«C’est le dossier des élections. Ce que je vois, c’est quelqu’un qui cherche la chicane, qui veut la chicane parce que ça le médiatise», a affirmé Pascal Bonin au sujet du promoteur Michel Duchesneau, qui a annoncé son intention de déposer sa candidature aux prochaines élections municipales.
«C’est le dossier des élections. Ce que je vois, c’est quelqu’un qui cherche la chicane, qui veut la chicane parce que ça le médiatise», a affirmé Pascal Bonin au sujet du promoteur Michel Duchesneau, qui a annoncé son intention de déposer sa candidature aux prochaines élections municipales.

Le développement de la rue de Verchères fait encore des vagues

Marie-France Létourneau
Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est
Le dossier du prolongement de la rue de Verchères à Granby continue à faire des vagues. Une poignée de citoyens intéressés à s’établir dans ce nouveau développement ont dénoncé, lors de la récente séance du conseil municipal, les conditions contraignantes, selon eux, de l’entente qui lie le promoteur, Michel Duchesneau, à la Ville.  

L’agente immobilière mandatée pour vendre des terrains dans ce secteur, Tiffany Howard, a ouvert le bal mardi soir en remettant en question le bien-fondé de la bande boisée de protection de six à vingt mètres qui doit être préservée entre les résidences des rues de Versailles et le prolongement de la rue de Verchères, en vertu du Plan d’implantation et d’intégration architectural (PIIA) adopté en 2016. 

Cette zone tampon fait en sorte, qu’avec les normes d’aménagement et servitudes qui l’accompagnent, la ligne électrique prévue en arrière-lot «passe au milieu des terrains», a-t-elle fait valoir. Il n’y a pas d’autres développements à Granby où cette situation est observée et où une bande de protection est exigée, a insisté Mme Howard. 

Daniel Fontaine, de Montréal, a pour sa part souligné son intention de déménager à Granby. «Le plus beau projet de toute la région, c’est celui de la rue de Verchères. (...) Mais quand on constate que la ligne électrique passe au-dessus des piscines, des patios et des aires de jeux des enfants, je pense qu’il n’y a personne qui veut ça pour sa famille», a-t-il laissé tomber. 

Se disant «pénalisée» par la présence de la bande tampon imposée, une autre citoyenne intéressée par le développement a dit souhaiter «avoir la liberté de jouir» de son terrain à sa guise. 

Entente maintenue     

«Pourquoi le promoteur a signé l’entente si elle n’avait pas d’allure», a réagi le maire, Pascal Bonin. 

«C’est spécial que le promoteur m’envoie quelqu’un de responsable pour me poser une question dont il connaît la réponse», a-t-il renchéri à Mme Howard. 

Pascal Bonin rappelle que la bande de protection a été prévue au PIIA du secteur adopté en 2016 pour, à l’époque, dénouer l’impasse dans laquelle se trouvait le dossier. Celui-ci avait été mis sur la glace durant quelques années au début des années 2010 alors que Michel Duchesneau et son entreprise, Jonesco, avaient intenté des procédures juridiques contre la Ville. Au cœur du litige : un important plateau de roc que la Ville souhaitait préserver.

Les citoyens s’étaient aussi opposés en grand nombre au développement du secteur.

«Il y a eu un consensus à l’époque, où on a fait 50/50. On a permis du développement et on a protégé du terrain. Ça a donné cette entente-là», explique-t-il.

Pascal Bonin maintient qu’il n’est pas question de revoir cette dernière. D’autant plus qu’elle a récemment été signée à nouveau par les deux parties, alors que le promoteur, aussi ex-maire de Granby, Michel Duchesneau s’est engagé à remettre en état les zones où il a effectué du déboisement illégal dans la bande de protection au début de l’été.

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Alors qu’il faisait les manchettes pour ce dossier, M. Duchesneau a par ailleurs annoncé son intention de déposer sa candidature à la mairie lors des prochaines élections municipales, en novembre 2021. 

Dossier politique

Aux yeux du maire Bonin, le dossier est ainsi «politique». 

«C’est le dossier des élections. Ce que je vois, c’est quelqu’un qui cherche la chicane, qui veut la chicane parce que ça le médiatise. J’ai trouvé, honnêtement, que ce soir (mardi), c’était pathétique», laisse-t-il tomber. 

Selon lui, les ententes et discussions entre le promoteur et les acheteurs ne concernent pas la Ville. 

«Il n’y a rien qui a changé. Quand l’entente a été signée, la ligne (électrique) était là. Pourquoi aujourd’hui on remet la ligne électrique [en question]? On coupe des arbres de façon illégale. On écrit des lettres ouvertes. On se présente à la mairie. Et on veut revoir la ligne. (...) Tout ce qu’on veut, c’est de la publicité, de la chicane, et être dans les médias par rapport à une campagne électorale», déclare Pascal Bonin.