Le Dr Guilbault affirme qu’il jugeait nécessaire de « remettre les pendules à l’heure », afin qu’il soit clair que les remboursements actuellement reçus par les omnipraticiens ne sont pas des sommes récurrentes, mais simplement les augmentations de l’entente 2010-2015 dont les versements avaient été décalés.

« Nous méritons amplement notre salaire »

Irrité par la confusion possible entre le débat sur le salaire des spécialistes et celui des médecins de famille, le président de l’Association des médecins omnipraticiens de l’ouest du Québec (AMOOQ), le Dr Marcel Guilbault, a écrit à ses membres pour leur dire qu’ils n’avaient pas à avoir honte de leur rémunération.

« Nous méritons amplement notre salaire qui est encore bien en deçà de celui des spécialistes », écrit notamment le Dr Guilbault dans un courriel envoyé cette semaine à plus de 200 médecins de famille de la région.

La missive, dont Le Droit a obtenu copie, fait entre autres référence à la position du Dr Simon-Pierre Landry, porte-parole Regroupement des omnipraticiens pour une médecine engagée (ROME).

« Plusieurs regroupements de médecins [...] ont fait des déclarations ces derniers jours concernant le remboursement des montants que le gouvernement nous devait, depuis le report de nos augmentations de la dernière entente, écrit le Dr Guilbault. Ils mêlent deux dossiers fort différents, pour se faire du capital politique encore une fois sur le dos de leurs confrères et consœurs. [...] Il semble que le Dr Landry est heureux de valoir 50 % d’un spécialiste et considère notre entente exagérée alors que nous, nous nous engageons à ne pas dépasser la moyenne de l’Ontario en considérant tous les paramètres possibles incluant le niveau de vie au Québec et la capacité de payer des contribuables. »

Le remboursement auquel fait référence le président de l’AMOOQ découle d’une entente conclue en 2014 entre Québec et la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ). Cette entente prévoyait l’étalement des augmentations consenties aux médecins de famille. « Je n’ai pas du tout honte de recevoir l’argent que j’ai prêté au gouvernement », écrit le Dr Guilbault aux membres de son association.

En entrevue, le Dr Guilbault affirme qu’il jugeait nécessaire de « remettre les pendules à l’heure », afin qu’il soit clair que les remboursements actuellement reçus par les omnipraticiens ne sont pas des sommes récurrentes, mais simplement les augmentations de l’entente 2010-2015 dont les versements avaient été décalés. « Moi, je n’irai pas dire aux médecins qu’ils ne méritent pas l’argent qu’on a négocié en 2013, lance le Dr Guilbault. [...] Le gouvernement fait des choix. Ce n’est pas aux médecins à financer les trous que le gouvernement laisse dans le système. »

Le président de l’AMOOQ dit avoir voulu, par son message, rappeler aux médecins de famille que contrairement aux médecins spécialistes, ils ne sont pas mieux payés qu’en Ontario. « Et je ne dis pas qu’on est sous-payés », précise-t-il.

Celui qui pratique depuis 32 ans et qui suit actuellement plus de 3000 patients soutient que malgré les salaires plus attrayants de l’autre côté de la rivière des Outaouais, il n’a jamais voulu traverser.

« Je suis un Québécois et je veux donner du service du Québec, dit-il. Ce n’est pas dans mes valeurs d’aller travailler de l’autre bord. »