L’un des clochers de l’église de Saint-Pie, arraché par de forts vents le 1er novembre 2019, gît toujours près de l’édifice.
L’un des clochers de l’église de Saint-Pie, arraché par de forts vents le 1er novembre 2019, gît toujours près de l’édifice.

Le deuxième clocher de l’église de Saint-Pie sera retiré

Florence Tanguay
Florence Tanguay
La Voix de l'Est
Une assemblée des paroissiens était organisée dimanche matin, à l’église de Saint-Pie, afin de discuter du sort des clochers, après que l’un de ceux-ci ait été arraché par de forts vents le 1er novembre 2019. La décision de ne pas remplacer le clocher tombé et de retirer le second, toujours en place, a été prise afin d’éviter de payer des sommes faramineuses, qui devront plutôt être investies dans d’autres réparations urgentes.

La rencontre a débuté par la présentation du «bilan santé» de l’église. Celui-ci, réalisé par une équipe d’architectes et d’ingénieurs en structure, pointe l’ensemble des faiblesses du bâtiment et présente les différents travaux qui devront être réalisés dans les prochaines années.


« On n’a pas le choix de descendre le clocher, sinon les assurances ne voudront plus nous assurer. »
Thérèse Larocque, présidente du conseil de fabrique de Saint-Pie

Ces réparations sont réparties en plusieurs catégories, soit le contrôle des eaux de pluie, la structure générale, les murs et la maçonnerie, l’étanchéité générale, la fenestration et les portes, l’ébénisterie extérieure, l’humidité relative, le fini extérieur, le paratonnerre et le parvis.

La majorité des travaux doivent être effectués d’ici cinq ans. Par contre, certaines tâches doivent être faites de manière plus urgente. «On doit avoir descendu le clocher d’ici le 31 décembre 2020», énonce Thérèse Larocque, présidente du conseil de fabrique.

Cette décision n’a pas été prise de gaieté de cœur par les membres du conseil, mais le second clocher, s’il n’est pas solidifié, doit absolument être retiré du toit. «On s’obstine avec les assurances depuis le 1er novembre, déplore Mme Larocque. On n’a pas le choix de descendre le clocher, sinon les assurances ne voudront plus nous assurer.» Les trois cloches seront toutefois conservées.

Étant donné que certaines pierres sont sur le point de se détacher de la façade du bâtiment, des travaux de maçonnerie devront aussi être faits rapidement.

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Un budget bonifié par une subvention fédérale

Pour l’instant, les moyens que possède la fabrique pour réaliser ces travaux d’envergure sont limités. Une collecte de fonds, ayant débuté peu de temps après la chute du clocher, a permis de récolter près de 150 000$.

L’organisation a aussi pu bénéficier du Compte d’urgence pour les entreprises canadiennes, une aide fédérale mise sur pied en avril, dans le contexte de la pandémie. Grâce à cette subvention, la fabrique a obtenu un prêt de 40 000$, sans intérêt. «Ce prêt était une sécurité, car tout — les messes, les dimes, les funérailles — était arrêté», explique Francine Boulay, vice-présidente de la fabrique de Saint-Pie.

Si 30 000$ sont remboursés au gouvernement fédéral d’ici le 31 décembre 2022, la fabrique n’aura pas à fournir les 10 000$ restants. Mme Boulay se dit persuadée que cette somme sera rendue d’ici la date butoir.

La soixantaine de paroissiens présents ont eu l’occasion de commenter la situation. La plupart semblaient interloqués de la quantité de travaux à faire et des sommes — bien qu’encore très approximatives — qui y sont associées.

Plusieurs paroissiens ayant pris la parole étaient d’accord avec la décision de retirer le clocher et utiliser l’argent pour effectuer d’autres réparations plus essentielles pour la sécurité de tous. Cependant, d’autres personnes présentes ont exprimé leur désarroi quant à la disparition de ce symbole fort.