Justice et faits divers

Contraceptif permanent Essure: une action collective autorisée

MONTRÉAL — Le feu vert vient d’être donné à une action collective au Québec visant à dédommager les femmes s’étant fait installer un contraceptif permanent appelé Essure.

La juge Chantal Lamarche de la Cour supérieure a permis, par jugement rendu cette semaine, à cette poursuite d’aller de l’avant.

C’est Joan Letarte qui porte cette action sur ses épaules, au nom de toutes les femmes québécoises qui ont eu des problèmes de santé en raison de l’installation de ce contraceptif.

Il est formé de deux micros ressorts installés par un obstétricien-gynécologue dans les trompes de Fallope. Il est fabriqué par l’entreprise pharmaceutique Bayer.

Mme Letarte poursuit Bayer en lui reprochant plusieurs fautes en lien au développement et à la fabrication de ce moyen contraceptif, mais aussi quant à sa commercialisation et à sa promotion.

Elle soutient que Bayer a mis en marché un produit dangereux.

Elle s’est fait installer le contraceptif Essure en juillet 2011, sans avoir reçu d’informations quant aux risques associés à cette méthode, dit-elle. Elle soutient avoir eu par la suite de graves problèmes de santé : saignements abondants, caillots de sang lors des menstruations, douleurs pelviennes, ballonnements et prise de poids. Ses problèmes de santé sont si importants que ses médecins recommandent une hystérectomie afin d’enlever les implants Essure. Ce qu’elle subit effectivement en 2016.

Elle plaide que si elle avait connu les risques associés aux implants, elle n’aurait pas accepté cette méthode de contraception.

Bayer ne nie pas les problèmes médicaux de Mme Letarte, mais soutient qu’ils n’ont pas été causés par son contraceptif.

Aucun des faits allégués par Mme Letarte n’a encore été prouvé devant un tribunal. L’autorisation accordée par la juge Lamarche permet à la poursuite d’aller de l’avant et d’éventuellement se rendre à procès.

L’action est intentée au nom de toutes les Québécoises ayant eu des problèmes de santé — infection des voies urinaires, organes perforés, migration des implants, douleurs pelviennes, ménorragies ou symptômes auto-immunitaires — depuis le 1er juillet 2011, en lien avec ce contraceptif.

Bayer dispose de 30 jours pour en appeler du jugement d’autorisation. L’entreprise a d’ailleurs fait savoir par courriel qu’elle examine présentement toutes ses options, y compris la possibilité de faire appel de cette décision.

Il est difficile de savoir combien de Québécoises ont reçu ces implants. Sur son site internet, Santé Canada indique qu’Essure est commercialisé au Canada depuis 2002 et que plus de 8000 unités ont été vendues de 2002 à 2014. Le 30 mai 2016, l’organisme fédéral a rédigé un avis de sécurité intitulé «risque de graves complications» après le signalement de certaines situations, le ministère insistant alors sur la nécessité de mises en garde appropriées auprès des femmes.

Deux demandes visant à faire autoriser une action collective ont été déposées ailleurs au Canada, soit en Saskatchewan et en Ontario.

Éducation

Une heure de plus de parascolaire au secondaire: la FCSQ se dit inquiète

L'ajout d'une heure d'activité parascolaire par jour dans 140 des 700 écoles secondaires de la province cette année est inéquitable, s'inquiète la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ).

Le gouvernement Legault a annoncé dans son budget que, dès la rentrée, 21 millions $ serviront à financer la mesure dans 140 écoles secondaires à travers la province. D'ici trois ans, toutes les écoles devraient y avoir accès.

En entrevue à La Presse canadienne vendredi, le président de la FCSQ, Alain Fortier, a dit appuyer l'ajout d'activités parascolaires, puisqu'elles développent le sentiment d'appartenance chez l'élève, mais il ajoute: «Ce n'est pas si simple que ça».

Il se demande notamment comment seront choisies les 140 écoles («J'espère que ce ne sera pas tiré au hasard») et si les millions serviront à financer les activités ou bien à augmenter l'offre.

