Le récidiviste de 72 ans a, pour la troisième fois, enfreint une ordonnance de la cour lui interdisant de se trouver dans un parc.

Le délinquant sexuel Maurice Piperno arrêté de nouveau

Un prédateur sexuel se retrouve à nouveau dans l’eau chaude pour avoir enfreint une ordonnance de la cour.

Les policiers ont arrêté Maurice Piperno, 72 ans, alors qu’il marchait près du parc de planches à roulettes du Centre de la nature de Cowansville, en juin dernier. Il lui était interdit de se trouver dans tout endroit où il pourrait y avoir des jeunes à cause de ses nombreux antécédents d’agressions et de contacts sexuels avec des enfants ainsi qu’en matière de pornographie juvénile.

Sa dernière condamnation remonte à 2017, alors que le Montréalais d’origine avait écopé de six mois de prison pour s’être trouvé exactement au même endroit, à Cowansville.

L’emprisonnement n’a « clairement pas eu l’effet voulu », a indiqué Me Véronique Gingras-Gauthier, du ministère public, à l’audience sur la peine à imposer au récidiviste au palais de justice de Granby, jeudi. Détenu depuis son arrestation, M. Piperno a plaidé coupable à l’accusation de bris d’ordonnance.

« C’est un crime grave », a dit la Couronne, d’autant que c’est la troisième fois que l’accusé brise « l’article 161 », qui « existe pour la protection du public et particulièrement pour les enfants ». « Il n’y a aucune raison de croire que M. Piperno ne comprend pas les ordonnances qui lui avaient été imposées. »

Me Gingras-Gauthier a précisé que l’accusé a été arrêté en possession de trois casquettes achetées le jour même, laissant entendre qu’il a pu vouloir les utiliser pour attirer des enfants. Mais il y avait toujours de l’école lors de son passage et pas d’enfant dans le parc.

Adepte de tennis

Du box des détenus, M. Piperno a déclaré : « Je ne veux pas qu’on pense que je me fous des ordonnances. » Il a expliqué qu’il était venu voir si le terrain de tennis était verrouillé en prévision d’y revenir le soir, et croyait que l’interdiction ne s’appliquait pas si le parc était désert.

Mais comme l’a rappelé son avocat, Me Nicolas Cossette, l’interdiction se rattache à un lieu et non à un moment. Ce qui est reproché à M. Piperno est toutefois « au bas de l’échelle » de gravité et ne mérite pas les deux ans de prison que demande la poursuite, a ajouté Me Cossette.

« La peine présentée par la Couronne est propre à des circonstances plus graves », a dit l’avocat, qui suggère plutôt neuf mois de prison. Me Cossette a aussi souligné qu’« aucune preuve ne permet de croire que les casquettes achetées auraient servi à appâter des mineurs ».

Le juge Serge Champoux, de la Cour du Québec, doit rendre sa décision à la fin d’octobre. Maurice Piperno est déjà inscrit au Registre des délinquants sexuels.