Le gouvernement accordera une aide directe d’un quart de milliard de dollars qui correspond à un peu plus de la moitié de le perte moyenne de la valeur des permis de taxi.

250 millions $ pour l’industrie du taxi

Les propriétaires de taxi recevront 250 millions $ de Québec pour la perte de valeur de leur permis. Une annonce bien accueillie par le regroupement des chauffeurs de la capitale.

«Après quatre ans de bataille, c’est la première nouvelle satisfaisante pour les chauffeurs.» Le président de Taxi-Coop et porte-parole du Regroupement des intermédiaires du taxi de Québec (RITQ), Abdallah Homsy, passera un agréable week-end. L’annonce faite vendredi par le gouvernement du Québec pour compenser la perte de valeur des permis avec l’arrivée d’Uber le réconforte.

«Il a écouté. C’est précisément ce qu’on a demandé. Ils ont répondu. Ça me fait réellement plaisir», lance-t-il après avoir écouté le point de presse du ministre des Finances, Carlos Leitao, et de celui des Transports, André Fortin.

Le gouvernement accordera donc une aide directe d’un quart de milliard de dollars qui correspond à un peu plus de la moitié de le perte moyenne de la valeur des permis de taxi.

À titre d’exemple, la majorité des propriétaires de taxi de Québec recevront 33 800 $ en compensation pour un permis dont la valeur est passée en moyenne de 194 000 $ à 140 000 $, une perte moyenne de 54 000 $. Dans la métropole, cette perte s’élève à 80 000 $.

Pour l’ensemble de la province, chaque titulaire d’un permis recevra un montant forfaitaire de base de 1000 $. Il aura aussi droit à une compensation variant de 2800 $ à 45 700 $ selon les régions. Québec, Montréal et Gatineau recevront la plus grande part du gâteau puisque c’est dans ces agglomérations que la présence d’Uber affecte le plus la valeur des permis.

«L’industrie du taxi vit de profondes transformations. Cette situation a des répercussions sur les chauffeurs, les propriétaires et leurs familles, et nous en sommes pleinement conscients. [...] Nous proposons aujourd’hui des solutions durables qui permettront à l’industrie de relever les défis auxquels elle est confrontée et les défis liés aux nouvelles réalités du marché du transport des personnes», a déclaré le ministre Leitao.

Cette reconnaissance des problèmes de l’industrie doit maintenant s’accompagner d’une équité entre tous les joueurs de l’industrie du transport de personnes, insiste M. Homsy.

«Qu’est-ce qui va arriver avec Uber, questionne-t-il. Je n’ai pas de problème avec Uber si le gouvernement le réglemente. Il doit y avoir une justice partout. Il y a actuellement 5000 chauffeurs Uber. Il ne peut y avoir deux catégories de propriétaires de taxi», ajoute le président.

La province compte 7600 titulaires de permis, selon le gouvernement. Plus de 4500 d’entre eux recevront l’indemnisation maximale de 46 700 $.

Autres annonces

Québec a fait deux autres annonces vendredi concernant l’industrie du taxi. Le gouvernement procède à la fusion de certaines agglomérations de taxi à Québec et à Saint-Jérôme. 

De plus, il lance un programme pour aider à la modernisation et à la bonification de l’industrie. Par exemple, des montants forfaitaires de 3000 $ à 8000 $ seront accordés aux propriétaires de véhicules hybrides rechargeables ou de véhicules électriques. 

Des fonds seront aussi disponibles pour implanter des outils technologiques pour améliorer le service ainsi que pour la création d’une image de marque. 

Avec La Presse canadienne