180 passagers évacués d’un avion à l'aéroport de Québec

Une douzaine de passagers sur le point de s’envoler vers Fort Lauderdale ont été incommodés dans un avion d’Air Transat à l’aéroport Jean-Lesage de Québec, jeudi. Un produit utilisé lors d’une opération de déglaçage de l’appareil serait vraisemblablement à l’origine des malaises ressentis par les passagers.

Vers 10h45, les paramédicaux ont reçu un appel à l’effet que 180 passagers dans un avion étaient évacués «parce que des gens ont des symptômes [d’intoxication] et certains vomissent», indique Marc-Antoine Tremblay, superviseur aux opérations pour la Coopérative des techniciens ambulanciers du Québec (CTAQ) .  

Au CIUSSS de la Capitale-Nationale, on faisait état en après-midi de 10 personnes ayant nécessité un transport en ambulance vers un hôpital du CHU de Québec. «On parle vraiment d’une incommodation mineure. Il n’y a pas eu de code orange de déclenché», a précisé la porte-parole Mélanie Otis. 

Deux travailleurs sociaux, deux infirmières et un médecin de la santé publique ont été dépêchés à l’aéroport, a ajouté Mme Otis. Au CHU de Québec, on a refusé de donner des précisions sur l’état de santé des passagers incommodés.

Selon Laurianne Lapierre, porte-parole de l’Aéroport international Jean-Lesage de Québec, ce «serait un problème au niveau du système de ventilation qui serait survenu pendant la période de dégivrage» de l’appareil.  

Une douzaine incommodés

Une substance de la famille des glycols, plus particulièrement de l’éthylène glycol, serait vraisemblablement à l’origine des malaises subis par certains passagers. 

Chauffé à une température élevée, le produit, qu’on retrouve notamment dans l’antigel à moteur, peut représenter un certain danger s’il a été inhalé en grande quantité et sur une longue période. En fait, «c’est beaucoup plus toxique d’ingérer la substance que de l’inhaler», résume la Dre Maude St-Onge, directrice médicale du Centre antipoison du Québec, précisant que le produit est «habituellement peu volatile».

Quand l’exposition au produit est très faible, comme ça semble avoir été le cas pour les passagers de l’avion, des symptômes légers — et temporaires — comme de la toux et de la somnolence peuvent être ressentis, indique la Dre St-Onge.

Une porte-parole d’Air Transat a affirmé par courriel que l’équipage du vol avait agi diligemment après que certains passagers eurent été «incommodés».

«Aussitôt après que l’équipage eut pris conscience de la situation, le capitaine a ordonné l’évacuation de tous les passagers tout en coordonnant le débarquement avec les autorités locales de l’aéroport», a affirmé Debbie Cabana.

«Nous nous excusons sincèrement pour tout inconvénient causé par cet événement», a-t-elle ajouté.

Certains des passagers ont jugé que le processus d’évacuation avait été plutôt lent.

«Ça a pris du temps, parce que les gens, il fallait qu’ils prennent tous leurs bagages. [...] Ça a été long avant qu’on puisse être évacués», a d’ailleurs raconté une passagère, qui n’a pas été identifiée, à La Presse canadienne.

«On nous a dit : “s’il vous plaît, accélérez un peu”, parce que là on se rendait bien compte que c’était en train d’intoxiquer tout le monde», a indiqué un autre passager, qui a lui aussi jugé que l’évacuation avait pris du temps.

«Ils ont joué un peu avec la sécurité des gens», a-t-il ajouté. Avec Marc Allard et La Presse canadienne