Mélanie Lelièvre, directrice de l’organisme Corridor appalachien.

Le Corridor appalachien veut préserver les migrations naturelles

L’organisme Corridor appalachien réalisera au cours des prochaines semaines une étude terrain visant à caractériser le corridor naturel liant les municipalités de Stukely-Sud et Bolton-Ouest.

« Il s’agit d’une zone identifiée comme un corridor naturel entre deux grands massifs forestiers, favorable pour la dispersion de la faune, explique Mélanie Lelièvre, directrice de l’organisme à vocation environnementale. C’est aussi une zone caractérisée comme étant prioritaire, c’est-à-dire qu’il faut y préserver la connectivité entre les différents milieux naturels. »

Corridor appalachien a déjà réalisé une analyse géomatique du corridor naturel reliant les deux municipalités. La recherche sur le terrain qui sera effectuée plus tard cet été permettra de valider le tout.

Enquête sur le terrain

Dès le début du mois d’août, des biologistes et des techniciens représentant l’organisme, en accord avec les municipalités ciblées, se promèneront à pied pour recenser différents éléments, naturels et fruits d’une main humaine, qui peuvent avoir une influence sur les déplacements des différentes espèces fauniques vivant dans le secteur, soit des orignaux, des ours noirs, des pékans et des lynx, pour ne nommer que celles-là.

« On souhaite identifier les freins aux déplacements des espèces, que ce soit des clôtures, des maisons, des freins naturels. On veut valider tout ça pour cartographier adéquatement le territoire, après quoi nous formulerons des recommandations, assez rapidement j’espère, indique Mme Lelièvre. Celles-ci guideront nos projets de préservation et nous souhaitons aussi sensibiliser les municipalités à se développer dans le respect de ces corridors naturels. »

Planifier la préservation

Corridor appalachien caresse d’ailleurs l’ambition de faire reconnaître ces corridors dans les plans d’urbanisme municipaux afin de les conserver.

« Les espèces fauniques ont besoin de se déplacer sur le territoire, que ce soit pour s’accoupler, pour se rendre dans un nouvel habitat, pour trouver refuge ou pour s’adapter aux changements climatiques. En raison de ceux-ci, il est estimé que les espèces vont se déplacer de 4 à 5 kilomètres par année vers le nord. Si on ne maintient pas la connectivité entre les massifs forestiers, on rompt la capacité des espèces à s’adapter à ces changements, donc à survivre », prévient la directrice.

Le processus de caractérisation devrait s’échelonner sur une douzaine de jours, tout au plus.