Plutôt que d’utiliser le gymnase pour les ateliers avec ses pensionnaires, L’Envolée aura de nouvelles salles qui y seront dédiées dans son projet d’agrandissement.

Le centre L'Envolée en mode expansion

Le centre de traitement des dépendances L’Envolée, à Shefford, surfe sur la croissance depuis quelques années. Et c’est loin d’être terminé. Afin d’améliorer le confort de ses pensionnaires et l’efficacité de ses opérations, l’organisation s’apprête à lancer des travaux majeurs d’agrandissement.

L’Envolée est à un carrefour. Grossir ou stagner. Or, pas question d’opter pour l’immobilisme, a fait valoir le directeur général du centre, Nicolas Bédard. « L’été passé, on s’est assis pour évaluer nos besoins. C’est évident que l’on est à l’étroit. Puis, une de nos priorités est que nos pensionnaires aient des lieux de repos conformes à ce qui se fait dans le réseau de la santé. On n’était pas capables dans le bâtiment actuel d’ajouter des salles de bain dans les chambres. Et si on le faisait, on réduisait considérablement notre capacité d’accueil. L’expansion était la seule solution. »

En fait, les nombreux travaux qu’a dû faire L’Envolée dans la bâtisse en s’y implantant en 2011 ont quelque peu freiné son essor. « Quand on a emménagé ici, l’immeuble était plutôt vétuste. On a dû injecter beaucoup d’argent, entre autres pour refaire le système de chauffage, la toiture, l’isolation, la plomberie et l’électricité pour le rendre fonctionnel. On a fait un petit pas en arrière pour mieux avancer par la suite », a expliqué celui qui tient les rênes de l’organisation.

Trois phases
Une première étape a été franchie l’an passé. L’Envolée a alors investi près d’un demi-million de dollars pour « agrandir par l’intérieur » en ajoutant notamment des bureaux et prévoit en créer de nouveaux dans la seconde phase de travaux, dont le budget est estimé à environ 1,5 million de dollars, qui devrait être lancée en juin. « La bâtisse était conçue initialement comme un hexagone. Mais il manquait un côté. C’est ce qu’on va ajouter pour boucler la boucle », a imagé M. Bédard.

Par ailleurs, l’initiative permettra de construire 14 chambres dans le nouvel espace et d’uniformiser les autres. Toutefois, pas question d’accroître le nombre de pensionnaires, qui est actuellement de 120. « On a en ce moment 62 chambres [doubles]. Au final, on en aura 60 », a mentionné le DG. L’ajout de salles pour les activités quotidiennes du centre de thérapie est également au programme. « En ce moment, on se sert de la cafétéria et du gymnase pour des ateliers. Ça devient complexe à gérer pour y circuler étant donné la confidentialité », a indiqué Nicolas Bédard, précisant que ces salles seront mises à la disposition d’organismes de la région — les Alcooliques anonymes, entre autres.

Le bâtiment en entier sera aussi muni de gicleurs. La facture globale était évaluée à environ 200 000 $. L’Envolée a réussi à la couper de moitié, notamment grâce à l’apport de Granby Industries, qui a accepté de fournir le vaste réservoir d’eau de 115 000 litres à coût moindre. Or, M. Bédard s’est dit déçu que le centre ne soit pas admissible au programme de subvention de Québec pour l’installation de gicleurs, destiné aux résidences privées pour aînés. « Le gouvernement a balayé du revers de la main notre demande d’aide financière, a clamé M. Bédard. On nous a dit que, contrairement aux CHSLD, notre clientèle est mobile. »

La réalisation des plans a été confiée à l’équipe de l’architecte Caroline Denommée. L’ouverture de la nouvelle aile est envisagée l’automne prochain. L’ajout d’un deuxième étage au-dessus du gymnase est dans les cartons pour 2019 et viendrait compléter le projet d’ensemble.

En attente
Outre l’agrandissement du bâtiment, L’Envolée mène plusieurs projets de front. En effet, une infirmière travaille à temps plein au sein de l’établissement, de concert avec trois médecins à temps partiel, ce qui permet de désengorger le système de santé tout en améliorant le suivi auprès de la clientèle, a dévoilé La Voix de l’Est en février. « On est le plus gros centre au Québec et on a cette volonté d’innover. On est le seul établissement dans tout le réseau à avoir [ce genre d’équipe médicale]. C’est une initiative qui permet annuellement d’éviter environ 250 visites à l’urgence. C’est majeur », a alors fait valoir Nicolas Bédard.

Toutefois, L’Envolée est considéré dans le réseau de la santé comme un partenaire privé du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Estrie, au même titre qu’une résidence pour personnes âgées. Ce qui pose problème pour la rémunération des médecins et les cibles de taux d’assiduité (prise en charge) découlant de la loi 20. En fait, présentement, les médecins qui voient des patients au centre de traitement des dépendances sont payés comme s’ils les recevaient en cabinet.

Pour dénouer l’impasse, l’organisation souhaite obtenir un permis de centre de réadaptation en dépendance. Si l’on accorde cette accréditation à L’Envolée, il ferait alors partie des établissements du CIUSSS de l’Estrie. Les médecins qui y pratiquent pourraient être rémunérés au taux horaire plutôt qu’à l’acte ou via un mode de rémunération jumelant les deux. Une demande a été faite en ce sens le 15 février par Nicolas Bédard auprès du ministère de la Santé, Gaétan Barrette.

Le CIUSSS a indiqué à La Voix de l’Est que la décision de délivrer ou non ce permis incombe collectivement à la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), au ministère de la Santé puis à la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ). « Notre [nouveau] nom a été autorisé par Québec. On deviendrait le Centre de réadaptation en dépendances des Cantons-de-l’Est, a mentionné M. Bédard. Mais comme tout dossier dans le domaine de la santé, ça s’étire en longueur. Comme à l’urgence, on attend. »