Francis Leblanc-Aristide avait accepté d’être le chauffeur d’un trafiquant de crack et de cocaïne.
Francis Leblanc-Aristide avait accepté d’être le chauffeur d’un trafiquant de crack et de cocaïne.

Le chauffeur d’un dealer écope de neuf mois de prison

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
Être «l’homme de confiance» d’un trafiquant de drogue n’est pas une infraction légère en vertu de la loi.

Un homme de 37 ans de Granby l’a récemment appris à ses dépens. Francis Leblanc-Aristide a été condamné à neuf mois de prison pour avoir été le chauffeur d’un vendeur de crack et de cocaïne, notamment.

Les policiers lui ont mis la main au collet après avoir constaté de nombreux va-et-vient au domicile de Maxime Riendeau, rue Bouchard, en mai 2019. Le dealer de marijuana, de métamphétamines, de crack et de cocaïne avait accepté, quelques mois plus tôt, d’héberger gratuitement M. Leblanc-Aristide en échange de ses services de transport.

À un agent d’infiltration qui lui a acheté de la cocaïne, il a mentionné que l’accusé était son «homme de confiance». Maxime Riendeau sera plus tard condamné à quatre ans de prison; une arme à feu avait également été trouvée à son domicile.

Quant à Frédéric Roy, qui officiait à titre de «runner» — ou vendeur de drogue sous-traitant — pour M. Riendeau, il a récolté 20 mois de prison.

Laxisme

Le rôle joué par Francis Leblanc-Aristide étant moindre, la cour a débattu sur la peine adéquate à lui imposer.

Le tribunal a pris en compte le fait que l’accusé était repentant, bien que «plusieurs sphères de sa vie demeurent à être stabilisées», selon un rapport avant-sentence, qui mentionne un «pauvre réseau social» et «un certain laxisme sur le plan des valeurs».

Le document fait également référence à sa «fragilité» relative à la consommation de drogue, bien que M. Leblanc-Aristide dise ne pas fumer de crack.

Il a dit s’être laissé influencer et a raconté avoir connu une enfance difficile marquée par une mère surprotectrice, un père violent et un passage en famille d’accueil. Sa vie professionnelle a présenté de fréquents changements d’emplois dus à son «caractère difficile dans le cadre de ses relations interpersonnelles».

Réhabilitation

À la défense, Me Serge Michon a suggéré une peine de prison discontinue de 90 jours assortie de 240 heures de travaux communautaires, statuant que son client avait «eu sa leçon» et que son risque de récidive était somme toute «modéré».

Mais la poursuite, représentée par Me Laurence Bélanger, proposait plutôt neuf mois de prison, soulignant que le complot pour trafic de cocaïne et de crack était une infraction grave — passible de quatre ans de prison — et que l’accusé n’avait pas fait montre d’une réhabilitation «convaincante».

La juge Danielle Côté, de la Cour du Québec, a penché du côté de la Couronne. Elle a fait valoir que M. Leblanc-Aristide avait déjà des antécédents criminels et que rien ne l’avait obligé à habiter avec Maxime Riendeau ou à l’accompagner dans ses occupations illicites, puisqu’à l’époque il occupait un emploi légitime.

«Il s’agit d’un cas où les objectifs de dénonciation et de dissuasion, tant générale que spécifique, doivent être privilégiés», écrit la juge dans sa décision du 1er octobre. La magistrate a également pointé «la prolifération de ce genre de crime dans le district [judiciaire] de Bedford».