Robb Nash chante pour convaincre tout un chacun que la vie, même si elle n’a pas toujours un sens, a une valeur.

Le chanteur et conférencier Robb Nash de passage à Granby

Robb Nash avait tout pour devenir une rock star: des succès au palmarès, un lucratif contrat de disque et le monde à ses pieds. Une porte qu’il a choisi de refermer pour retourner à l’essentiel. C’est pourquoi plutôt que de chanter dans les stades, il fait la tournée des écoles secondaires, des prisons et des réserves autochtones. Robb Nash chante pour convaincre tout un chacun que la vie, même si elle n’a pas toujours un sens, a une valeur.

«Je ne sais pas encore pour qui je suis ici aujourd’hui, mais ce soir, je saurai», dit-il d’emblée aux élèves de l’École secondaire du Verbe Divin, à laquelle il s’est arrêté jeudi dans le cadre de sa première tournée en sol québécois. 

La mort hante le Manitobain depuis maintenant près de vingt ans. À 17 ans, il est victime d’un grave accident de la route, happé par une semi-remorque qui a dérapé sur une route glacée. 

Les pronostics sont alors très sombres, voire funestes. Pourtant, Robb Nash se réveille et se remet de ses graves blessures, si bien qu’il ne présente aucune séquelle apparente aujourd’hui. «Une seconde chance», dit-il.

Par la suite, le jeune homme entretient des pensées suicidaires. Une année et demie pendant laquelle Robb est en colère et perd goût à la vie.

Un jour, l’adolescent décide de canaliser ces émotions négatives à travers la musique. Il se fait remarquer par l’industrie musicale. 

En 2007, on lui offre, à lui et son groupe, un contrat de disque, qu’il finira par refuser. 


La douleur ne s’en va pas toujours et pas toujours complètement. Mais notre force ne nous quitte pas non plus. Elle est toujours là, en nous.»
Robb Nash

«Ce qui compte, ce n’est pas ce que les gens font, mais pourquoi ils le font», affirme Nash pour expliquer ce changement de cap.

Maintenant, il écrit sur son expérience, sur la vie, sur l’espoir. 

Des chansons rythmées et accrocheuses, qui attirent immédiatement l’oreille, qui s’attarde ensuite à la profondeur dans les couplets. 

«J’essaie de tirer le maximum de chaque jour qu’il me reste à vivre. Pour que chaque journée compte», témoigne-t-il.

L’intimidation, il la dénonce vertement. «On ne réalise pas toujours le poids de nos mots», lance le conférencier.

Témoignages

Après chaque spectacle, Robb Nash est disponible pour rencontrer les jeunes à qui il a louangé la vie. Simplement pour les écouter. 

L’artiste se souvient s’être produit dans une école de 600 élèves; du lot, une centaine lui avaient confié avoir eu des idées noires.

En dix ans, il a reçu plus de 700 messages d’adieu, rédigés par tout autant d’adolescents, de professeurs, de détenus et d’individus qui, après avoir entendu son message d’espoir, ont changé d’avis. 

Des lames de rasoir, bouteilles de comprimés et munitions d’arme lui ont aussi été acheminées au fil des ans, tout autant de symboles de l’irréparable qui n’aura pas été commis.

Certains ont choisi de se faire tatouer des paroles de ses chansons pour s’encourager ou pour camoufler les cicatrices d’un passé trouble.

Le chanteur, lui, portera pour toujours la signature de quelque 120 jeunes qui ont choisi la vie. 

Pour se rappeler comment on se sent quand on songe à la mort, mais aussi pour prouver à tous les autres qu’ils sont loin d’être les seuls à avoir déjà songé à en finir, dit-il. Pour lui rappeler qu’eux aussi ont changé sa vie.

«On m’a déjà dit, pour me réconforter, que la douleur finirait par partir, a lancé le conférencier aux dizaines d’adolescents pendus à ses lèvres. La douleur ne s’en va pas toujours et pas toujours complètement. Mais notre force ne nous quitte pas non plus. Elle est toujours là, en nous.»