«Est-ce qu'on va juste rendre ça gratuit, mais on n'atteindra pas l'objectif d'augmenter la participation?» s'est-il interrogé.

D'une manière ou d'une autre, le réseau risque de trouver le processus inéquitable, selon lui. «Ça veut dire que 560 écoles n'auront pas un sou tandis que les autres vont se partager le 21 millions? Il y a quelque chose d'un peu inéquitable dans cette manière de distribuer ces ressources.»

M. Fortier enjoint le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, à mettre rapidement les commissions scolaires dans le coup, et à leur envoyer les sommes, afin qu'elles puissent elles-mêmes identifier les écoles méritantes. Il a fait valoir que le processus de reddition de compte en serait ainsi simplifié.

La FCSQ estime que beaucoup de travail reste à faire dans ce dossier, entre autres pour régler les questions de logistique entourant le transport scolaire.

«Il y a certainement une inquiétude sur l'heure supplémentaire, si elle est après l'école, pour ceux qui devaient prendre le transport scolaire. On a bien hâte de voir comment on va pouvoir s'ajuster, comment on va être capable de répondre à ça», a-t-il ajouté.

Environnement

Autre bordée de neige à l'horizon: le printemps se laisse désirer

Le printemps se fait attendre malgré son entrée officielle mercredi dernier. Une tempête de neige pourrait venir affecter plusieurs régions du Québec dans la nuit de vendredi à samedi.

Les Québécois qui ont l'impression que l'hiver est particulièrement long cette année ne se font pas d'illusion. Le météorologue Simon Legault, d'Environnement et Changement climatique Canada, confirme que la saison hivernale a commencé plus tôt, dès novembre, avec de grandes quantités de neige.

Avant même le passage de la plus prochaine tempête, la ville de Gaspé a déjà reçu plus de 483 centimètres de neige. La normale est de 370 cm à la fin de l'hiver, note le météorologue.

«C'est pratiquement un mètre de neige de plus que la normale à Gaspé. C'est beaucoup de neige et c'est comme ça dans presque toutes les régions», dit-il. Québec a reçu plus de 350 cm de neige en 2018-2019, et Montréal, plus de 212 cm.

Si l'on espérait voir poindre le printemps, l'hiver n'a visiblement pas dit son dernier mot, ce qui n'est pas inhabituel non plus à ce temps-ci de l'année.

«En effet, on a normalement une dizaine de centimètres de neige tous les mois d'avril, même dans le sud du Québec», souligne M. Legault.

Beaucoup de précipitations

Dans son bilan de l'hiver, le météorologue note aussi que la province a reçu plus de précipitations de toutes sortes. On a eu plus de neige, plus de pluie et les mois de décembre, janvier et février ont été marqués par plus de précipitations verglaçantes.

Mais on n'a pas eu un hiver glacial, même si l'hiver a été froid par moments.

«On a eu plusieurs périodes de hausses et de baisses des températures, affirme Simon Legault. On a eu des journées froides entrecoupées par des journées un peu plus douces et c'est ce yoyo des températures qui a été un peu plus difficile à vivre cette année».

Printemps et variation des températures

Ces variations de température risquent aussi de se répéter au début du printemps, selon les prévisions d'Environnement Canada.

«Peut-être qu'au début avril on aura une succession de petites dépressions, entraînant une fonte un peu plus active, mais on est pas encore sorti de l'hiver pour le moment», souligne M. Legault.

La bonne nouvelle, s'il y en a une, c'est que la fonte de la neige s'est faite graduellement jusqu'à présent.

Le météorologue se fait rassurant quant à la possibilité de revivre des inondations printanières comme celles d'il y a deux ans, même si le couvert de neige est important par endroits.

Il souligne que pour avoir des inondations comme au printemps 2017, ça prend une combinaison de facteurs.

