Le CIUSSS prend des mesures exceptionnelles pour faire baisser la pression

Le CIUSSS de l’Estrie – CHUS prend les grands moyens pour réduire la pression dans ses hôpitaux. Jusqu’au 11 mars, la cadence sera réduite dans les blocs opératoires et certaines interventions non urgentes devront être reportées. D’autres mesures ont également été annoncées mercredi afin de soutenir le personnel, tout en s’assurant de maintenir la qualité et la sécurité des soins et des services à la population, a-t-on annoncé en conférence de presse, mercredi après-midi.

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Ces mesures touchent les deux hôpitaux majeurs de Sherbrooke ainsi que ceux de Granby et de Cowansville, particulièrement achalandés. Depuis les dernières semaines, l’affluence aux urgences et les besoins d’hospitalisation sont tels que le personnel a été sollicité pour des heures supplémentaires afin de répondre aux besoins.

Une série de mesures sont mises en œuvre afin de limiter le niveau d’activité dans les centres hospitaliers Hôpital Brome-Missisquoi-Perkins, Hôpital de Granby, Hôpital Fleurimont et Hôtel-Dieu de Sherbrooke.
« Les débordements dans les urgences sont symptomatiques d’un phénomène plus large, en lien avec la disponibilité des lits de courte et de longue durée dont la gestion doit se faire en adéquation entre les besoins de la population et la capacité d’accueil des hôpitaux.

« C’est ce qui nous amène à réduire le niveau d’activité de nos plateaux d’interventions chirurgicales et non chirurgicales », a poursuivi le directeur général adjoint du programme santé physique générale et spécialisée et à la mission universitaire docteur Stéphane Tremblay.  

Concrètement, on ajuste les activités chirurgicales selon les patients, on réduit les cas électifs devant être hospitalisés, on demande de réduire à un seul proche pour accompagner un malade aux urgences, on fait appel à du personnel d’autres types d’emploi pour soutenir les infirmières et on identifie des sites non traditionnels pour hospitaliser des malades.

L’évaluation se fera quotidiennement, ajoute M. Tremblay. Les personnes nécessitant des soins seront prises en charge, assure-t-il. Les mesures choisies ne mettant pas la vie de la population en danger.

Heures difficiles

Les changements sont annoncés alors que les salles d’urgence ont connu des heures très difficiles plus tôt cette semaine. Presque toute la journée de lundi, l’urgence du CHUS Fleurimont a frôlé les 200 % d’occupation avec plus de 50 patients sur civières, alors qu’il n’y en a que 28 au permis. Même situation du côté de l’Hôtel-Dieu, où près de 70 patients ont séjourné sur civière alors que l’urgence compte 44 places.

« Nous souhaitons réduire la pression et soutenir nos équipes qui font déjà preuve d’un grand dévouement envers les usagers des services », a indiqué le directeur des ressources humaines, des communications et des affaires juridiques, Gilles Michaud.


Outre le ralentissement de certaines activités non urgentes, d’autres solutions sont envisagées.
Rémi Brassard

Les embauches se poursuivent. On veut aussi réduire l’absentéisme. L’autre levier pour améliorer la situation est de réduire le volume de services offerts, dit-il.  

« Il est important de préciser que tout patient présentant une condition urgente sera pris en charge selon nos standards de pratique », a soutenu pour sa part Rémi Brassard, directeur général adjoint programmes sociaux et de réadaptation.

« Outre le ralentissement de certaines activités non urgentes, d’autres solutions sont envisagées. »
Des demandes d’augmentation de l’accès aux plages horaires ont également été demandées aux GMF du territoire. Les mesures annoncées visent à soulager des secteurs d’activités de la pression de l’ouverture de lits additionnels de courte durée sous différentes formes.  

L’annonce de ces mesures est indépendante de la situation financière de l’établissement et est prise uniquement en lien avec la capacité du personnel disponible à offrir les services de façon sécuritaire, affirment MM Tremblay, Brassard et Michaud, tout en soulignant l’exemplarité de la collaboration du personnel et de la communauté médicale de l’ensemble de l’établissement pour leur contribution exceptionnelle.

Concernant la surcharge de travail des infirmières, dont plusieurs se disent exténuées, M. Tremblay répond que des mesures ont été prises depuis la haute période d’achalandage dans les hôpitaux de la région, mais qu’on était rendu à un niveau nécessitant des mesures exceptionnelles.

Rémi Brassard, Stéphane Tremblay et Gilles Michaud.