Jeux olympiques

Les gens de Calgary disent non aux JO de 2026

CALGARY — La majorité des Calgariens a dit «non merci» à une candidature pour les Jeux olympiques d’hiver en 2026.

La ville avait orchestré un référendum sans engagement afin de connaître l’opinion du public par rapport à la question «êtes-vous pour ou êtes-vous contre l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2026». Parmi les 767 734 personnes pouvant participer au référendum, 56,4 pour cent (171 750) des participants ont déclaré qu’ils ne voulaient pas que la ville dépose une candidature.

«Nous voulions vraiment concrétiser notre rêve de présenter les Jeux olympiques et paralympiques à Calgary, a déclaré la présidente de la société de candidature Calgary 2026, Mary Moran. Nous avons appris beaucoup de choses au sujet de notre communauté. Nous avons appris beaucoup de choses au sujet de l’un et l’autre.»

Le résultat du référendum n’engage pas le conseil municipal, qui a le dernier mot, mais le vote devrait influencer sa décision. Un «non» convaincant devrait confirmer le choix d’un conseil municipal qui paraissait hésitant à s’engager dans l’aventure.

Le résultat officiel ne sera pas déclaré avant vendredi et le conseil municipal devrait commenter le résultat seulement lundi.

En comparaison, 387 306 citoyens avaient participé aux élections municipales en 2017, soit 58,1 %.

Calgary a été la ville hôte des Jeux olympiques d’hiver de 1988. Les sites hérités de ces jeux constituaient la fondation d’une deuxième candidature potentielle.

Le référendum avait été fixé comme condition pour que le gouvernement de l’Alberta soutienne financièrement la candidature. Le gouvernement provincial payait le coût du référendum estimé à 2 millions $.

«Nous avons vaincu plusieurs obstacles en cours de route, a noté le président du conseil de Calgary 2026, Scott Hutcheson. Nous avions trois paliers gouvernementaux prêts à investir des milliards de dollars dans ce rêve.»

Le coût estimé de la candidature avait été fixé à 5,1 milliards $, l’investissement public demandé aux trois ordres de gouvernement s’élevant à 2,875 milliards $.

Le partage des coûts entre les gouvernements fédéral, provincial et municipal est demeuré vague pour le public jusqu’au 31 octobre, soit moins de deux semaines avant le vote.

La ville avait été invitée à verser 390 millions $, tandis que la province avait engagé 700 millions $ et le gouvernement canadien 1,45 milliard $.

La société de candidature Calgary 2026 avait précisé que les revenus des jeux couvriraient la différence.

Aucun ordre de gouvernement n’offrait de garantie contre les dépassements de coûts, mais Calgary 2026 avait prévu 1,1 milliard $ en fonds pour les imprévus dans son ébauche de plan.

Le plan pour Calgary 2026 comprenait 502 millions $ pour améliorer les installations des Jeux de 1988 afin qu’ils puissent de nouveau accueillir des épreuves des Jeux olympiques.

Les deux nouveaux sites sportifs proposés étaient un stade intérieur et une patinoire de 5000 places.

Ce plan ne prévoyait aucun nouveau stade ni aréna de la taille de la LNH, même si la ville et les Flames de Calgary ont annoncé leur intention de reprendre les négociations sur la construction d’un nouvel amphithéâtre.

Affaires

Postes Canada suspend ses garanties de livraison à temps

OTTAWA — Postes Canada a suspendu ses garanties de livraison à temps, mardi, reconnaissant que les discussions avec le syndicat avaient peu avancé, au commencement d’une quatrième semaine de grèves tournantes.

Dans un communiqué, la société de la Couronne a aussi prévenu ses clients que les retards dans les livraisons étaient inévitables après la fermeture par le syndicat de «deux importants centres de traitement» en Ontario et en Colombie-Britannique.

La société déplore le manque de progrès, malgré les «longues discussions» et les «propositions sans cesse» de la partie patronale pendant les trois rondes de médiation.