«Recevoir beaucoup de neige ne veut pas nécessairement dire qu'il y aura des crues printanières intenses. Il y a d'autres facteurs à considérer, comme la rapidité de la fonte par de températures élevées et, surtout, une bonne quantité de pluie. En 2017, de grandes quantités de pluie avaient été observées en avril et en mai et c'est ce qui avait amené de grosses quantités dans les bassins des rivières. On n'a pas de signes qui nous font penser à ça pour l'instant.»

Justice et faits divers

Tragédie de Humboldt: le responsable condamné à huit ans de prison

MELFORT — Le camionneur qui avait causé l’accident mortel impliquant l’équipe de hockey junior des Broncos de Humboldt, il y a un an, a été condamné vendredi à huit ans de prison.

Jaskirat Singh Sidhu, âgé de 30 ans, de Calgary, avait plaidé coupable plus tôt cette année à 29 chefs de conduite dangereuse ayant causé la mort ou des lésions corporelles. Sidhu, debout pour entendre la peine, regardait droit devant lui, vendredi matin, au palais de justice de Melfort, en Saskatchewan.

La juge Inez Cardinal a déclaré qu’elle avait déterminé cette peine en sachant très bien qu’on «ne pourra jamais revenir en arrière». Elle a précisé que les remords et le plaidoyer de culpabilité de Sidhu avaient été des facteurs atténuants dans la peine infligée. Mais la juge a aussi expliqué qu’elle devait prendre en compte le nombre de personnes décédées ou gravement blessées, qui étaient confrontées à des défis pour le reste de leurs jours.

Sidhu avait omis de respecter un panneau d’arrêt obligatoire et son semi-remorque s’était trouvé devant l’autocar de l’équipe de hockey junior qui arrivait au carrefour d’une route rurale du nord de la Saskatchewan, en avril dernier. Seize personnes ont été tuées et 13 autres ont été blessées — toutes des occupants de l’autocar des Broncos.

La juge Cardinal a rappelé que cette collision était évitable. «M. Sidhu aurait eu amplement le temps de réagir [...] s’il avait été attentif aux panneaux d’arrêt obligatoire, a-t-elle estimé. Il faudra bien un jour mettre un terme à ce carnage sur nos routes.»

La Couronne souhaitait que Sidhu purge une peine de 10 ans de prison; la défense soutenait que d’autres causes suggéraient une fourchette allant de un an à quatre ans et demi.

Des remords sincères

La juge Cardinal a commencé sa lecture, vendredi, en nommant chacune des victimes de la tragédie. Elle a ajouté que la centaine de déclarations d’impact des victimes et de leurs proches avaient été accablantes.

La juge a aussi rappelé que les joueurs de hockey morts dans l’accident étaient des athlètes talentueux, alors que d’autres occupants de l’autocar rêvaient de fonder une famille — ou l’avaient déjà fait. «Des familles ont été déchirées; certains sont sujets à la dépression, à l’anxiété ou à des crises», a-t-elle dit. La juge a également parlé des survivants, qui, a-t-elle suggéré, «affichent un visage courageux pour se montrer forts».

Les avocats de Sidhu avaient plaidé que le camionneur éprouvait des remords et qu’il risquait d’être expulsé vers son pays d’origine, l’Inde, après avoir purgé sa peine. La juge Cardinal a dit croire que Sidhu était sincère dans ses remords.

Une vraie «fusée»

Lors de l’audience de détermination de la peine, en janvier, on a appris que Sidhu roulait à une vitesse comprise entre 86 et 96 km/h lorsqu’il est passé devant quatre panneaux l’avertissant d’un croisement imminent — et avant de s’approcher d’un panneau d’arrêt surdimensionné, avec feux clignotants.

Le procureur de la Couronne Thomas Healey a plaidé que Sidhu aurait dû voir la route très passante devant lui, mais aussi la voiture arrêtée de l’autre côté de la route, qui attendait comme il se devait le passage de l’autocar des Broncos. Me Healey a décrit le camion comme une «fusée» surgissant à l’intersection, ce qui n’a pas laissé le temps au chauffeur de l’autocar d’éviter la collision.

