Même si les lieux ont encore des airs de chantiers, un premier cours pratique de la technique de génie mécanique du Cégep peut désormais être offert au Centre Notre-Dame.

Le Cégep de Granby s’installe au Centre Notre-Dame

Lentement, mais sûrement, le nouveau Centre Notre-Dame prend vie. Bien que l’endroit ait encore des allures de chantier à l’extérieur, le Cégep de Granby a offert jeudi un premier cours de laboratoire à un petit groupe d’étudiants inscrits à la formation technique de génie mécanique.

Pour l’établissement d’enseignement collégial, c’est le début d’un nouveau chapitre. « C’est la réalisation plus concrète de ce qu’on avait imaginé, de ce qu’on avait sur les plans. On est très fiers. On pense que ça va être bénéfique pour la région, pour le Cégep et pour les étudiants », a fait valoir le directeur des études, Vincent Larose.

C’est aussi une nouvelle vocation pour l’église Notre-Dame, située rue Principale à Granby, alors que les lieux ont été transformés, voire agrandis, notamment afin que les cours des techniques de génie mécanique et de génie industriel du Cégep puissent y être dispensés. Transformée en salle multifonctionnelle accessible à la population, la nef de l’ancien lieu de culte a également fait l’objet de travaux de réaménagement.

Les Granbyens seront éventuellement invités à constater les transformations à l’occasion d’une journée portes ouvertes, a déjà laissé savoir le directeur du Bureau de projets à la Ville, Daniel Surprenant.

Bien qu’un premier cours, celui de Commandes numériques, soit offert dans les nouveaux quartiers du Cégep, ce n’est toutefois pas avant l’automne que la cinquantaine d’élèves des deux techniques y effectueront officiellement leur grande rentrée, précise le directeur des études.

Le directeur des études du Cégep de Granby, Vincent Larose

Moment attendu

L’enseignant de génie mécanique Luc Cardin était tout sourire jeudi matin. Si la majorité des locaux ne sont pas encore prêts à recevoir des élèves, il en va autrement pour le laboratoire utilisé pour les cours pratiques. Les équipements d’usinage — certains conventionnels, d’autres de haute technologie — étant en place, il a pu déménager sa classe du Centre régional de formation intégré (CRIF), où les cours étaient offerts, au Centre Notre-Dame.

« C’est un avantage pour les étudiants de travailler avec de nouveaux équipements », a-t-il commenté.

Jeudi, cinq étudiants inscrits en deuxième année de techniques de génie mécanique ont ainsi été les premiers élèves à découvrir les lieux et à faire fonctionner les fraiseuses à commande numérique. « Ça fait longtemps qu’on attendait ça », a laissé tomber Gabriel Bédard, en soulignant que le projet était dans l’air depuis longtemps et que la date de la rentrée a été repoussée à quelques reprises.

« Ça fait différent. Au CRIF, il y a beaucoup d’élèves. On est plus coincés. C’est l’fun d’être les premiers à utiliser les outils », a renchéri Bastien Alarie.

Les étudiants rencontrés affirment aussi apprécier cette nouvelle proximité avec le Cégep et sa pléthore de services. Le Centre Notre-Dame est à un jet de pierre, alors que le CRIF est situé dans un autre secteur de la Ville. « Ça va plus nous donner la possibilité de faire des activités avec le Cégep, même si on est occupés. Ça va nous amener à avoir un mode de vie collégial plus standard », estime pour sa part Xavier Thériault.

Le trio s’entend pour dire que le nouvel endroit propose un environnement « propice à l’apprentissage ». « J’ai hâte que ça devienne la norme de venir ici », lance Gabriel Bédard.

Élèves recherchés

Le directeur des études du Cégep de Granby souligne par ailleurs que les nouvelles installations pourront accueillir un nombre accru d’élèves.

Pour l’heure, le nombre d’inscriptions aux techniques de génie mécanique, de génie industriel et d’électronique industrielle n’est pas assez élevé, estime Vincent Larose. Intéresser les jeunes à ces formations, qui offrent un taux de placement de 93 % et un salaire horaire oscillant entre 22 $ et 28 $ à l’embauche, représente un défi, dit-il.

« Il y a une demande criante [des entreprises] pour les diplômés de génie mécanique », glisse pour sa part l’enseignant Luc Cardin. Ces diplômés peuvent entre autres occuper des postes de concepteurs mécaniques ou de programmeurs CNC.

« On va avoir ici des équipements de haute technologie, beaucoup plus de numérique. Ça va bonifier la qualité de l’enseignement, la qualité des programmes d’études. Mais il faut que les jeunes s’intéressent à ces domaines-là. Il y a des emplois très qualifiants, qui ont de bonnes conditions de travail. Il y a des industries dans la région qui en demandent. On a tout pour que ça fonctionne, mais on souhaite que ça intéresse plus d’élèves. Et une infrastructure comme ça, c’est précieux pour le développement économique », fait valoir M. Larose.

Dans un monde idéal, la technique d’électronique industrielle sera aussi rapatriée avec les deux autres techniques du Centre Notre-Dame dans la phase deux d’un potentiel « institut technologique », qui pourrait devenir un important « pôle de recherche et développement ».

Une nouvelle construction pourrait être envisagée à proximité du Cégep. Des représentations sont effectuées afin d’obtenir le financement nécessaire pour la réalisation de ce projet, indique le directeur des études.

Pour le moment, le réaménagement de l’église Notre-Dame entraîne des coûts estimés à 13 millions $, dont neuf millions $ sont assumés par la Ville et quatre millions $ par le Cégep.