Camille Tremblay Lalancette, coordonnatrice interrégionale du Défi 100 % local
Camille Tremblay Lalancette, coordonnatrice interrégionale du Défi 100 % local

Le Défi 100% local commence mardi

Roxanne Caron
Roxanne Caron
La Voix de l'Est
C’est le temps d’éveiller le locavore qui sommeille en vous. Le Défi 100 % local revient pour une sixième année, du 1er au 30 septembre, un mois où les récoltes sont les plus abondantes. Le nombre d’inscriptions est en voie de dépasser celui de l’année dernière, alors que 1847 personnes avaient fait le choix de manger local. Jusqu’à présent, 252 Estriens et 150 résidents de la Montérégie se sont inscrits au Défi.

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« On n’en était pas là à pareille date l’an dernier. Je pense qu’il va y avoir une augmentation dans les inscriptions. C’est peut-être en partie à cause de la pandémie. On dirait que le sujet est sur toutes les lèvres. Il y a eu un éveil collectif, les gens se sont mis à s’intéresser davantage à l’alimentation de proximité », observe Camille Tremblay Lalancette, coordonnatrice interrégionale du Défi 100 % local.


« Quand on parle de manger local, c’est s’approvisionner le plus près possible de chez soi. »
Camille Tremblay Lalancette, coordonnatrice interrégionale du Défi 100 % local

Sur les 1847 participants de l’année dernière, 185 personnes en Estrie et 150 en Montérégie avaient décidé de prendre part à l’aventure.

La formule de participation a toutefois été revampée cette année. Plutôt que de choisir un nombre de repas à faire avec des ingrédients locaux chaque semaine, le Défi est maintenant basé sur un cheminement personnel à travers lequel les participants doivent choisir, sur le site web www.defijemangelocal.ca, l’un des quatre profils qui leur correspondent le mieux et se fixer des objectifs.

Comptant 7077 entreprises agricoles et 400 entreprises de transformation alimentaire, la Montérégie est considérée comme rien de moins que le « jardin du Québec ».

Parmi eux on compte : découvrir un marché public, un nouveau producteur, un commerce spécialisé, essayer deux recettes 100 % locales, remplacer un produit de base par un produit local ou encore apprendre à transformer en conserve le fruit de nos récoltes. Les locavores plus aguerris peuvent même pousser l’audace jusqu’à manger 100 % local tout le mois!

« Quand on parle de manger local, c’est s’approvisionner le plus près possible de chez soi », fait valoir Mme Tremblay Lalancette. Cela peut entre autres passer par avoir un potager dans sa cour arrière ou encore visiter un producteur de sa région.

Comme chaque année, le Défi est porté par réseau des Tables de concertation bioalimentaire du Québec, qui ont le mandat de faire la promotion de l’initiative dans leur région et d’animer leur milieu. « Ce sont les alliés numéro un. Ce sont des organisations ancrées dans leur région et qui ont des répertoires de membres sur leur site web. »

Un terroir riche

En Montérégie, le Garde-manger du Québec porte l’initiative depuis l’année dernière. Responsable des communications pour l’organisme, Brigitte Marcotte soutient que cette vaste région de 11 112 km2 offre une impressionnante variété de produits. « C’est quand même assez facile de s’approvisionner localement pour les Montérégiens. »

Comptant 7077 entreprises agricoles et 400 entreprises de transformation alimentaire, la Montérégie est considérée comme rien de moins que le « jardin du Québec ».

Pour mettre en lumière tout le travail des producteurs, Créateurs de Saveurs planche actuellement sur une série de photos qui présentera l’arrière-scène de leur travail.

Aux yeux de Mme Marcotte, le Défi est une belle occasion pour aider la population à s’intéresser au terroir. « Quand on amène les gens à avoir ce réflexe, c’est payant pour tout le monde. C’est bon pour notre économie locale et ça assure un dynamisme alimentaire. »

De son côté, Créateurs de Saveurs Cantons-de-l’Est, qui représente plus de 200 entreprises agricoles, fait la promotion du Défi en Estrie.

« Durant ce mois-là, notre but c’est de faire rayonner tout le monde. On collabore avec plein d’intervenants, dont les MRC. Des députés comme la ministre Marie-Claude Bibeau et la députée Christine Labrie agissent comme ambassadrices », souligne Marie-Pier Baril, conseillère en développement bioalimentaire.

Selon elle, l’Estrie est l’une des régions qui regroupe le plus grand nombre de microbrasseries au Québec. « On a aussi un beau circuit de fromageries, sans oublier les nombreux maraîchers. Le territoire est riche et vaste », remarque-t-elle.

Pour mettre en lumière tout le travail des producteurs, Créateurs de Saveurs planche actuellement sur une série de photos qui présentera l’arrière-scène de leur travail. Le tout sera présenté lors d’une exposition virtuelle le 19 septembre, soit le point culminant du Défi, alors que les participants seront invités à repousser leur limite afin de célébrer l’alimentation locale à son meilleur.

« On veut montrer qui sont les producteurs et la richesse de leur travail. Pas juste le produit fini », explique Mme Baril.

Pour guider les locavores en herbe à travers leur défi, l’organisme a créé un guide d’accompagnement dans lequel on y trouve des astuces, des recettes, des adresses et même des outils de planification.

« Il y a plein de gens pour qui ce sera leurs premiers pas en termes d’alimentation locale en septembre », relève-t-elle.

Les inscriptions au Défi ont débuté le 3 août et elles se poursuivent jusqu’au 19 septembre.

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À CHAQUE RÉGION SES SPÉCIFICITÉS

En tant que coordonnatrice interrégionale du Défi 100% local, Camille Tremblay Lalancette est en mesure de constater que chaque région a ses forces et ses défis en termes d’approvisionnement local. 

Une chose est toutefois certaine, « le Québec a un terroir hallucinant ». En effet, manger local en Montérégie n’a pas la même signification que de manger local aux Îles-de-la-Madeleine, donne-t-elle en exemple. 

« Ils ont accès à des palourdes, du loup-marin, à des poissons pêchés sur le cap. La diversité globale de la province est extraordinaire. » D’une région à l’autre, la culture culinaire est elle aussi différente. « En Abitibi, manger local, c’est aussi manger le fruit de ta chasse. Et c’est la spécificité de chaque région que l’on veut mettre de l’avant avec ce Défi. Mais c’est quand même un tout: si tu as réussi à avoir de la morue pêchée aux Îles, plutôt que d’avoir un poisson pêché dans les eaux du Pacifique, c’est gagné ! » 

DE 7 À 14 RÉGIONS EN UNE ANNÉE

Le Défi 100 % local est né d’une initiative citoyenne aux  Îles-de-la-Madeleine. Simon Beaubien, qui était jusqu’au printemps dernier le directeur du Bon Goût Frais, s’était  donné le défi en 2015 de manger 100 % local durant tout le mois de septembre. Le mouvement s’est rapidement propagé dans le reste de la province, si bien que de 2018 à 2019, le Défi est passé de 7 régions à 14 régions participantes.