Plusieurs véhicules sont sortis du Défi-Vision lourdement endommagés par les accrochages à répétition.

Le Défi-Vision en met plein les sens

Face à face, carambolages, accrochages et accidents de toutes sortes. La course du Défi-Vision Mira a de nouveau régalé les spectateurs présents à l’Autodrome Granby vendredi soir.

La courte durée de ce 31e Défi-Vision en a surpris plus d’un. Il n’a fallu qu’une quinzaine de minutes à la voiture numéro 6 conduite par Sylvain Fontaine — non-voyant comme la grande majorité des pilotes participants — pour se faufiler au travers du chaos et des débris automobiles et compléter la course.

Ce dernier avait également pris part au Défi-Vision l’an dernier, terminant en seconde position.

« On a gardé la même stratégie, mon copilote [Alexandre Savard] me disait “droite”, “gauche”, “en avant” », a-t-il expliqué peu avant de célébrer sa victoire.

La course promettait d’être encore plus difficile cette année. En effet, les organisateurs avaient ajouté une dizaine de places, permettant ainsi à un nombre record de 42 pilotes et autant de copilotes de prendre place sur la ligne de départ.

Départ qui, comme on pouvait l’imaginer, s’est rapidement transformé en carambolage monstre. Une lutte s’est peu à peu dessinée entre les pilotes Pierre Champagne (no 5), Doris Pineault (no 33) et le gagnant.

Si Sylvain Fontaine était tout sourire en sortant de son bolide passablement détruit, d’autres étaient moins ravis de leur expérience.

« Je ne m’attendais pas à ce que ce soit si pénible, nous n’avons même pas complété un tour », a avoué l’humoriste et animateur Pierre Brassard.

Les gagnants du 31e Défi-Vision MIRA, Alexandre Savard (en rouge, à gauche) et Sylvain Fontaine, célébraient leur victoire.

L’ex-membre des Bleu Poudre tenait tout de même à prendre part à l’événement afin de démontrer son attachement à la cause portée par la Fondation Mira.

100 000 $ espérés
Car en plus d’offrir tout un spectacle, le Défi-Vision demeure l’occasion de rappeler l’importance de Mira et d’amasser une somme importante par la vente des billets et des dons du public.

« On vise à dépasser les 100 000 $. On n’y est pas encore, mais les [membres du club de motos] Blue Knights vont passer dans les estrades durant la course pour récolter les dons des spectateurs », a précisé le directeur général de la Fondation Mira, Nicolas St-Pierre, avant la course.

Ce montant permettra de former quatre chiens selon M. St-Pierre. « Chaque chien coûte environ 30 000 $ à former », a-t-il précisé.

Nicolas St-Pierre l’avoue : l’organisation de cette 31e mouture n’a pas été de tout repos. « Je sais que du côté de Remorquage Boissonneault, ça n’a pas été facile de trouver autant de voitures. »

Heureusement, les organisateurs peuvent compter sur des bénévoles de longue date pour assurer le succès de l’événement, tant sur le plan financier qu’au niveau de la logistique. « Nous, ça fait au moins 15 ans qu’on s’implique. La cause des enfants aveugles et de Mira en général m’a toujours tenu à cœur », a indiqué Yves Lagueux, un membre des Blue Knights.

Fête de famille
Ce Défi-Vision 2018 a également pris des allures de party de famille pour les Morin.

« On est six à être dans la course, mes cinq frères et ma sœur », a expliqué Benoit Morin, directeur des ventes commerciales pour les centres de rénovation Patrick Morin, un des importants commanditaires de la course.

Le pilote de la voiture numéro 2, qui occupe malgré sa cécité des responsabilités importantes dans l’entreprise fondée par son père, a motivé plusieurs de ses fournisseurs à s’impliquer dans l’événement. « En tout, on commandite 28 voitures », s’est-il réjouit.

La famille Morin avait même affrété un autobus en partance de Joliette pour se rendre à Granby. « On a aussi nos amis, nos cousins et nos cousines [qui sont présents] », a lancé Laurence Morin, qui semblait impatiente de guider son père durant le Défi-Vision.