Le Bromontois Jean-Claude Tremblay a été propriétaire du Domaine Eastman (Domaine du Fenil) durant 10 ans, de 1991 à 2001.

Le Domaine Eastman détruit: « Il y avait une âme vraiment spéciale »

La disparition du Domaine Eastman, rasé par un violent incendie lundi, a fait rejaillir bien des souvenirs chez le Bromontois Jean-Claude Tremblay, qui a été propriétaire de l’établissement hôtelier durant une décennie.

« C’est une partie de ma vie que j’ai laissée dans cette auberge. Moi et ma conjointe, on a vraiment pris soin de cet édifice pendant des années pour garder son caractère patrimonial. [...] C’est une triste nouvelle qu’il soit réduit en cendres », a confié Jean-Claude Tremblay.

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Rappelons que l’intensité du brasier était telle que les pompiers de Waterloo, Magog et Austin ont dû prêter main-forte à leurs confrères d’Eastman. Les trois employés qui se trouvaient à l’intérieur de l’établissement s’en sont sortis indemnes. « L’attaque des pompiers aurait sans doute été plus agressive dans les premiers instants après leur arrivée. Cependant, les sapeurs ont été forcés de procéder avec la plus grande prudence pendant un long moment parce qu’une bonbonne de propane de 1000 litres, rattachée au bâtiment, risquait de leur éclater au visage », rapportait La Tribune.

Du rêve à la réalité

Le parcours professionnel de Jean-Claude Tremblay a bifurqué vers le monde de l’hôtellerie au début des années 1990. « Je rêvais depuis l’adolescence d’avoir un centre. En 1991, je venais de quitter le cabinet de relations publiques National. J’aimais bien les Cantons-de-l’Est et j’y venais de temps en temps. Alors, après un an de recherche, quand j’ai su que l’auberge était à vendre, j’ai saisi l’occasion », s’est remémoré celui qui a été candidat libéral dans la circonscription de Shefford.


«  C’est impossible d’avoir à nouveau l’atmosphère que l’on retrouvait dans un bâtiment patrimonial comme celui-là. Il y avait une âme vraiment spéciale.  »
Jean-Claude Tremblay, propriétaire du Domaine Eastman (Domaine du Fenil) de 1991 à 2001

Sous la gouverne de M. Tremblay, le bâtiment datant du début des années 1900 est rapidement devenu un « centre de ressourcement » pour gens d’affaires. « Deux ans après avoir commencé à opérer l’auberge, je recevais surtout des gens de Montréal, souvent près du burnout, qui venaient passer une semaine pour refaire leurs forces », a-t-il raconté.

L’aventure a duré 10 ans, au cours desquels l’hôtelier est passé par toute la gamme des émotions. « On a un rêve, mais sur le plan financier, l’hôtellerie, ce n’est pas nécessairement un bijou, a-t-il imagé. Il faut mettre beaucoup de temps. C’est difficile. En quittant le centre-ville de Montréal, j’espérais me retrouver en campagne, à l’air pur. C’est ce que j’ai eu. Mais au lieu de travailler 80 h par semaine, j’en faisais 90 à 95. D’un autre côté, c’est un investissement qui m’a vraiment beaucoup apporté au plan personnel. »

Atmosphère

L’actuel propriétaire du Domaine Eastman, Serge Thibodeau, a confirmé à La Tribune qu’il souhaitait reconstruire l’auberge « à court terme ». Une décision qui ne surprend pas Jean-Claude-Tremblay. Ce dernier met toutefois un bémol. « Je comprends le propriétaire de vouloir continuer. C’est un superbe endroit. Mais on est loin de la coupe aux lèvres. C’est impossible d’avoir à nouveau l’atmosphère que l’on retrouvait dans un bâtiment patrimonial comme celui-là. Il y avait une âme vraiment spéciale. »