Les parties ne sont toujours pas plus près d’une entente, indique Postes Canada dans son communiqué.

La société suspend donc ses garanties de livraison à temps «jusqu’à nouvel ordre».

Les membres du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) ont quitté leurs lieux de travail tôt mardi matin à Toronto et dans un centre de distribution de Scarborough, en Ontario.

Des grèves tournantes se sont poursuivies également au Centre de traitement du Pacifique, près de Vancouver, de même que dans certaines régions de la Nouvelle-Écosse, notamment à Halifax, à Dartmouth, à Lakeside et à Tantallon.

Par contre, la grève était terminée dans la région de Gaspé, au Québec.

Les fermetures des centres à Vancouver et à Toronto causeront des perturbations importantes dans le service et accroîtront les retards dans la livraison, a signalé Postes Canada.

«Nous continuons de tout mettre en œuvre pour effectuer les livraisons, mais les moyens de pression du syndicat occasionnent des accumulations et des retards importants partout dans notre réseau», plaide la société dans son communiqué.

«À Toronto, plus de 180 remorques remplies de colis, de paquets et de courrier sont stationnées alors que le syndicat a fermé l’établissement pour une troisième fois en moins d’un mois.»

Le syndicat se défend

Le président national du STTP, Mike Palecek, a confirmé que les négociations avaient débouché sur peu de progrès dans les dernières semaines, malgré l’implication d’un médiateur spécial dont le mandat s’est terminé pendant la fin de semaine.

«Malgré l’aide soutenue du médiateur au cours de la fin de semaine, Postes Canada refuse toujours de répondre à nos principales revendications en matière de santé et de sécurité, d’effectifs, de surcharge de travail, de sécurité d’emploi, de précarité d’emploi, de salaires équitables et d’équilibre entre travail et vie personnelle», a déclaré M. Palecek dans un communiqué.

«Nous demeurons à la table de négociation, et nous sommes prêts à négocier avec Postes Canada, mais nous n’allons pas nous croiser les bras et attendre en silence que l’employeur daigne traiter nos revendications avec sérieux. Cette bataille n’est pas terminée.»

La partie patronale a rejeté les accusations du syndicat, martelant qu’elle avait offert des propositions «importantes» sur le salaire et les conditions de travail.

Ottawa s’impatiente

La semaine dernière, le premier ministre Justin Trudeau a mis de la pression sur les négociateurs des deux parties.

Il a dit que sa patience avait des limites et laissé entendre que le gouvernement pourrait intervenir si une entente n’était pas conclue sous peu alors qu’approche la période des Fêtes, très achalandée pour le service postal.

Un porte-parole de la ministre du Travail, Patty Hajdu, a répété cet avertissement, lundi, sans fournir plus de détails.

Des grèves tournantes ont lieu partout au Canada depuis le 22 octobre.

En 2011, une loi spéciale de l’ancien gouvernement conservateur avait mis fin à un lockout de deux semaines provoqué par la société.

Environnement

Ottawa espère que les Autochtones seront les anges gardiens de l'environnement

SIDNEY, C.-B. — Des leaders autochtones de la Colombie-Britannique, du Manitoba et du Nunavut ont signalé à la ministre fédérale de l'Environnement, Catherine McKenna, que la réconciliation nationale impliquait la reconnaissance et le soutien des liens profonds que leurs peuples entretiennent avec le territoire.

Les dirigeants prenaient part mardi à Sidney, en Colombie-Britannique, à une cérémonie au cours de laquelle le gouvernement fédéral a annoncé un financement de 5,7 millions $ pour 28 projets autochtones choisis dans le cadre du «Programme pilote des gardiens autochtones», voué aux efforts de conservation de l'environnement.

Justice et faits divers

Procès du pasteur Claude Guillot: un élève a voulu se suicider

«Cette fois-là, je voulais mourir.» Après trois années passées chez le pasteur Claude Guillot, Jimmy* en avait tellement assez des punitions et des privations qu’il a tenté de s’ouvrir le crâne pour en finir.

