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Alfonso Gagliano a été député libéral de 1984 à 2002 avant de se lancer dans la viticulture avec son vignoble Gagliano, à Dunham.
Alfonso Gagliano a été député libéral de 1984 à 2002 avant de se lancer dans la viticulture avec son vignoble Gagliano, à Dunham.

Le décès d’Alfonso Gagliano est une «triste nouvelle» pour le milieu viticole

Roxanne Caron
Roxanne Caron
La Voix de l'Est
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Alfonso Gagliano a été député libéral de 1984 à 2002 avant de se lancer dans la viticulture avec son vignoble Gagliano, à Dunham. Son décès, confirmé dimanche par sa fille Imma, a atterré les vignerons qui l’ont côtoyé.

Guillaume Leroux, copropriétaire du Vignoble Val Caudalies venait d’apprendre son décès, lorsque contacté par La Voix de l’Est. «C’est une triste nouvelle. Ça nous affecte tous», a-t-il dit en prenant soin d’adresser toutes ses condoléances à la famille impliquée dans le vignoble.

Voisin immédiat du vignoble de Gagliano, le propriétaire de l'Orpailleur Charles-Henri de Coussergues, salue la compétence de son confrère. «C’est un homme qu’on a apprécié comme voisin. Il a réalisé un rêve en démarrant ce vignoble. Il y a donné tout son temps et il était toujours là. La vinification, ça le passionnait et c’est bien, car il a gagné plusieurs médailles. C’est un défi qu’il s’est donné sur le tard, mais qu’il a su relever. On sentait qu’il était heureux dans ce qu’il faisait.»

Dans la dernière année, M. de Coussergues avait été mis au courant des problèmes de santé de M. Gagliano, alors qu’il était moins présent dans les champs. «Il avait un cancer du pancréas. Il avait eu un traitement de radiothérapie et avait été opéré cet été. Mais je ne savais pas que ce serait aussi rapide...» a-t-il concédé.

De son côté, le vignoble de l’Orpailleur était le voisin immédiat de celui de Gagliano. Le propriétaire, Charles-Henri de Coussergues, a toujours salué la compétence de son confère.

Le vigneron se rappelle que l’arrivée de M. Gagliano à Dunham avait semé quelque peu la controverse à cause du scandale des commandites. Controverse qui s’est rapidement résorbée.

En effet, M. Gagliano avait été démis de ses fonctions en 2004 par le premier ministre Paul Martin, en raison de spéculations sur sa participation active dans le scandale des commandites alors qu’il était ministre des Travaux publics, a indiqué La Presse.

Il s’était ensuite lancé dans la viticulture.

«En un peu plus de 10 ans, il a réussi à faire quelque chose d’extraordinaire. Dix ans, c’est court dans la vie d’un vigneron, mais il a fait sa place en peu de temps», a souligné Charles-Henri de Coussergues, qui est aussi président de l’Association de l’Agrotourisme et du Tourisme Gourmand du Québec (AATGQ).

Au cours des dernières années, le vignoble de M. Gagliano a remporté plusieurs prix, et ce, dans de prestigieux concours. «Cette famille-là aimait les vins corsés et forts et elle réussissait très bien là-dedans. Heureusement, son fils semble suivre la trajectoire de son père. C’est un vignoble important dans la région et il montrait encore du leadership là-dedans», a relevé Pierre-Paul Jodoin, copropriétaire du vignoble Clos Ste-Croix de Dunham.

Le vigneron avait aussi entamé un virage 100 % bio, un processus de certification entrepris en 2018 et qui s’échelonne sur trois ans.

«Il arrivait à démontrer qu’en venant de l’extérieur, on pouvait apprivoiser la viticulture. C’était un gros défi et il en a ajouté encore plus en allant vers le bio. Les défis, ça ne lui faisait pas peur», a souligné M. de Coussergues.

Impliqué

Impliqué dans l’Association des vignobles de Dunham, M.Gagliano était un homme agréable à côtoyer, affable, et avec un bon jugement, selon les vignerons avec qui La Voix de l’Est a pu s’entretenir. «C’est une lourde perte pour notre association», a dit le président, Pierre-Paul Jodoin.

Michèle Lamarche et Pierre-Paul Jodoin, propriétaires du vignoble Clos Ste-Croix de Dunham

Outre sa présence dans l’association, le vigneron s’impliquait aussi auprès du centre local de développement, du comité touristique et de la Route des vins de Brome-Missisquoi.

«Je n’hésitais pas à lui poser des questions au niveau de notre industrie. C’était une source d’information et son opinion comptait autour de la table. Il a laissé sa marque positivement», estime M. Leroux.

«Je n’hésitais pas à lui poser des questions au niveau de notre industrie. C’était un ressource d’information et son opinion comptait autour de table. Il a laissé sa marque positivement», croit Guillaume Leroux, copropriétaire du Vignoble Val Caudalies (à droite).

Comme il avait les moyens de ses ambitions, poursuit-il, cela lui a permis de travailler des vins de qualité. «Ses vins sont reconnus et c’est même une certaine référence dans le rouge au Québec.»

M. Leroux a aussi tenu à ajouter que l’industrie sera là pour soutenir la famille dans son deuil. «Son fils, sa femme et la famille travaillaient déjà très fort au niveau de l’entreprise. Il lègue une entreprise en bonne santé. Ils seront capables de relever les défis», a-t-il terminé.