Les entraînements du club d’athlétisme Adrénaline se déroulent actuellement dans la nef de l’ancienne église Saint-Benoit, transformée en centre communautaire. Mais les dirigeants du club pourraient devoir trouver un autre toit pour l’automne prochain, alors qu’un projet de salle multifonctionnelle y est envisagé.

Le club d’athlétisme Adrénaline en manque de pistes

Le club d’athlétisme Adrénaline ne l’a pas facile. Contraint de trouver in extremis un site d’entraînement intérieur l’automne dernier, il a perdu près de la moitié de ses jeunes athlètes. Et les installations extérieures, propriété de la commission scolaire du Val-des-Cerfs, sont loin d’être optimales, déplorent des parents bénévoles du club.

Christine Nadeau affirme avoir invité à quelques reprises le conseiller municipal président du comité des sports, Stéphane Giard, à assister à un entraînement. « J’aimerais qu’il vienne voir la passion de ces jeunes-là et que les jeunes puissent dire ce qu’ils veulent et à quoi ils rêvent. Ce n’est pas différent des jeunes joueurs de hockey qui rêvent à la Ligue nationale. Il y en a qui rêvent aux Jeux olympiques », lance-t-elle.

Les entraînements se déroulent actuellement dans la nef de l’ancienne église Saint-Benoit, transformée en centre communautaire. Mais les dirigeants du club pourraient devoir trouver un autre toit pour l’automne prochain, alors qu’un projet de salle multifonctionnelle y est envisagé, confirme Sylvain Dupont, directeur général de la Corporation du développement communautaire de la Haute-Yamaska.

« On a moins de jeunes à cause de l’incertitude », déplore Christine Nadeau. Le club compte une cinquantaine d’athlètes de 6 à 17 ans. Mais ce nombre a déjà été deux fois plus élevé.

Christine Nadeau et Benoit Lord plaident pour que les jeunes athlètes du club d’athlétisme Adrénaline aient accès à de meilleures installations sportives.

Potentiel

Le club Adrénaline a eu ses quartiers durant quelques années à l’école secondaire de la Haute-Ville. Le gymnase qu’il occupait étant trop petit pour les disciplines de course de longue distance, les jeunes devaient s’entraîner dans les corridors. Ce qui a fini par déplaire, semble-t-il, à la direction de l’école.

« On a fait des démarches avec la commission scolaire et des écoles privées pour voir s’il y a des disponibilités pour des gymnases. Mais on n’est jamais priorisé. Il y a toujours des activités parascolaires qui passent avant. Il y a des possibilités d’entraînement, mais à 8 h 30, 9 h le soir, ce qui n’est pas souhaitable pour des jeunes qui vont à l’école le lendemain », dit un autre parent, Benoit Lord.

Bien que conscients des contraintes en matière de plateaux sportifs, Benoit Lord et Christine Nadeau souhaitent pouvoir collaborer avec la commission scolaire et la Ville afin d’être en mesure d’offrir de bonnes conditions d’entraînement aux jeunes. Les porte-couleurs d’Adrénaline, encadrés par un entraîneur dévoué et reconnu, Fathi Boutartour, réussissent malgré tout à se démarquer à l’échelle régionale et provinciale. Les résultats ne pourraient être que meilleurs avec des installations adéquates, font valoir les représentants du club.

« Il y a beaucoup de talents à Granby, assure Fathi Boutartour. On a des jeunes très travaillants, persévérants et qui aiment le sport. Mais, malheureusement, on part de loin pour les installations d’athlétisme dans la région ».

Il semble que l’école secondaire Massey-Vanier de Cowansville ait démontré une ouverture à accueillir le club Adrénaline, mais comme la majorité des jeunes athlètes habitent Granby, l’option n’a pas été retenue pour le moment, note Christine Nadeau.

Piste

L’école secondaire J.-H.-Leclerc est par ailleurs pourvue d’une piste d’athlétisme extérieure, où le club Adrénaline s’entraîne, mais elle aurait bien besoin de travaux de réfection. Le député de Granby, François Bonnardel, a reconnu, lors de la dernière campagne électorale, que ce plateau sportif « mériterait de l’amour ». Il s’était engagé à soumettre un dossier solide au Programme de soutien aux installations sportives et récréatives.

« On a eu un élan d’optimisme quand M. Bonnardel s’est engagé en campagne électorale en faveur de l’amélioration de la piste. Il a été question d’investissements de 2 millions $. Mais on n’a pas eu d’autres nouvelles », dit Benoit Lord.

L’attaché de presse de François Bonnardel souligne que le dossier demeure actif, mais que le conseil d’établissement de l’école doit d’abord adopter une résolution stipulant la nécessité des travaux apportés à la piste. « Quand on va avoir cette résolution-là en main, on va pouvoir la prendre et la porter au ministère de l’Éducation, qui pourra en prendre acte. Mais il faut d’abord laisser la démocratie scolaire s’exercer. On reste à l’affût de notre côté », dit Marc-André Morency.

La coordonnatrice aux communications à la commission scolaire du Val-des-Cerfs, Alexandra Langlois, soutient pour sa part que des pourparlers sont en cours « avec les députés locaux pour obtenir du financement pour ce projet bien particulier ».

Les représentants du club d’athlétisme Adrénaline croient qu’une installation remise à niveau pourrait profiter à plusieurs, à commencer par les élèves de l’école, mais aussi au club de triathlon ou au club de course Fartlek. Selon eux, l’intérêt pour la course est présent à Granby, comme en témoignent des événements annuels tels que le Demi-marathon.

Pour l’instant, l’accès aux plateaux sportifs intérieurs demeure limité, reconnaît le directeur du service de la coordination du loisir, des arts, de la culture et de la vie communautaire à la Ville, Patrice Faucher. Le conseil municipal pourrait éventuellement se pencher sur le projet d’un centre sportif multifonctionnel.

« Mais ça s’inscrira dans la planification des prochaines années », dit-il.

PAS TOUT DE SUITE, LES JEUX DU QUÉBEC

Pourquoi la Ville de Granby ne saisit-elle pas l’occasion pour accueillir les Jeux du Québec — et profiter des subventions qui les accompagnent habituellement — pour remettre à niveau ses infrastructures ?, a demandé Benoit Lord, un parent bénévole du club d’athlétisme Adrénaline, lors de la dernière séance du conseil municipal.

La tenue d’un tel événement pourrait se traduire par des gains importants pour les installations sportives locales, a-t-il relevé. Citant les exemples des villes de Thetford Mines, Alma et Drummondville, M. Lord a affirmé que ce genre d’événement ne se traduit pas toujours par un déficit.   

Le dossier a été analysé au comité des sports de la Ville, a souligné le maire Pascal Bonin. À court terme, ce projet n’est cependant pas favorisé, car il ne serait pas opportun, selon lui, d’organiser un tel événement alors que le centre-ville connaîtra trois phases de chantier, prévues entre les mois d’août et de novembre, en 2020, 2021 et 2022. 

«Je pense qu’après, le timing serait excellent pour montrer notre centre-ville au reste du Québec. Granby a tout pour offrir les Jeux du Québec. Il faut se servir de ça comme levier. Mais dans un horizon d’un, deux, trois ans, ce n’est pas souhaitable», a dit Pascal Bonin, en émettant néanmoins des réserves sur le poids que peut avoir l’organisation d’un tel événement sur les finances de la Ville.