Le mince jeune homme de 21 ans est le sixième et ultime plaignant à témoigner pour la poursuite au procès de Guillot, accusé de sévices physiques et psychologiques et de séquestration sur des anciens élèves.

Jimmy a été placé chez Claude Guillot par ses parents en 2008, à l’âge de 11 ans. La famille fréquentait l’église baptiste Québec-Est, présidée par Claude Guillot, depuis quelques années.

Comme les autres témoins avant lui, Jimmy a des souvenirs douloureusement vivaces des six années qu’il a passées chez Guillot, dans le quartier Chauveau.

Durant les premiers mois, Jimmy avait le droit de faire un câlin à sa mère lorsqu’il la voyait à l’église. Puis, affirme-t-il, Guillot lui a interdit tout contact. «Ta mère te déstabilise», aurait dit le pasteur à l’enfant.

Bientôt, les «conséquences» commencent à pleuvoir, pour toutes sortes de fautes. L’enfant se fait reprocher de «faire la baboune», d’arracher des peaux mortes sur ses doigts, de lancer sa gomme à effacer sur son bureau.

Parfois, la punition est anodine; le garçon doit porter une cravate «ordinaire» plutôt que la cravate bourgogne officielle du programme d’éducation chrétienne accélérée, dispensé dans l’école clandestine du pasteur.

Pour les offenses plus graves, l’élève doit copier des dizaines de pages ou faire des compositions qui semblent ne jamais avoir de fin.

Jimmy se souvient avoir lui aussi dû faire du «debout» durant des jours, à raison d’une dizaine d’heures par jour. Pendant ces interminables séances à regarder droit devant lui, il observe la poussière accumulée sur le dessus du frigo. Ou plonge dans son monde imaginaire peuplé de chats parlants.

Il dit avoir été à quelques occasions privé de repas et se rappelle avoir été empêché de boire pendant 24 heures. «Celui qui ne travaille pas ne mange pas», répétait Guillot, en citant la Bible.

Pour Jimmy, les conséquences tournent souvent autour de l’exercice physique. Il affirme que sa mauvaise attitude lui a valu de faire jusqu’à 8000 flexions en une journée.

Le pasteur Claude Guillot a vainement tenté de lui montrer comment faire des push-up. Sur une vidéo diffusée en salle d’audience, on peut voir le jeune Jimmy, à l’âge de 11 ans, vêtu de sa chemise blanche et de son pantalon bleu, qui essaie de faire l’exercice dans le salon de Guillot, au milieu des autres jeunes.

Le caméraman fait un gros plan sur le visage défait de l’enfant, qui retient difficilement ses larmes. «Je veux le faire, mais il n’y a rien qui marche!» se désole le jeune.

Le désir d’en finir

À un moment que Jimmy situe en 2011, l’adolescent plonge dans le désespoir et veut mourir. «C’était juste trop intense, les conséquences n’arrêtaient jamais», raconte Jimmy, d’une voix plus faible. 

Il va se frapper violemment la tête sur une bibliothèque, au sous-sol de la maison, en espérant que son crâne cède. «J’avais une bonne plaie, affirme Jimmy. Claude Guillot m’a mis un plaster pour pas que ma mère me voie comme ça à l’église.»

Le jeune soutient que le pasteur l’a frappé à environ une demi-douzaine de reprises. Notamment parce qu’il ne maîtrisait pas l’art des push-up. Jimmy dit avoir reçu des coups au visage et au plexus. 

Durant tout son séjour chez le pasteur, Jimmy avait «neuf paires d’yeux», selon son expression, qui le surveillaient constamment; le pasteur, sa femme et leurs deux filles en plus des cinq garçons hébergés.