L’avocat de la défense, Mark Brayford, a déclaré que Sidhu avait été embauché par une petite entreprise de camionnage de Calgary trois semaines plus tôt. Il a passé deux semaines avec un autre camionneur avant d’être lancé seul sur les routes.

Me Brayford a suggéré que Sidhu avait été distrait par une bâche qui claquait au vent sur son chargement de mousse de tourbe.

L’équipe de hockey a publié une déclaration juste après le prononcé de la peine.

«Le fait que cette cause soit réglée et que la peine soit prononcée constitue un grand pas en avant dans le processus de guérison des survivants, des familles en deuil, de notre organisation et de la communauté de Humboldt et des environs», a déclaré le président des Broncos, Jamie Brockman.

«La peine sera sujette à des opinions divergentes, mais ce qui est important, c’est que M. Sidhu ait plaidé coupable, qu’il ait manifesté des remords et qu’il soit tenu responsable de ses actes insouciants.»

Chris Joseph, qui a perdu son fils Jaxon dans l’accident, s’est dit deçu de la décision. «Aucune peine ne m’aurait satisfait», a-t-il toutefois reconnu.

Ski de fond

Alex Harvey subit l'élimination en demi-finale sur les Plaines [VIDÉO]

«Mission accomplie», disait Alex Harvey après son premier passage sur les Plaines d’Abraham, vendredi après-midi, où il a terminé 10e du sprint des finales de la Coupe du monde de ski de fond.

Mieux encore, le fondeur de 30 ans de Saint-Ferréol-les-Neiges a donné, comme il l’espérait, un bon spectacle aux quelques milliers de spectateurs présents tout au long du parcours de 1,6 kilomètre dominé par le Norvégien Johannes Hosflot Klaebo, déjà champion de la saison à cette courte distance, devant l’Italien Frederico Pellegrino et un autre Norvégien, Sindre Bjoernestad Skar.

«J’en ai donné un bon en quart de finale, je pense. J’ai gardé le monde sur le bout de leur siège», disait en riant celui qui avait passé la majeure partie de cette vague en cinquième position avant d’amorcer sa remontée jusqu’en deuxième position tout juste avant l’épingle précédant le fil d’arrivée.

En demi-finale, il n’avait plus la poussée nécessaire pour se faufiler parmi les six finalistes. Peu importe, cette journée s’avérait satisfaisante.

«Dans ma chambre, hier [jeudi], je me disais que si je pouvais faire la demie, ça me donnerait beaucoup de secondes de bonification pour le mini-tour», confiait-il dans la zone des entrevues à la sortie du parcours.

L’objectif était quand même ambitieux pour lui, puisqu’il ne s’était pas qualifié dans les rondes éliminatoires d’un sprint depuis décembre 2018.

«Je devais d’abord commencer par me qualifier dans les 30 premiers. J’ai bien joué mes cartes, je suis vraiment content. Que ce soit au Tour de ski ou dans un mini-tour, le but est d’atteindre les demi-finales du sprint, c’est la place payante.»

N’allez quand même pas croire qu’il ne visait pas plus loin.

«Je ne m’en cache pas, je voulais faire la finale, on s’entend, et pour une autre raison que le mini-tour. Je voulais le faire pour la foule, mais bon... Les sprinteurs purs étaient plus forts que moi», ajoutait le favori local.

Harvey a apprécié le support des spectateurs. S’il a été en mesure de rester à l’intérieur de sa bulle pendant l’échauffement, il s’est permis un petit bain de foule à la ligne de départ, faisant le plein d’énergie à chaque mention de son nom.

Harvey, qui avait pris le 23e rang au terme des qualifications, a fini 2e de sa vague en quart-de-finale. Il a bouclé sa demi-finale en cinquième place, ce qui n’était pas suffisant pour poursuivre dans la course ultime.

