Le directeur du Centre de médecine et chirurgie esthétique de Granby, Dr Pierre Courchesne, vient d'être radié par le Collège des médecins pour plusieurs manquements à son code de déontologie.

Le Dr Pierre Courchesne radié pour 4 mois

Le Dr Pierre Courchesne, à la tête du Centre de médecine et chirurgie esthétique ayant des succursales à Granby et Longueuil, vient d'être radié pour quatre mois. Le conseil disciplinaire lui reproche entre autres d'avoir prescrit des tests inappropriés à un patient dans l'établissement privé de son conjoint, puis d'avoir harcelé son client pour qu'il paie la facture pour ceux-ci s'élevant à 2772 $.
Dans un jugement daté du 4 mai, le Collège des médecins impose au Dr Courchesne des amendes totalisant 5000 $ en plus de suspendre temporairement son permis de pratique. Ceci en raison d'une longue liste de manquements à son code de déontologie. La radiation du médecin sera effective à compter du 9 juin, à moins qu'il interjette appel de la décision. 
Il a notamment été reconnu coupable d'avoir prescrit « prématurément, intempestivement, contrairement aux données de la science médicale actuelle et sans qu'il soit médicalement nécessaire des examens de laboratoire poussés, inappropriés et non requis à ce stade de l'investigation », peut-on lire dans le volumineux document. 
Le dossier remonte à décembre 2013. Un homme, dont nous tairons l'identité, consulte alors le Dr Courchesne pour un renouvellement de prescription de médication, soulignant du coup une panoplie de symptômes liés à des troubles digestifs. Le médecin a préconisé des analyses sanguines. « Le patient indique au Dr Courchesne qu'il préfère que les tests soient effectués dans le réseau public afin qu'il n'ait pas à débourser pour cela. Selon le patient, le Dr Courchesne insiste. [...] À la sortie de la clinique, le patient reçoit une facture de 2772 $ », mentionne le jugement.
De plus, le médecin s'est placé en conflit d'intérêts dans le cadre de ses fonctions. En effet, M. Courchesne a envoyé une mise en demeure au patient « pour qu'il paie la somme de 1325 $ au Centre International de Santé et d'Énergie Physique inc. (« CISEP »), dont le seul actionnaire est son conjoint », indique dans son verdict le Collège. De même, le docteur « laisse un message sur la boîte vocale du cellulaire du patient, l'injuriant, le menaçant et insultant l'apparence physique de sa conjointe. »
« Manque d'intégrité »
Le Dr Courchesne est aussi fautif d'avoir tenu une consultation médicale en présence d'un enfant de 11 ans, en l'occurrence la fille de son infirmière, sans le consentement du patient. Celle-ci était alors en observation dans le cadre d'un « stage en milieu de travail organisé par son école. »
Le conseil de discipline a également soulevé le « manque d'intégrité » du médecin, qui a relaté faussement dans ses notes avoir fait un examen des testicules ainsi qu'un toucher rectal au patient. À cela s'ajoute le fait que « les tests prescrits par le Dr Courchesne ne sont pas reconnus scientifiquement ».
Récidive
Le dirigeant et fondateur du Centre de médecine et chirurgie esthétique n'en est pas à sa première radiation pour des dossiers en déontologie. « Le 29 août 2001, un conseil de discipline le reconnaît coupable d'avoir diffusé sur son site Internet une publicité qualifiée d'intempestive, fausse, trompeuse ou susceptible d'induire en erreur le public qui le consulte. Trois amendes de 600 $ lui sont alors imposées », mentionne-t-on dans le jugement du Collège.
Toujours en 2001, une patiente du Dr Courchesne est décédée après avoir subi trois liposuccions à quelques semaines d'intervalle. Le rapport du conseil disciplinaire fait état de plusieurs fautes professionnelles. Lors des traitements, le médecin n'aurait notamment pas tenu compte du fait que la femme, obèse et épileptique, était médicamentée.