La procureure de la Couronne, Me Sonia Lapointe, a présenté à la cour une vidéo qui montre la surveillance du garçon même sous la douche. En commentant les images, Jimmy raconte que Guillot l’obligeait à prendre sa douche sous le regard de sa fille, qui vérifiait qu’il ne dépassait pas les 10 minutes allouées.

Ce jour-là, l’enfant avait mal rincé ses cheveux et avait dû retourner sous le jet. «Mon frère m’avait dit que je pouvais me noyer dans la douche, et moi, j’y croyais à 11 ans, raconte Jimmy. Je capotais, je cherchais mon air. Je ne comprenais pas pourquoi je devais prendre une douche habillé.»

En 2014, Claude Guillot accepte que Jimmy quitte sa maison et retourne vivre avec son père et son frère.

Le témoignage du plaignant se poursuit mercredi.

* Prénom fictif

Santé

QS réclame une loi contre les surcharges de travail dans le réseau de la santé

Québec solidaire réclame une loi «mur à mur» sur les ratios pour limiter la charge de travail de l’ensemble des travailleurs et des travailleuses du réseau de la santé, syndiqué(e)s ou non, et ainsi en finir avec le temps supplémentaire obligatoire.

En entrevue au Soleil, mardi, le député de Jean-Lesage et porte-parole de Québec solidaire en matière de santé, Sol Zanetti, a d’abord salué la volonté de la ministre de la Santé, Danielle McCann, d’abolir le temps supplémentaire obligatoire (TSO) des infirmières. Sauf que, selon lui, il ne suffit pas de régler cette question «à la pièce, une convention collective à la fois». 

«On ne règle rien si on n’a pas une loi nationale sur les ratios qui chapeaute l’ensemble des conventions collectives qui s’appliquent non seulement aux infirmières, mais à tous les professionnels de la santé, qu’ils soient syndiqués ou pas. Il faut baliser les conditions de travail de tout le monde», croit M. Zanetti, rappelant que «ce sont les patients qui souffrent lorsque le personnel soignant souffre».

«Et les employés qui souffrent le plus, ce sont ceux qui sont le plus près des patients comme les infirmières, les infirmières auxiliaires, les préposés aux bénéficiaires, les ergothérapeutes, qui voient leur cahier de charges augmenter» souligne le député solidaire.

Cercle vicieux

Selon lui, une loi sur les ratios «adaptée aux différentes professions, aux contextes régionaux et aux différentes charges de travail» est indispensable si on veut s’attaquer à la pénurie de personnel dans le réseau de la santé et abolir le TSO. «On est dans une spirale négative. Le travail dans le réseau est moins attractif parce qu’il y a des surcharges, et il y a des surcharges parce que le travail est moins attractif. Ce qui permet de sortir de ce cercle vicieux, c’est d’instaurer des ratios» pour attirer et retenir la main-d’œuvre, analyse Sol Zanetti.

Le député de Jean-Lesage demande au gouvernement caquiste et à sa ministre de la Santé d’envoyer «un message clair, très médiatisé, disant que le travail dans le réseau de la santé, ce ne sera plus un travail où les gens tombent en burn-out, mais un travail où les gens peuvent avoir une qualité de vie». 

Évidemment, il faut mettre «les grands moyens» et ne pas avoir peur d’injecter de l’argent neuf pour améliorer les conditions de travail des employés du réseau, ajoute M. Zanetti, pour qui «il n’y a pas de raccourci pour soulager les gens qui portent le réseau à bout de bras». 

Estrie

Après la neige, le froid envahira la région

Si l’heure de pointe matinale a été difficile en Estrie mardi matin, le retour à la maison risque d’être une fois de plus pénible en fin de journée.

Environnement Canada a émis un bulletin météorologique spécial en vue d’un refroidissement marqué en fin de journée. C’est une masse d'air hivernal et des vents vifs qui doivent apporter du temps anormalement froid pour la saison après la neige mouillée tombées depuis la nuit de lundi à mardi.