Justice et faits divers

Trois ans de pénitencier pour un père qui a violenté son poupon de 11 semaines

Lucas* a giflé son bébé de 11 semaines. Puis, trois mois plus tard, dans un autre moment de colère, a cogné la tête du poupon sur un îlot et l’a secoué violemment. Le père, sans antécédent judiciaire, a été condamné à trois ans de pénitencier pour ces gestes de violence.

Le petit Nathan* est né le 2 octobre 2016. Sa mère a été déclarée inapte à s’en occuper en raison de graves problèmes psychologiques.

Le père, Lucas, 28 ans, assumait donc tous les soins et toutes les responsabilités, sous la supervision de la Direction de la protection de la jeunesse.

Le 22 décembre 2016, une intervenante sociale rend visite au père. Elle remarque que Nathan a de nombreuses ecchymoses au visage. Le père admet avoir donné une claque à son enfant. Il affirme être en dépression.

Le bébé est aussitôt confié aux soins de sa grand-mère. Lucas sera arrêté deux mois plus tard et accusé de voies de fait.

À la mi-mars 2017, le père et le fils vivent chez la grand-mère, à Lévis. Lucas n’a pas le droit d’être seul avec son fils. La grand-mère sort quelques minutes pour déneiger son patio. Elle voit son fils qui donne le biberon à Nathan.

Lorsqu’elle revient dans la maison, la grand-mère est surprise de voir que le boire est déjà terminé. Lucas explique brièvement que son fils n’avait pas soif. Plus tard dans la nuit, le bébé est inconsolable, fiévreux et pleure en se tenant la tête. 

Lucas ne fait rien pour l’aider et laisse sa mère soigner le bébé.

Le lendemain, lors d’un rendez-vous médical déjà prévu, le médecin décèle des lésions qui ne peuvent être accidentelles. Le bébé est transféré au CHUL, où les médecins constatent une fracture du crâne. Le bébé est hospitalisé durant cinq jours.

Pleurs

Lucas admettra aux policiers que, excédé, il a laissé tomber son bébé sur l’îlot de la cuisine. Quelques heures plus tard, alors que l’enfant pleurait de douleur dans sa couchette, le père l’a pris brusquement et l’a secoué à quelques reprises.

Selon le père, les pleurs du bébé lui faisaient vivre beaucoup de colère.

Lucas a plaidé coupable en mars 2018 aux voies de fait graves et voies de fait lésions. 

La défense plaidait pour une peine de trois mois de prison alors que la Couronne réclamait une peine sévère entre trois et cinq ans de pénitencier.

La juge Hélène Bouillon de la Cour du Québec a estimé qu’il fallait insister sur la dénonciation et la dissuasion face à une violence aussi grave faite sur un aussi jeune enfant. Elle a donc imposé une peine de trois ans de pénitencier.

Nathan était «un tout petit bébé vulnérable et dépendant de son père», insiste la juge Bouillon. «La DPJ suivait la famille depuis sa naissance; l’accusé aurait pu demander de l’aide s’il trouvait la situation difficile», ajoute-t-elle.

Le père est parti vers le box de détention sans manifester d’émotion.

Le petit Nathan a été confié à une famille d’accueil jusqu’à sa majorité. Aujourd’hui âgé de deux ans et demi, il présente de légers retards de développement. Il est toutefois difficile de prévoir, disent les experts, les conséquences à long terme du traumatisme crânien. Les spécialistes notent le bon potentiel de réhabilitation de Nathan, surtout grâce à l’implication attentive de la famille d’accueil.

* Prénoms fictifs

Justice et faits divers

Disparition d'Hélène Martineau: des citoyens parlent à la SQ

Les enquêteurs de la Sûreté du Québec (SQ) ont rencontré une quinzaine de citoyens depuis jeudi après-midi en lien avec la disparition de la Jonquiéroise Hélène Martineau, le 12 avril 2017.

Le poste de commandement de la SQ a été installé sur le stationnement du commerce Canadian Tire, de Place du Royaume, à Chicoutimi, jeudi et vendredi. Des enquêteurs du Service des crimes contre la personne ont rencontré et discuté avec des citoyens, qui auraient pu avoir vu quelque chose en lien avec cette triste histoire.

