Président et fondateur de Concept Air Kites, Benoit Tremblay s’apprête à réaliser une expédition solitaire sur le lac Baïkal en autonomie complète, en ski et en patins, tracté par ses propres voiles. Si tout va bien, il souhaite réaliser une première en effectuant un aller-retour d’environ 1500 km.

1500 km sur un lac de Sibérie

Après avoir effectué une première en survolant le cratère du Pingualuit en parapente, dans le parc du même nom, au nord du Québec, en avril dernier, voilà que le président fondateur et designer de Concept Air Kites, Benoit Tremblay, se prépare à relever un nouveau défi d’envergure en mars : une expédition en solitaire sur le lac Baïkal, surnommé la « Perle de la Sibérie ». Si tout va bien, l’homme de 63 ans souhaite réaliser une première en effectuant un aller-retour de plus 1500 kilomètres en autonomie complète, tracté par ses propres voiles.

Reconnu comme l’un des pionniers du cerf-volant de traction, Benoit Tremblay n’a plus besoin de présentation en matière d’expédition. Son prochain séjour au lac Baïkal, une région de la Russie située au nord de la Mongolie, s’ajoute à un palmarès d’aventures « extrêmes » déjà bien garni.

Parmi ses plus récents périples, rappelons qu’en 2016, il a réalisé, avec son ami, l’aventurier Frédéric Dion, une expédition consistant à effectuer le tour en continu du Réservoir Manic 5 en kiteski. Un parcours de 350 kilomètres en 12 heures qui a demandé beaucoup d’énergie et de détermination. Puis, au printemps 2018, il a effectué une expédition en solo de 400 kilomètres en autonomie complète au Nunavik. Avec pour tout bagage une lourde pulka, ses cerfs-volants à traction et ses skis, il a effectué le trajet aller-retour entre Kangiqsujuak et le cratère de Pingualuit, surnommé « L’œil de cristal ».

Fort de l’expérience acquise au fil des ans et des expéditions, l’aventurier de 63 ans est heureusement servi par une excellente forme physique qui ferait l’envie de biens des plus jeunes. C’est pourquoi il entreprend avec assurance ce défi d’envergure sur quelque 640 kilomètres de long pour l’aller, et autant pour le retour en patins ou ski ! « C’est comme si j’allais en “kite” à Toronto. C’est 640 kilomètres en ligne droite », image le Fulgençois.

Une fois lancé, Benoit Tremblay s’accorde de 15 à 18 jours pour effectuer ce trajet sur la glace en autonomie complète. Ce qui le mènera de Koultouk, au sud du lac Baïkal, jusqu’à Nijneangarsk au nord. Le Saguenéen se donne un peu de latitude puisqu’il devra composer avec des vents de face et des failles dans la glace.

Président et fondateur de Concept Air Kites, Benoit Tremblay s’apprête à réaliser une expédition solitaire sur le lac Baïkal en autonomie complète, en ski et en patins, tracté par ses propres voiles. Si tout va bien, il souhaite réaliser une première en effectuant un aller-retour d’environ 1500 km.

Une première

Si le corps et les conditions s’y prêtent, ce féru de plein air refera le trajet en sens inverse, mais il ne fera pas de tourisme, comme il dit. S’il réussit son pari, ce sera une première mondiale. « Mon but est de faire l’aller-retour, mais il y a des chances que je ne réussisse pas. Ça prend un peu de chance et, jusqu’à maintenant, j’en ai toujours eu », mentionne-t-il en entrevue. Sinon, il optera pour le retour par le Transsibérien (train) jusqu’à Irkoustk.

« Comme ça n’a jamais été fait, je me suis dit que ce serait l’fun de tenter le coup, mais ce n’est pas l’ambition de mon projet. Si je le fais aller-retour, c’est pour les aventuriers. Ce lac est de plus en plus recherché pour des aventures hivernales, de faire découvrir la beauté du plus grand lac d’eau douce de la planète et le plus profond », fait valoir celui qui travaille sur ce projet depuis six mois.

Le projet est né d’une rencontre avec un ami d’enfance devenu pilote d’avion. Le projet initial n’a pas fonctionné, mais Benoit Tremblay a poursuivi les démarches pour réaliser ce projet d’envergure. Il souhaite aussi profiter du fait qu’il a encore la santé et la forme physique. « J’ai 63 ans et j’ai beau être en forme, j’ai quand même mal partout. La vie va vite et si j’attends encore trois ou quatre ans, je pourrais peut-être ne plus être assez en forme pour le faire, souligne-t-il. C’est une réalisation, mais je veux aussi démontrer qu’on peut faire des activités super intenses à mon âge grâce à une saine alimentation et à l’exercice. »

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L'EXPÉDITION EN CHIFFRES

• 1 pulka et un drone

• 3 voiles

• 12 jours: temps qu’un Canadien a pris pour parcourir le lac en jogging avec des crampons

• 18 jours: temps qu’il s’accorde pour son périple

• 24 heures: durée du voyage Montréal/ Irkoustk

• 100 km/jour: moyenne qu’il devra parcourir pour l’aller-retour

• 200 livres d’équipement/nourriture

• 300 kilomètres de glace vive

• 640 km: sur le lac Baïkal en ligne droite

• 1400 mètres: profondeur maximale du lac

Benoit Tremblay a mis à profit son expertise en matière d’expédition d’envergure pour réunir l’essentiel dans sa pulka. Il a même fabriqué des patins qui s’adaptent à ses bottes de ski alpin.

