONG, mais aussi à ses employés, avec qui seront menés des entretiens pour prévenir d’éventuels abus.

La patronne d'Oxfam, Winnie Byanyima.

L’organisation humanitaire triplera également le financement des programmes de protection, qui dépassera le million de dollars (près de 800 000 euros), et doublera le personnel dédié à ces programmes en augmentant l’investissement dans les formations sur les questions de genre.

Une toute nouvelle base de données mondiale de personnes autorisées à donner des références sera aussi mise sur pied, afin «de mettre fin à l’usage de fausses lettres de recommandation à l’égard des anciens et actuels membres» d'Oxfam, précise la division québécoise.

Soutien

Mme. Byanyima affirme qu'elle invite toute personne ayant été victime d’abus dans son organisation à se faire connaître dans l'espace public. 

«Pour l’instant, j’ai deux priorités absolues pour Oxfam : continuer à soutenir les millions de personnes vulnérables avec lesquelles nous travaillons à travers le monde et tirer des leçons essentielles de nos erreurs passées afin d’empêcher que des faits d’abus et d’exploitation ne se reproduisent.»

Ce qui est arrivé en Haïti «est une grave atteinte au nom d’Oxfam», poursuit la présidente, qui souligne que son équipe en aura honte pendant plusieurs années encore. Avec l'AFP