«Nous avons rencontré une quinzaine de personnes durant notre présence au Saguenay. Nous colligeons les informations que les gens ont à nous dire. Nous avons aussi reçu plusieurs appels téléphoniques à notre centre d’appel et à la centrale policière», explique Ann Mathieu, porte-parole de la SQ.

 «Au retour de l’équipe, nous allons revoir tout ce qui a été raconté et ferons l’analyse de toutes ces informations», ajoute-t-elle.

La Sûreté du Québec en est à sa sixième visite en l’espace de 24 mois à Saguenay afin de récolter des informations sur cette mystérieuse disparition. Des dizaines et des dizaines d’informations ont été amassées, mais rien qui n’a permis, jusqu’à aujourd’hui, de mener les enquêteurs vers une conclusion.

Hélène Martineau est disparue le 12 avril 2017. Elle s’était rendue au commerce Le Garage, de Place du Royaume, pour y retourner un vêtement. Sur les images vidéo présentées pour la première fois, jeudi soir, la femme de 47 ans semblait se trouver dans un état normal. Elle était auparavant allée déposer à ses supérieurs de l’hôpital de Jonquière un billet de médecin confirmant la prolongation de son congé de maladie.

Elle est ensuite retournée chez elle en début d’après-midi. Ce serait la dernière trace de la mère de trois enfants que les policiers ont entre les mains.

De nombreuses recherches terrestres, par les airs et sous l’eau ont été menées dans les semaines et les mois qui ont suivi la disparition de la dame, mais les chercheurs n’ont jusqu’à présent rien trouvé de tangible.

Des policiers et des bénévoles ont arpenté les sentiers du Manoir du Saguenay à de nombreuses occasions, un endroit que Mme Martineau aimait bien fréquenter.

Le conjoint de la disparue, Michel Larouche, a aussi été rencontré depuis la disparition. Il a été identifié par les policiers de la SQ comme le principal suspect dans cette disparition, considérée depuis un certain temps comme un homicide.

Car si au début, plusieurs ont cru à un suicide, la piste a pris une autre tournure, et c’est là que le conjoint et père des trois enfants a suscité l’attention des enquêteurs. Il a même passé le test polygraphique (détecteur de mensonges), qu’il a échoué.

Michel Larouche, qui a passé plus d’une heure près du Canadian Tire, jeudi, avait songé à s’adresser aux médias, mais il a finalement changé d’idée.

Affaires

Salmonelle: rappel de pépites de poulet Janes

Sofina Foods Inc. procède au rappel de Pépites de poulet Style Pub de marque Janes parce que ce produit pourrait être contaminé par la bactérie Salmonella.

Le produit visé ne doit pas être consommé. Il s’agit des Pépites de poulet Style Pub — Escalopettes de poulet panées non cuites en format de 800 g, dont la date d’expiration est le 15 décembre 2019 (CUP : 0 69299 12490 3).

Les consommateurs qui ont ce produit à la maison sont priés de le jeter ou de le rapporter au magasin où il a été acheté, indique l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA).

Les aliments contaminés par la bactérie Salmonella ne présentent pas nécessairement d'altération visible ni d'odeur suspecte, mais peuvent quand même rendre malade, signale l’ACIA. 

Les jeunes enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées et les personnes dont le système immunitaire est affaibli peuvent contracter des infections graves et parfois mortelles. 

Chez les personnes en bonne santé, la salmonellose peut se manifester par des symptômes de courte durée comme la fièvre, des maux de tête, des vomissements, des nausées, des douleurs abdominales et de la diarrhée. La salmonellose peut entraîner des complications à long terme, notamment une forme grave d'arthrite, ajoute l’ACIA.

Pour plus de détails : inspection.gc.ca

Actualités

Déréglementation du taxi: menace de grève de certains chauffeurs lundi

MONTRÉAL — Furieux contre la déréglementation de l'industrie du taxi annoncée par le gouvernement Legault, des chauffeurs de taxi de partout au Québec menacent de déclencher une grève à compter de lundi.