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L'INGÉNIOSITÉ POUR SURMONTER LES OBSTACLES

En mode survie, l’homme a toujours trouvé des moyens ingénieux pour surmonter les obstacles. Benoit Tremblay ne fait pas exception à la règle et il a développé différentes astuces pour réaliser ses ambitieux projets d’expédition.

Ainsi, pour son expédition sur le lac Baïkal, il utilisera des patins de sa conception pour filer sur la vaste surface glacée tracté par ses voiles. Il pourra alterner avec ses skis selon les conditions.

Pour concocter ses patins, Benoit Tremblay a fait l’acquisition de longues lames comme celles qu’utilisent les Scandinaves. Sauf qu’au lieu des fixations de ski de fond, il a surmonté la lame d’une base de ski et de fixations de ski alpin qu’il a allégées le plus possible. Il peut ainsi y fixer aisément des bottes de ski à la fois chaudes et confortables au lieu des traditionnelles bottines de ski de fond. Et pour s’assurer de garder ses pieds bien au chaud, il a aussi confectionné un couvre-botte en néoprène qui a déjà fait ses preuves lors d’expéditions au Nunavik.

Préoccupations

Pour réaliser son projet, Benoit Tremblay a d’abord dû obtenir son visa pour la Russie (lettre d’invitation, preuve de location d’une chambre d’hôtel, visa, etc.) et par la suite tenter d’effectuer le voyage Montréal/Irkoustk le plus rapidement possible. Malgré l’efficacité de Voyages CAA, il devra tout de même effectuer 24 heures d’avion (Montréal-Amsterdam/Amsterdam-Moscou/ Moscou-Irkoustk).   

Une fois sur place, il pourra compter sur l’entreprise spécialisée en plein air Baïkal Nature qui compte deux guides parlant français.

Outre la présence d’ours bruns imposants «qui ont la qualité de ne pas aimer la glace», Benoit Tremblay avoue que l’absence de neige le chicote un peu. «Ce ne sera pas commode pour le camping parce que ma tente possède des rabats que l’on enterre de neige. Je m’attends à ce ça batte au vent la nuit.»

Enfin, pour réaliser l’aller-retour dans les délais, le Saguenéen a calculé qu’il devra parcourir en moyenne 100 kilomètres par jour. «Mais quand tu as du vent de face, tu rallonges ta distance de 30-40 % minimum. Donc, je ne ferai pas 640 km, mais plus 700 ou 800 kilomètres pour l’aller», estime celui qui envisage de parcourir parfois 200 km par jour si les conditions s’y prêtent. Même s’il peut atteindre une belle vitesse en kite, le Fulgençois devrait filer à 30-35 km/h. Car il doit traîner une pulka chargée qui pourrait par exemple le faucher au passage s’il devait s’arrêter rapidement.

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UN DOCUMENTAIRE AU RETOUR

Le nouveau défi de Benoit Tremblay ne sera pas de ceux que l’on range dans un album souvenir. Le Saguenéen prévoit partager les rencontres et les émotions qui jalonneront son périple avec, entre autres, la production d’un court métrage/documentaire réalisé avec les séquences filmées durant l’expédition et d’un blogue.

Il souhaite ainsi faire vivre ses rencontres avec les habitants du nord de la Mongolie et les échanges culturels qui en résulteront quant à leur relation avec l’environnement et leur découverte des sports du vent.

Benoit Tremblay souhaite aussi sensibiliser les gens à l’importance d’être actif et de bien manger pour vieillir en santé. En plus de démontrer que la pratique de sports du vent s’avère un moyen de transport efficace et non polluant, le Fulgencien souhaite faire partager et découvrir ces activités de plein air qui peuvent se pratiquer en toute saison.

Les gens pourront suivre sa progression sur son blogue www.survolconceptair.com et sur Facebook : https://www.facebook.com/expeditionLaLongueRide/.

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SAVIEZ-VOUS QUE?

Wikipédia : Le lac Baïkal est situé dans le sud de la Sibérie, en Russie orientale. Il constitue la plus grande réserve d’eau douce liquide à la surface de la Terre. La transparence de ses eaux permet une visibilité parfaite jusqu’à 40 mètres de profondeur. Il est parfois surnommé la « Perle de Sibérie ».