Robert Desmarais, directeur du CLD de Brome-Missisquoi
Robert Desmarais, directeur du CLD de Brome-Missisquoi

Le déconfinement de l’agrotourisme se fait attendre

Alors que Québec a annoncé lundi que les restaurants pourront rouvrir leurs salles à manger dès le 15 juin, le CLD de Brome-Missisquoi a été surpris que l’agrotourisme ait été mis de côté. Il plaide en faveur d’une reprise imminente de ce secteur phare de l’économie régionale.

« On a hâte que le gouvernement fasse connaître son plan pour permettre au secteur agrotouristique de prendre son élan », lance Robert Desmarais, directeur du CLD de Brome-Missisquoi en soulignant que la saison touristique arrive à grands pas.

Ce dernier souhaite également que les mesures sanitaires mises de l’avant par la santé publique soient assouplies.

« Pour le moment, les dégustations de produits et l’animation sont interdites et les visiteurs ne peuvent pas se servir des tables à pique-nique. On veut que les gens puissent vivre une expérience chez les producteurs. Ça fait quelques semaines que ces directives ont été émises et la situation a beaucoup évolué depuis », poursuit-il.

Il faut dire que ce secteur d’activités engendre des retombées économiques significatives dans la région, attirant 200 000 visiteurs par année. « La Route des vins regroupe 20 vignobles et une centaine de partenaires touristiques », indique le CLD dans un communiqué de presse.

Véritable berceau de la viticulture au Québec, la région compte la plus grande concentration de vignobles de la province et produit 60 % des vins du Québec.

Charles-Henri de Coussergues, copropriétaire du vignoble de l’Orpailleur et président de l’Association de l’Agrotourisme et du Tourisme Gourmand du Québec (AATGQ), a lui aussi été désappointé que le gouvernement ne fasse aucune annonce concernant le secteur agrotouristique, lundi.

« C’est un peu comme la restauration... J’étais convaincu qu’ils allaient déconfiner l’agrotourisme parce que les mesures sont un peu les mêmes », relève-t-il.

Charles-Henri de Coussergues, copropriétaire du vignoble de l’Orpailleur et président de l’Association de l’Agrotourisme et du Tourisme Gourmand du Québec

D’autant plus, les terrains des fermes sont vastes et jouissent d’espaces extérieurs pouvant accueillir des visiteurs en tenant compte de la distanciation sociale, ajoute le CLD.

Le vigneron affirme quant à lui que l’industrie attend avec impatience les deux prochaines étapes évoquées par la ministre du Tourisme. Le calendrier pour la deuxième phase de déconfinement et le plan de soutien financier à l’industrie sont deux éléments cruciaux qui permettront aux entreprises de faire des choix et de maintenir des emplois.

Embauches et dégustations

Même si la période d’achalandage au vignoble de l’Orpailleur débute autour du week-end de la Fête nationale, M. de Coussergues dit que sa boutique connaît déjà une affluence depuis les trois derniers week-ends en raison du beau temps.

Celle-ci est restée ouverte tout au long du confinement, mais comme les autres producteurs, la section dégustation a dû être fermée.

« Avec le beau temps, les gens sortent et plusieurs ne comprennent pas pourquoi ils ne peuvent pas déguster », dit-il. Cette restriction a un impact direct sur les ventes.

« Comme ils ne peuvent pas déguster, ils n’achètent rien. »

Évidemment, dit-il, les ventes à la SAQ ou en épiceries fines se portent bien, notamment à cause du mouvement d’achat local. Mais il n’empêche pas moins que pour beaucoup de vignobles, les achats à la boutique représentent en moyenne 60 % de leurs chiffres d’affaires.

M. de Coussergues croit que les entreprises agrotouristiques offrant la dégustation à la ferme doivent se préparer à recevoir des gens, mais surtout à en engager.

« S’il faut avoir de la distanciation, ça va prendre plus de monde pour faire déguster le même nombre de personnes. Ce qui nous inquiète c’est le temps de réaction. C’est beau d’embaucher, mais il faut aussi former » dit-il en laissant sous-entendre que le temps file.

Pendant que les producteurs sont en mode solution pour proposer aux visiteurs une expérience agrotourisique agréable et sécuritaire, l’AATGQ élabore depuis plusieurs semaines un guide de la pratique de l’agrotourisme en tenant compte des consignes de la santé publique, assure le CLD.