Des représentants d’organismes communautaires de Granby ont manifesté mercredi après-midi devant le Centre communautaire St-Benoit.

Le communautaire en grève

« On veut des sous ! On veut des sous ! On veut des sous ! », ont scandé une trentaine de représentants d’organismes communautaires de la région de Granby, mercredi après-midi, alors qu’ils manifestaient pour revendiquer notamment une augmentation et une indexation de leur financement et un réinvestissement dans les services et les programmes sociaux.

Réunis devant le Centre communautaire St-Benoit de Granby, où ont pignon sur rue plusieurs organismes communautaires, les représentants d’organismes ont scandé une partie de l’après-midi, pancartes à la main et bravant la tempête, qu’ils voulaient plus d’argent, mais également une reconnaissance de leur apport à la société.

Des représentants de la maison des jeunes La Barak, Épilepsie Montérégie, Groupe Actions Solutions Pauvreté, Transition pour elles, la Maison des familles, Le Passant et l’Autre Versant étaient au nombre des participants.

Certains organismes étaient en grève, notamment le Centre communautaire qui a fermé ses portes toute la journée mercredi. D’autres organismes communautaires ont opté pour divers moyens de pression, que ce soit de ne pas répondre aux appels téléphoniques, de diffuser des messages sur les réseaux sociaux ou encore d’afficher des banderoles dans leurs locaux.

Ces actions s’inscrivaient dans le cadre de la Journée d’actions régionales de la campagne « Engagez-vous pour le communautaire », tenue mercredi. Ces organismes, qui sont une centaine en Haute-Yamaska et plus de 4000 au Québec, ont quatre revendications ; l’augmentation et l’indexation de leur financement, le respect de leur autonomie, la reconnaissance de leur apport à la société et le réinvestissement dans les services et programmes sociaux.

475 millions de dollars
« C’est encore le même discours. On tape encore sur le même clou et on dit encore une fois au gouvernement que pour aller rejoindre les pertes observées depuis plusieurs années, parce qu’il n’y a pas eu d’indexation, on est rendu à 475 millions de dollars par année à réinvestir. Plus on attend, plus ça augmente », explique Sylvain Dupont, directeur général de la Corporation de développement communautaire (CDC) de la Haute-Yamaska. Il ajoute que certains organismes n’ont eu aucun rehaussement ni indexation depuis 10 ans.

Une pétition de 30 000 signatures qui réclame justement au gouvernement du Québec un réinvestissement dans les organismes d’action communautaire autonome dès le prochain budget a d’ailleurs été déposée mercredi à la députée Manon Massé.

M. Dupont affirme que moins il y a d’argent, plus les services offerts à la population sont réduits. « C’est moins de soutien à la communauté qui en a besoin. Et les problèmes ne vont pas en diminuant. Ils vont en augmentant. On est certain que l’apport du communautaire est un plus pour une société. On a besoin de ce tissu social là », dit-il.

Les organismes communautaires prévoient poser d’autres actions afin d’être entendus par le gouvernement.