Après 34 ans à oeuvrer au sein du Service de police de Granby, dont 10 comme directeur, Marco Beauregard a terminé son dernier quart de travail, jeudi. C’est maintenant l’heure de la retraite pour lui.

Le directeur du Service de police de Granby à la retraite

La journée de jeudi a été particulièrement chargée en émotion pour le directeur du Service de police de Granby, Marco Beauregard. Après 34 ans à revêtir l’uniforme du corps policier, il a remis son arme de service et son badge pour profiter de la retraite.

« Je quitte avec le sentiment du devoir accompli. Je quitte un service qui est en bonne santé et qui a de beaux projets à venir », confie Marco Beauregard, qui a accueilli La Voix de l’Est au poste de police quelques heures avant la fin de son dernier quart de travail en carrière.

Installé dans son bureau, il a raconté son parcours des 34 dernières années, dont les 10 passées à la barre du service de police. « J’ai toujours désiré faire un métier qui n’est pas monotone. C’est l’aventure, le défi et aussi de pouvoir servir ma population, être utile dans ma communauté », dit-il.

Sa passion pour la chasse et la pêche l’orientait vers des études dans ce secteur d’activité, mais la seule formation offerte était à Rimouski. Le collège était situé loin de Granby, la ville où il a grandi. Il a donc finalement opté pour des études en techniques policières.

Jeune policier
Nouvellement diplômé, Marco Beauregard a fait ses débuts au Service de police de Granby à l’âge de 20 ans. C’était en 1983. « Nous étions policier-pompier à ce moment-là. J’étais patrouilleur de soir, ce qui m’a permis de me développer rapidement. Le quart de travail de soir est le plus achalandé, celui où il y a plus d’appels », explique-t-il.

Son désir d’être dans le feu de l’action a été exaucé. « Tu rentres travailler et tu ne sais pas ce qui t’attend. C’est le défi d’être toujours prêt, de répondre aux attentes des citoyens, dit-il. Ça a été une passion et ce l’est encore. Ma carrière a été enlevante. Ça va me manquer... »

Les crimes commis contre la personne, surtout les gens vulnérables comme les enfants et les aînés l’ont toujours « heurté ». « Je pense que pour être policier, il faut être très humain. J’ai beaucoup de respect pour ceux qui oeuvrent sur la ligne de front : les patrouilleurs. »

Bébé secoué, vague d’agressions sexuelles sur des femmes, homicides intrafamiliaux ont été des événements qui ont marqué le cours de sa carrière. La série d’incendies criminels au centre-ville a également été une période difficile alors qu’il était directeur du service. « Je vais m’en rappeler toute ma vie, avoue-t-il. J’ai été des nuits à ne pas dormir. On se demandait quelle nuit ça arriverait à nouveau ? Quel immeuble brûlerait ? C’était grave. Le suspect risquait la vie de citoyens qui dormaient. » Un individu avait finalement été arrêté et traduit en justice.

Marco Beauregard a toujours été préoccupé par la vente et la consommation de stupéfiants « parce que c’est lié à plein d’autres problèmes sociétaux », notamment la prostitution, la dépendance et la perpétration de délits criminels.

Plusieurs projets pour lutter contre le trafic de stupéfiants ont été réalisés sous sa gouverne, notamment grâce à l’Escouade régionale mixte, une brigade dont les activités étaient consacrées à cette criminalité. L’opération Muraille, qui a mis fin aux activités d’un vaste réseau de trafiquants, en arrêtant entre autres les têtes dirigeantes, est d’ailleurs l’une des « belles réalisations » du service de police, estime-t-il.

Création d’une section prévention et relations avec les médias, fusion entre les services de police du canton et de la ville, division des services policiers et incendies et travaux au poste de police ont aussi été des moments qu’il ne peut passer sous silence.

Criminalité en transformation
Marco Beauregard a aussi vu grandir le corps policier. À ses débuts, il comptait une cinquantaine d’agents. Aujourd’hui, ils sont 109 policiers. Les crimes ont aussi diminué. Au cours des 10 dernières années, ils sont passés de plus de 3000 à environ 2400 alors que la population a explosé, fait-il remarquer.

Le type de délit a aussi changé. Les crimes contre la propriété ont chuté pour faire notamment place aux crimes virtuels. « Aujourd’hui, on doit s’adapter à la cybercriminalité », dit M. Beauregard.

La technologie a aussi évolué. Caméra véhiculaire, ordinateur à bord des voitures de patrouille et WiFi sont apparus dans les véhicules au bénéfice des policiers. « Ça a complètement révolutionné notre façon de faire, d’enquêter. Et ça a aussi changé les façons de faire des criminels », fait valoir le directeur.

Après une tournée de sa carrière, le directeur du service de police affirme qu’il ne regrette rien de sa carrière. Qu’est-ce qu’il trouve la plus difficile dans ce départ à la retraite ? « Quitter ma grande famille professionnelle », dit-il, visiblement ému.

Son successeur, l’actuel inspecteur-chef à la surveillance du territoire et des relations communautaires, Bruno Grondin, entrera en fonction ce vendredi à la suite de son assermentation.