«On a eu une rencontre hier soir (jeudi) à Montréal avec les différents comités. Il a été décidé à l'unanimité qu'on sortait en grève lundi matin à 7h. Ça va toucher toutes les régions du Québec», a prévenu en entrevue avec La Presse canadienne Serge Lebreux, porte-parole de l'Association des taxis des régions du Québec.

À Montréal, une assemblée des chauffeurs est prévue dimanche. Mais leur grogne est déjà palpable. «Les propriétaires de taxi sont tellement furieux et ils n'ont tellement plus rien à perdre que nous avons du mal à donner des réponses. Une chose est certaine: la situation va dégénérer très rapidement», a affirmé Abdallah Homsy, aussi porte-parole de chauffeurs.

Depuis le début du litige avec Québec et de l'arrivée d'Uber, les chauffeurs de la région de Montréal sont parmi les plus mobilisés au Québec.

«On est assez unis dans les circonstances. Les régions parlent d'une seule voix. Tout le monde est sur les blocs de départ, tout le monde est crinqué, prêt à faire ce qu'il faut pour défendre leur fonds de pension, leur retraite», a lancé M. Lebreux.

Plus tôt cette semaine, le ministre des Transports, François Bonnardel, a annoncé une réforme qui prévoit notamment de mettre fin au contingentement des taxis. Elle mettra aussi fin aux territoires exclusifs. Un chauffeur devra avoir un permis de classe 5 plutôt qu'un permis de classe 4C, comme c'est le cas à l'heure actuelle. De même, Québec mettra fin à l'immatriculation T réservée aux taxis.

Le gouvernement y voit une façon de moderniser l'industrie et d'alléger la réglementation qui l'encadre.

Mais aux yeux de M. Lebreux, la déréglementation proposée, «c'est carrément une expropriation» des chauffeurs qui ont payé des milliers de dollars pour leur permis de taxi. Avec la fin du contingentement, la valeur des permis va péricliter.

«Le gouvernement a un manque profond de respect envers le taxi», s'est exclamé M. Lebreux.

Il fait valoir qu'en région, les taxis servent souvent à transporter des patients, des échantillons médicaux, qu'ils font partie d'un ensemble qui dessert une communauté. «Le gouvernement prend des décisions pour les grandes villes et les imposent aux régions», critique M. Lebreux.

M. Lebreux s'excuse à l'avance des inconvénients que causera la grève lundi. «On offre nos excuses à la clientèle qui sera touchée. Les clients pourront contacter leur député provincial pour se plaindre.»

Justice et faits divers

Prêtre poignardé en pleine messe à l'oratoire Saint-Joseph

MONTRÉAL — Il était un peu passé 8h30 et la messe de l’oratoire Saint-Joseph suivait son cours paisible et prévisible pendant qu’à l’extérieur, le ciel n’arrivait pas à décider s’il neigerait ou s’il pleuvrait en ce vendredi matin d’entre-deux saisons.

Le père Claude Grou, recteur de l’oratoire, s’apprêtait à lire l’Évangile lorsqu’un homme s’est dirigé d’un pas rapide et déterminé derrière l’autel, a sorti un couteau et l’a porté contre le prêtre de 77 ans à au moins deux reprises, semant une onde de choc et de stupeur non seulement au sein de la cinquantaine de fidèles sur place, mais aussi chez un nombre indéterminé de spectateurs branchés sur le réseau de diffusion Sel et Lumière, qui présentait cette messe en direct sur ses plateformes.

LIRE AUSSI«Ça m’a heurté», raconte un témoin

«Il est passé devant la balustrade d’un pas rapide. (...) Tout de suite en arrivant dans le choeur, il a levé son coupe-vent pour dégainer un gros couteau. Quand j’ai vu ça, je suis sortie en hurlant pour aller à la sacristie pour alerter la sécurité», a raconté Adèle Plamondon, une bénévole qui venait de terminer une lecture précédant celle de l’Évangile.

