Bromont s’inspire des travaux réalisés à l’église anglicane de Lévis pour son projet au centre culturel St-John.

Le centre culturel St-John en mode expansion

Le centre culturel St-John, bâtiment patrimonial emblématique de la rue Shefford à Bromont, aura non seulement droit à sa cure de rajeunissement, mais aussi à un agrandissement. La capacité d’accueil de la salle de spectacles sera alors doublée, passant de 94 à 200 places.

Les deux prochaines années seront fastes à Bromont en terme de réalisation de projets. Par ailleurs, plusieurs de ces initiatives rendront ses lettres de noblesse à l’artère principale du Vieux-Village et en périphérie. « La culture est un aspect très important à Bromont et on veut la mettre en valeur. Le centre culturel St-John et la place publique seront donc deux attraits de premier plan sur la rue Shefford », a indiqué le maire de Bromont, Louis Villeneuve.

Le projet du centre culturel se déroulera en deux phases. La première consiste à remettre en état la maçonnerie de l’ancienne église anglicane. « Ce n’est pas un choix, mais une obligation de la refaire pour éviter un effondrement », a précisé Louis Villeneuve. On parle également du remplacement de la toiture, des fenêtres et des portes. L’appel d’offres pour la phase 1 sera lancé cet hiver. L’objectif est de boucler les travaux en 2019.

La seconde étape, prévue en 2020, s’articulera autour de l’agrandissement d’environ 2500 pieds carrés du bâtiment du côté de la rue John-Savage. La réfection de la maçonnerie, qui aura au préalable été faite sur les trois autres faces de l’immeuble, sera alors complétée. L’ajout d’infrastructures permettant une meilleure accessibilité aux personnes handicapées, ainsi que la mise à niveau du système d’éclairage, des dalles et de l’isolation de l’ancien lieu de culte datant de la fin des années 1800, sont aussi dans les cartons. Les locaux administratifs seront relocalisés dans ce nouvel espace. Notons que Bromont s’inspire des travaux réalisés dans l’église anglicane de Lévis, transformée en salle de spectacles.

Campagne

Le projet d’ensemble du centre culturel St-John est estimé à près de 2,9 millions de dollars. La Ville prévoit dans son programme triennal d’immobilisations (2019-2021) des sommes totalisant environ 2,6 millions de dollars.

Le conseiller municipal Michel Bilodeau, responsable des dossiers culturels

Or, la municipalité est d’avis que le projet pourra être en partie subventionné afin de diminuer le montant à injecter. À ce chapitre, les élus ont adopté le 3 avril lors de la séance du conseil une résolution autorisant le dépôt d’une demande d’aide financière auprès d’Ottawa, via le Fonds du Canada pour les espaces culturels.

Le programme, doté d’une enveloppe de 54 millions pour la période 2018-2028, « appuie des projets de rénovation et de construction ainsi que l’acquisition d’équipement spécialisé et la réalisation d’études de faisabilité reliées aux espaces culturels ». Une nouvelle requête sera présentée par la Ville sous peu, a indiqué le directeur général Éric Sévigny.

En parallèle, une campagne de financement sera lancée en septembre 2019 pour boucler le budget. La collecte de fonds grand public sera pilotée par les Amis de la culture de Bromont, a indiqué le conseiller municipal Michel Bilodeau. « On veut vraiment se diriger vers une autonomie culturelle à Bromont, a indiqué celui qui est responsable de ces dossiers. Et on a un superbe projet pour y arriver. »

Visionnaire

Le Centre culturel St-John a célébré ses 10 ans d’existence en 2017. Rappelons que la Ville avait acquis le bâtiment patrimonial pour la somme symbolique de 1$. Des travaux de l’ordre de trois millions de dollars étaient déjà envisagés à cette époque, a fait valoir M. Bilodeau. Toutefois, aucun investissement majeur n’a été réalisé au cours de la dernière décennie.

Malgré tout, l’offre du centre culturel monte crescendo depuis son ouverture. L’organisation est donc à un moment charnière. « Les spectacles présentés sont presque toujours complets. De son côté, la Ville verse annuellement 43 000 $ pour les activités culturelles. Il y a un retour de 70 % [de ce montant] au niveau de la billetterie. Agrandir le centre culturel permettra à l’établissement de s’autosuffire financièrement dans les années suivantes », a soutenu Michel Bilodeau.

Selon ce dernier, l’étude de faisabilité « a démontré que la rénovation, la mise à niveau et l’agrandissement coûteraient 25 000 $ de moins » que la facture initiale.

« On peut donc dire que la Ville a été visionnaire dans le dossier. Sans compter que ça nous permettra de présenter des spectacles de plus grande qualité en raison des cachets que l’on pourra verser aux artistes avec 200 places. »