À Lire aussi: La neige rend les conditions routières difficiles

Les surfaces extérieures comme les routes, les rues, les trottoirs et les terrains de stationnement risquent de devenir glacées, glissantes et dangereuses.

«La chaussée pourrait rapidement devenir très glacée en fin de journée ou en soirée. Un front froid traversera la région et fera chuter rapidement les températures de plusieurs degrés», prévoit-on.

«La chaussée, qui sera encore mouillée dans plusieurs secteurs, pourrait subitement devenir très glacée et très glissante. Par conséquent, les conditions routières risquent de devenir soudainement dangereuses là où la chaussée n'aura pas pu être traitée.»

Ces conditions généreront des conditions de refroidissement éolien anormalement élevé sur une grande partie de la province mercredi. Le refroidissement éolien atteindra des valeurs de -20 à -30 selon les régions.

Au maximum, Environnement Canada prévoit un maximum de moins 10 degrés. Jeudi, il fera moins 5 degrés. La nuit précédente, le mercure chutera à moins 18 degrés.

Faits divers

Un homme barricadé appelle Claude Poirier avant de se rendre

Un homme barricadé dans un logement a appelé le «négociateur», Claude Poirier, avant de se rendre à la police de Québec, mardi après-midi.

Vers 12h44, les policiers sont intervenus à l’appartement du suspect de 34 ans, sur la rue Antoine-Bédard, dans l’arrondissement de La Haute-Saint-Charles. L’homme, qui n’était pas armé, aurait tenu des propos menaçants à la suite d’un conflit avec un membre de sa famille. 

À l’arrivée des policiers, il aurait refusé de sortir et se serait barricadé à l’intérieur de son logement, où il était seul. 

Selon nos sources, le suspect a alors appelé Claude Poirier. Joint par Le Soleil, M. Poirier confirme lui aussi l’information. 

Le chroniqueur judiciaire raconte qu’il a d’abord reçu un message de l’homme barricadé sur sa boîte vocale. «Il disait : “La police est à la porte. Ils veulent rentrer! Ils veulent m’arrêter! ”»

M. Poirier l’a ensuite rappelé. «Il me paraissait en crise», décrit-il. «Je lui ai dit : “Calme-toi, première des choses. T’es dans la maison, ils sont l’autre bord de la porte. Dis-leur que t’es avec moi au téléphone.”»

Claude Poirier affirme ensuite avoir ajouté : «Tu vas leur dire que je te dis de te rendre, d’ouvrir la porte.»

Affaires

Coveo veut embaucher 225 cerveaux à Montréal

Confronté à un carnet de commandes qui ne dérougit pas, Coveo veut faire le plein de talents. L’entreprise de Québec souhaite embaucher 225 nouveaux cerveaux d’ici 2020 à son bureau de Montréal.

Avec ces ajouts, la famille Coveo, qui se spécialise dans les technologies de recherche et de personnalisation par intelligence artificielle, passera à 700 travailleurs à travers le monde, dont 300 à l’autre bout de l’autoroute 20. 

Le bureau de la métropole, situé dans la Gare Windsor, devrait donc compter à terme plus de paires de bras qu’au siège social dans la capitale (275). Aucun plan de recrutement n’a été annoncé pour l’établissement situé sur le chemin des Quatre Bourgeois, à Québec.

«Bien que nous embauchons 225 nouveaux employés, nous créerons peu de nouveaux emplois dans l’économie locale puisque, depuis dix ans, nous faisons face à une pénurie de main-d’œuvre dans le secteur des technologies au Canada», déplore le président et chef de la direction, Louis Têtu. «C’est pour cette raison que nous croyons que des entreprises comme Coveo sont importantes, car les plus brillants cerveaux de notre pays peuvent être au service de sociétés locales qui sont des chefs de file mondiaux en matière de croissance et de technologie», poursuit-il. 

Hausse des revenus

La direction précise que cette ascension est attribuable à une augmentation «de manière exceptionnelle» des revenus au cours des derniers mois. De nouveaux marchés ont notamment été développés. Pour information, les revenus ont bondi de 50 % en 2018.