Un autre témoin, Philip Barrett, a raconté avoir vu l’homme, assis durant la messe, «qui s’est levé et qui, vite, est allé devant, dans le sanctuaire, derrière l’autel où l’abbé Claude Grou était. Personne ne savait ce qui se passait exactement et j’ai vu que le prêtre bougeait un peu, loin de cette personne».

À son retour dans le choeur, Mme Plamondon a rapporté que l’agresseur «était à terre et il y avait deux hommes qui étaient par-dessus lui. Il était calme. Je ne l’ai pas entendu crier, je ne l’ai pas entendu rien dire. Il avait juste une détermination. Il voulait faire vite pour aller attaquer le père Grou.»

Motif inconnu

La vidéo du réseau Sel et Lumière confirme ce témoignage et l’énigme demeure d’ailleurs entière quant au motif de cette agression, puisque le suspect n’a effectivement rien dit.

Les agents de sécurité qui ont maîtrisé le suspect ont attendu l’arrivée des policiers à qui ils ont remis le forcené.

Selon les policiers montréalais, il s’agit d’un homme de 26 ans ayant des antécédents judiciaires dont la nature n’a pas été rendue publique.

Le Service de police de la Ville de Montréal a cependant affirmé sur son compte Twitter «qu’il s’agit d’un geste isolé d’une seule personne» et sa porte-parole, Caroline Chevrefils, a précisé à La Presse canadienne que l’agression n’avait pas été revendiquée et que le suspect n’avait aucun lien connu avec des organisations criminelles, extrémistes, religieuses, politiques ou autre.

Il est détenu pour interrogatoire et devrait comparaître samedi au palais de justice de Montréal sous des accusations qui restent à être déterminées, mais qui pourraient aller de voies de fait armées à tentative de meurtre.

Le père Grou en état de choc

Fort heureusement, l’attaque n’a pas été fatale, selon ce qu’a pu constater Adèle Plamondon.

«J’ai vu père Grou après; il est en état de choc. Il a deux blessures superficielles. Il est OK. Les ambulanciers sont venus, se sont bien occupés de lui, l’ont emmené à l’hôpital pour voir à ce que tout soit correct avec lui, mais ce que j’ai vu des blessures, elles ne saignaient pas beaucoup», a-t-elle confié.

La porte-parole de l’oratoire, Céline Barbeau, abondait dans le même sens dans les minutes suivantes. «Nous sommes rassurés parce que, quand il a quitté l’oratoire, il était conscient et il pouvait parler, ce qui est pour nous un bon signe.»

Mme Barbeau n’avait à cet effet que de bons mots pour son personnel de sécurité. «Les agents de sécurité sont intervenus tellement rapidement... Ç’aurait pu dégénérer en fait, mais ça n’a pas eu le temps de dégénérer parce qu’ils sont intervenus immédiatement.»

Mme Barbeau a également précisé que le réseau Sel et Lumière a immédiatement cessé sa diffusion en direct, mais la vidéo avait non seulement été diffusée en direct, mais a aussi été captée et publiée sur le web et diffusée par des grandes chaînes de télévision.

Sanctuaire et sécurité

Malgré cette agression, l’oratoire est demeuré ouvert vendredi et les messes s’y poursuivaient, bien qu’avec des mesures de sécurité additionnelles et dans un autre espace que celui de la messe matinale, ce dernier étant fermé pour permettre aux policiers de mener leur enquête.

Selon Céline Barbeau, qui dit n’avoir jamais entendu parler de pareille agression dans l’histoire de l’édifice emblématique qui a ouvert ses portes en 1904, il n’est pas question d’augmenter les mesures de sécurité pour autant dans l’avenir.

«Il y a de la sécurité à l’oratoire 24 heures par jour, 365 jours par année, mais nous n’avions pas de détecteurs ou de trucs comme ça. Ce n’est pas le lieu pour ça. C’est quand même un sanctuaire d’accueil et de prière», a-t-elle fait valoir.