Une plainte avait été déposée contre la commissaire-parent Marie-Josée Cornay au sujet d’une publication Facebook prônant l’abolition des commissions scolaires.

Le Comité d’éthique rejette la plainte du commissaire-parent

Être commissaire scolaire et prôner l’abolition de son employeur ne constitue pas une faute, tranche le Comité d’éthique et de déontologie des commissaires de Val-des-Cerfs.

La commissaire-parent Marie-Josée Cornay a fait l’objet d’une enquête relativement à une publication parue sur le réseau social Facebook, le 17 janvier. Elle avait commenté « Yes, yes, yes... Oui monsieur Roberge et c’est d’une urgence capitale. Bravo ! », en partageant un article de La Presse + intitulé « La CAQ relance sa promesse d’abolir les commissions scolaires ».

Il s’agissait d’un compte-rendu d’entrevue avec le député caquiste de Chambly, Jean-François Roberge, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière d’éducation.

La plainte déposée au Comité d’éthique alléguait que Mme Cornay, qui est aussi militante à la CAQ, avait manqué à son devoir de loyauté en tant que commissaire, était en conflit d’intérêts et avait manqué de respect envers ses collègues élus.

« Surprenant »
Des accusations entièrement rejetées. « Certes, le comportement de Mme Cornay est surprenant, indique la présidente du Comité, Me Madeleine Lemieux, dans son rapport daté du 29 mai. Il est pour le moins inhabituel qu’une personne en position d’administrateur d’une organisation [qu’il est censé gérer] prône publiquement son abolition. »

« Les commissaires doivent avoir une certaine réserve », maintient de président de la commission scolaire du Val-des-Cerfs, Paul Sarrrazin.

« Toutefois, rien dans la manière de Mme Cornay d’exprimer son opinion ne peut être considéré comme un manque de respect ou de civilité à l’égard de ses collègues commissaires, poursuit-elle. Critiquer une structure ou un mode de gouvernance ne peut être automatiquement traduit comme une critique des individus qui y sont à l’œuvre. [...] L’importance du droit à la liberté d’expression et le rappel fait dans la Loi sur l’instruction publique nous amènent à devoir tolérer certaines critiques. »

Le Comité ne retient pas non plus de blâme envers les motifs de manque de loyauté et de conflit d’intérêts avancés contre la commissaire-parent élue en 2014.

« Rien ne nous indique que Mme Cornay tire quelque bénéfice ou avantage personnel de cette prise de position, dit Me Lemieux. On comprend que le plaignant puisse se sentir blessé ou trahi, mais il s’agit de positions purement politiques, sans conflit d’intérêts ni de loyauté. »

« On n’a rien réglé »
La Voix de l’Est n’a pu joindre Mme Cornay, lundi. En entrevue en avril, la psychosociologue disait prôner l’abolition des élections scolaires et plutôt une transformation des commissions scolaires afin de « donner plus de pouvoirs aux écoles ».

De son côté, le président de Val-des-Cerfs se dit satisfait du dénouement de l’enquête. « Le comité a fait son travail et analysé le dossier », dit Paul Sarrazin. Il estime cependant que le Code d’éthique des commissaires mériterait d’être resserré « parce que là, on n’a rien réglé ».

« Il faudrait regarder nos politiques. Les commissaires doivent avoir une certaine réserve. » Il dit avoir « encore de la misère » à concevoir que quelqu’un veuille « travailler dans une organisation tout en voulant l’abolir ». « Je trouve que ça reste discutable, et ça crée un sentiment de perte de confiance les uns envers les autres. »

M. Sarrazin dit ne pas être à l’origine de la plainte déposée contre Mme Cornay.