Il faut dire qu’afin de soutenir les ambitions des patrons, une firme de Silicon Valley, Evergreen Coast Capital, a injecté au printemps 100 millions $US dans l’entreprise.

Coveo souhaite, entre autres, embaucher 150 développeurs, scientifiques de données et de l’intelligence artificielle ainsi que des professionnels du marketing et du service à la clientèle d’ici deux ans.

L’entreprise fait actuellement travailler 400 personnes à Québec, à Montréal, à San Francisco, à Londres et à Amsterdam.

Au cours des derniers mois, Louis Têtu a fait plusieurs sorties publiques pour dénoncer les subventions octroyées par les gouvernements aux compagnies technologiques étrangères qui viennent s’établir au Québec. 

En avril dernier, la direction de Coveo avançait que l’entreprise valait 368 millions $US.

Affaires

La Caisse de dépôt achète la division de batteries pour véhicules de Johnson Controls

La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) réalise un investissement majeur dans les technologies vertes en partenariat avec la firme d’investissement torontoise Brookfield Business Partners et un groupe de partenaires institutionnels de cette dernière.

Ensemble, ils se portent acquéreurs de Power Solutions, la division de la multinationale américaine Johnson Controls qui fabrique des batteries pour véhicules, pour la somme de 13,2 milliards $ US (environ 17,4 milliards $ CA).

La transaction sera financée par environ 3 milliards $ US d’équité (près de 4 milliards $ CA) et environ 10,2 milliards $ US (13,5 milliards $ CA) de dette à long terme.

Brookfield Business Partners s’engage à financer environ 30 pour cent de l’équité (900 millions $ US ou 1,2 milliard $ CA) à partir de capitaux propres. La Caisse s’engage à financer environ 30 pour cent de l’équité à la clôture et le reste de l’équité (40 pour cent) proviendra d’autres partenaires institutionnels de Brookfield.

La Caisse et Brookfield seront ainsi propriétaires en partenariat à 60 pour cent de Power Solutions. Ils estiment être désormais bien positionnés pour profiter du développement du marché des batteries pour véhicules, en particulier celles que l’on retrouve dans les voitures électriques.

Power Solutions produit des batteries pour les constructeurs automobiles, de même que pour les distributeurs et les détaillants du marché secondaire du monde entier.

L’entreprise est décrite par ses acheteurs comme étant un leader mondial dans la production de ces batteries, utilisées dans la plupart des véhicules automobiles hybrides et électriques, détenant «des parts de marché substantielles à travers le monde».

Power Solutions, qui se targue d’avoir une réputation enviable pour la «rigueur de ses normes en matière d’environnement», réalise elle-même le recyclage de ses produits en circuit fermé.

«Cette transaction nous permet d’acquérir le leader mondial dans le domaine des batteries automobiles», a déclaré par voie de communiqué le premier vice-président et chef des placements privés à la Caisse, Stéphane Etroy. Il a qualifié Power Solutions de «modèle en matière de suivi de mesures environnementales», estimant que son système de recyclage industriel était «l’un des plus efficaces de la planète.»

La clôture de la transaction demeure assujettie aux conditions de clôture habituelles, incluant les approbations des organismes de réglementation, et devrait survenir d’ici le 30 juin.

Affaires

Alain Bellemare continue de réduire la taille de Bombardier

En dépit de l’élimination de 5000 emplois, dont 2500 au Québec, ainsi que la vente d’actifs, le président et chef de la direction de Bombardier insiste sur la nécessité de continuer à réduire la taille de l’entreprise.

S’il brillait par son absence la veille à une rencontre convoquée à Montréal par le gouvernement Legault dans la foulée de la dernière restructuration de la multinationale, Alain Bellemare était à Toronto, mardi, afin d’échanger avec les investisseurs à propos de son plan de redressement qui doit culminer en 2020.

