Monique Allard (BQ), Sylvie Jetté (NPD) et Lyne Bessette (PLC) ont répondu aux questions des membres d’organismes communautaires de Brome-Missisquoi, mardi soir.

Le communautaire en mode élections: une table de trois candidates

Après avoir organisé des rencontres électorales avec les candidats des dernières élections municipales, puis provinciales, voilà qu’une brochette d’organismes communautaires de Brome-Missisquoi ramenait sa soirée « le communautaire en mode élections » dans le cadre de la campagne électorale fédérale. Malgré l’invitation lancée par le comité organisateur à tous les candidats, seules trois d’entre eux se sont présentés mardi soir.

Ainsi, Monique Allard (Bloc québécois), Lyne Bessette (Parti libéral du Canada) et Sylvie Jetté (Nouveau Parti démocratique) ont accepté de répondre aux questions des membres des organismes Le sac à mots, Centre femmes des cantons, le Trait d’union, Entrée chez soi et la Maison des familles. Au départ, seuls les candidats du Parti conservateur du Canada, Bruno Côté, et du Parti rhinocéros, Steeve Cloutier, n’avaient pas confirmé leur présence.

Mardi matin, Normand Dallaire, du Parti vert, a toutefois dû annuler sa présence, tandis que Lawrence Cotton, du Parti de la coalition des anciens combattants du Canada, s’est désisté il y a quelques jours.

Les organisateurs ont aussi retardé la rencontre d’une quinzaine de minutes en espérant voir arriver François Poulin, du Parti populaire du Canada, mais ce fut en vain.

Ce sont donc les trois candidates féminines de Brome-Missisquoi qui ont profité de la tribune offerte par les groupes communautaires.

« Ils ont tous été invités, ils ont tous reçu l’ordre du jour, ils savaient tous que les gens s’adresseraient à eux », a assuré Joyce Thibault, travailleuse de rue qui animait la soirée. Elle n’a pas caché sa déception de voir autant d’absents.

« On voulait rendre l’exercice démocratique, accessible. Ça s’adressait vraiment aux membres des organismes, on voulait que les questions viennent des jeunes et des membres. »

Le public pouvait par ailleurs se prêter au jeu et voter pour leur candidat favori. Le regroupement allait faire le décompte plus tard.

Aînés

Les trois candidates ont chacune bénéficié d’environ 5 minutes pour se présenter. Mme Allard a avoué ne pas parler anglais, mais se promet de s’améliorer si elle est élue et d’être entourée d’un personnel bilingue. Elle a raconté son parcours dans le monde communautaire et syndical des vingt dernières années. Mme Bessette a changé de langue avec aisance pour raconter son parcours familial et sportif. Mme Jetté s’est elle aussi adressée en français comme en anglais à la foule pour relater son attachement à la région et à son parti.

Près d’une vingtaine de questions ont ensuite été posées aux participantes à cette soirée électorale. La première a été posée par un homme visiblement exténué de vivre avec peu d’argent. Sa rente du retraité a été coupée après le décès de sa conjointe. Il souhaitait surtout avoir une réponse de la candidate libérale, Lyne Bessette, qui espère reprendre le siège du député libéral sortant, Denis Paradis.

Elle a dit compatir avec la situation que vit ce citoyen et elle a assuré qu’elle travaillera avec le gouvernement pour améliorer la situation des aînés.

Pour sa part, Monique Allard a indiqué que le Bloc québécois veut que les pensions de vieillesse augmentent comme un salaire, et non selon l’indice du coût de la vie et que le coût des médicaments soit diminué.

Quant à Sylvie Jetté, elle a rappelé que le fédéral peut imposer des normes ou des stratégies aux provinces tout en augmentant les transferts à celles-ci.

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Santé mentale

Plusieurs sujets abordés touchaient principalement le niveau de gouvernance provincial. Par contre, les trois candidates ont expliqué que le fédéral pouvait resserrer les normes ou ajouter certains éléments dans la loi, tout en transférant de l’argent vers les provinces, pour que la vision du parti au pouvoir soit appliquée.

C’est le cas, par exemple, de la santé mentale. Le PLC veut établir une norme plus claire pour que les gens ayant des problèmes de santé mentale reçoivent des soins plus rapidement, tandis que le NPD veut élargir la loi sur la santé pour que la santé mentale en fasse partie, ce qui permettra une augmentation des transferts. Du côté du Bloc, le parti veut augmenter les transferts en santé de 6 %, dit Mme Allard, sans toutefois vouloir orienter les provinces sur l’utilisation de ce nouvel argent.

Jeunesse

Le jeune Marc-Antoine s’est également intéressé à ce qu’elles veulent faire pour les gens de son âge dans la région.

Mme Bessette veut créer un conseil jeunesse pour regrouper les jeunes et leur donner accès à la politique, ainsi que créer des événements réunissant politique et sports.

Mme Jetté a dit souhaiter que des mesures soient mises en place contre la violence et la délinquance. Elle veut mettre fin aux prêts étudiants et augmenter le nombre de bourses pour diminuer l’endettement des étudiants.

Mme Allard veut garder les jeunes en région en offrant l’option d’un train de passagers reliant Montréal à Sherbrooke, avec plusieurs gares, ce qui leur permettrait d’étudier à l’extérieur et revenir chez eux le soir.

Satisfaites

Les trois candidates ont apprécié leur rencontre électorale, qui n’était pas un débat. « C’est l’occasion de parler directement aux personnes concernées, a commenté en entrevue Sylvie Jetté, qui s’était très bien préparée. C’était d’entendre les personnes qui rencontrent des problèmes ou qui ont des inquiétudes nous en faire part. J’espère que ça pourrait les éclairer sur ce qu’on propose, chacun des partis. »

« Le milieu communautaire, je connais ça. Ça me tient à cœur, a pour sa part exposé Monique Allard. Les groupes communautaires travaillent avec peu d’argent, mais ils font des miracles. On en a besoin dans la société, comme le bénévolat. »

Quelque peu déçue de sa performance le 7 octobre à l’école Massey-Vanier, elle semblait cette fois-ci plus satisfaite. « Je n’avais pas tout à fait compris c’était quoi, la soirée [de mardi]. Je pensais qu’on serait ici pour parler de santé mentale, des gens handicapés, des problèmes que ces personnes-là ont... Et, finalement, c’était des questions plus politiques. J’avais amené des notes sur ma compréhension par rapport à ces sujets-là, mais pas la plateforme. J’ai été pris de court un peu, mais je pense que je me suis débrouillée assez bien. Mon objectif est que les gens réalisent ce que je peux faire pour eux et qu’ils me connaissent en tant que personne. »

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