Les nouveaux élèves en Techniques d’usinage pourront revenir à Granby dès l’an prochain, a statué la commission scolaire du Val-des-Cerfs.

Le CRIF récupère l’usinage

Bonne nouvelle pour l’industrie et les employés du Centre régional intégré de formation (CRIF) de Granby. L’école dédiée à la formation professionnelle et aux adultes récupérera son programme Techniques d’usinage en 2018-2019, a appris La Voix de l’Est.

Faute d’un nombre suffisant d’inscriptions cette année, les 16 nouveaux élèves avaient amorcé leur formation au Campus Brome-Missisquoi (CBM) de Cowansville, qui offre aussi ce programme. Une décision qui avait semé l’inquiétude au CRIF et auprès de la communauté d’affaires, où la demande en machinistes est extrêmement forte.

Or, la commission scolaire du Val-des-Cerfs, qui gère les deux établissements (en partenariat avec la commission scolaire Eastern Townships dans le cas du CBM) a statué que le programme de 1800 heures reviendra coûte que coûte au CRIF l’an prochain, que les demandes d’inscriptions soient basses ou non.

Le directeur général Éric Racine a confirmé l’information, mercredi. « C’est dans les plans de la commission scolaire d’avoir une cohorte de première année en usinage au CRIF l’an prochain », a-t-il indiqué. Les raisons de cette volte-face n’ont pas été dévoilées. Val-des-Cerfs évalue aussi la proposition que des cours soient donnés à même les entreprises susceptibles d’embaucher des finissants.

Il s’agit d’un baume pour les nombreuses industries qui peinent à trouver des machinistes qualifiés et qui les embauchent souvent avant la fin de leurs études. Directeur général de l’organisme Granby industriel, Patrick St-Laurent était « préoccupé » par la disparition temporaire de Techniques d’usinage à Granby lorsque joint en début de semaine.

La formation en usinage gagne à être connue selon Nancy Roy, directrice-adjointe à la formation professionnelle au CRIF. «Les conditions de travail dans les usines se sont beaucoup améliorées et les gens gagnent bien leur vie. La vieille shop lugubre, on n’en voit plus.»

« Ç’a été une inquiétude auprès de plusieurs entreprises », a-t-il dit. Il qualifiait la décision de « bizarre », puisque la majorité des employeurs concernés, comme Atlas Aeronautik, A7 Intégration et NSE Automatech, sont installés à Granby.

Remous
Le transfert a aussi causé des remous au sein du conseil d’établissement (CE) du CRIF, qui avait voté, la semaine dernière, deux résolutions visant à demander des explications de la commission scolaire ainsi qu’un plan à long terme pour le CRIF. La première motion devient caduque, mais la deuxième a toujours son importance, soutient le président du CE, François Lemay.

« On veut une vision, un plan d’avenir pour le Centre, dit l’ex-enseignant devenu attaché politique. Le CRIF a besoin d’amour et d’investissement. Les locaux sont exigus et les gens font leur maximum en faisant du raboutage. Il n’y a pas de douche, de gymnase ou de palestre non plus. Il manque une qualité de vie. Et on va où dans cinq, dix ans ? »

Selon M. Lemay, les entreprises locales sont disposées à s’impliquer pour améliorer l’établissement de la rue Denison Ouest. Promouvoir la formation professionnelle fait aussi partie des priorités, dit-il, et Québec devrait mettre la main à la pâte.

« Quand tu te promènes dans le quartier industriel à Granby, il y a partout des pancartes “Nous engageons”. C’est le temps d’aller cogner à la porte de Québec, et je ne crois pas qu’il faille attendre la prochaine élection. Avoir un CRIF fort, c’est important pour Granby. »

Le CRIF se préoccupe aussi de l’impopularité de plusieurs formations professionnelles, dont l’usinage, une tendance observée dans toute la province. Une économie forte et un taux de chômage bas expliquent en partie cette situation, dit Nancy Roy, directrice adjointe à la formation professionnelle.

Le travail en usine est toujours mal vu au sein de la population, dit-elle. « Mais la vieille shop lugubre, on n’en voit plus. Les conditions de travail dans les usines se sont beaucoup améliorées et les gens gagnent bien leur vie. Ce qui me tue, c’est quand j’entends dire que la formation professionnelle c’est pour ceux qui n’aiment pas l’école ou qui ont des difficultés. C’est faux. C’est pour ceux qui aiment le concret. »