«Oui c’est difficile et plusieurs personnes n’aimeront pas cela, mais nous désirons être une organisation de classe mondiale et désirons être une référence en matière de revenu par employé», a-t-il dit, à l’occasion d’une conférence destinée aux investisseurs organisée par la Banque Scotia.

Sans aller jusqu’à dire que d’autres licenciements étaient prévus, M. Bellemare a clairement réitéré que son ménage n’était pas terminé.

L’ingénieur de formation n’a fourni aucun détail à propos des 2500 travailleurs affectés au Québec et des 500 autres qui perdront leur gagne-pain en Ontario au cours des 18 prochains mois, au moment où Bombardier se recentre davantage sur sa division ferroviaire et son secteur des jets d’affaires.

Depuis les annonces effectuées la semaine dernière, le grand patron de l’avionneur a fait l’objet de nombreuses critiques, notamment en raison de son refus d’accorder des entrevues pour expliquer ses décisions.

«Nous avons annoncé une initiative majeure (visant à améliorer la productivité) dans toute l’organisation», a lancé M. Bellemare, en référence à ce qui a été annoncé jeudi dernier, en même temps que les résultats du troisième trimestre.

Le grand patron de l’entreprise a dit avoir participé, lundi, à une réunion du conseil d’administration de la société en commandite responsable du programme A220, anciennement la C Series, contrôlé par Airbus.

Après le Q400, les CRJ?

En plus d’avoir vendu ses activités de formation de techniciens et de pilotes pour ses avions d’affaires à la multinationale québécoise CAE pour 645 millions US, Bombardier a empoché environ 300 millions $ US en cédant le programme d’avions à hélices Q400 à la britanno-colombienne Viking Air.

S’il s’est dit toujours intéressé aux jets régionaux CRJ, M. Bellemare ne s’est pas gêné pour signaler qu’il continuait d’évaluer ses options à l’égard de ce programme en plus de vouloir en réduire les coûts.

«Les CRJ demeurent de bons avions, a-t-il affirmé. J’étais avec des clients la semaine dernière. Il y a des préoccupations quant à savoir si nous allons le garder ou non.»

Interrogé, M. Bellemare dit que son intention était de conserver ce produit dans le portefeuille de l’entreprise, tout en ouvrant la porte à un partenariat avec une autre entreprise si l’occasion se présente.

Environ 1000 travailleurs situés à Mirabel - représentés par l’Association internationale des machinistes et des travailleurs de l’aérospatiale (AIMTA) - effectuent l’assemblage des CRJ. En date du 30 septembre, les différentes versions de l’appareil comptaient 56 commandes fermes.

Lundi, en marge de la rencontre à Montréal, le coordonnateur québécois du syndicat, David Chartrand, avait exprimé certaines inquiétudes.

«Je pense qu’il faut regarder dès maintenant ce que l’on peut faire pour ce programme (les CRJ) avant que l’on arrive devant un fait accompli et qu’une annonce soit effectuée», avait-il expliqué, en point de presse.

Appel au calme

Dans le cadre de son passage dans la Ville-Reine, M. Bellemare désirait rassurer les marchés après que Bombardier eut réservé une mauvaise surprise aux investisseurs pendant le troisième trimestre en pigeant davantage que prévu dans ses liquidités, en raison notamment de certains écueils rencontrés par sa division transport.

L’entreprise s’attend toujours à terminer l’exercice avec des flux de trésorerie neutres, sauf qu’elle doit maintenant comptabiliser les quelque 600 millions $ US récoltés grâce à la vente du site torontois de Downsview.

Même si le patron de Bombardier a affirmé à plus d’une reprise que les objectifs de 2020 seraient atteints, l’action de l’entreprise continuait de piquer du nez à la Bourse de Toronto, allant même jusqu’à toucher un creux annuel de 2,24 $.

Le titre a finalement abandonné 10 pour cent, ou 25 cents, pour clôturer à 2,25 $.