Claude Lacroix, directeur du Collège Mont-Sacré-Coeur
Claude Lacroix, directeur du Collège Mont-Sacré-Coeur

Le casse-tête derrière l’éclosion au Mont-Sacré-Coeur

Roxanne Caron
Roxanne Caron
La Voix de l'Est
Après avoir été épargné pendant près de deux mois, le Collège Mont-Sacré-Cœur de Granby fait maintenant face à une éclosion de COVID-19 où l’on recense six cas positifs. Le directeur de l’école secondaire privée, Claude Lacroix, ne cache pas le branle-bas de combat que cette situation génère.

Le week-end dernier a été fort occupé pour le directeur du Collège Mont-Sacré-Cœur à la tête de la gestion des cas dans l’établissement scolaire. Lorsque l’éclosion a été confirmée par la direction de la santé publique, dimanche, M. Lacroix s’est empressé de rédiger des lettres destinées aux parents afin de les informer du degré de contact de leurs enfants avec les personnes infectées par la COVID-19.

«Il y a une semaine et demie, je n’avais pas à gérer ça. Le fait qu’on n’avait pas de cas, ça a peut-être contribué à la situation. Comme tout le monde, quand ça va bien, on a tendance à baisser la garde», analyse-t-il.


« Au début de la pandémie, je me disais que c’était comme le verglas, que ça allait finir dans quelques semaines, mais ça n’a rien à voir »
Le directeur du Collège Mont-Sacré-Cœur, Claude Lacroix

Dès qu’un cas est déclaré au sein d’une l’école, la santé publique enclenche une enquête épidémiologique. À ce moment, le directeur de l’école doit lui fournir les plans de chaque classe, ceux des autobus, en plus de donner une liste de coordonnées pour joindre les parents.

«C’est toute une gestion de petites lettres à envoyer à des personnes différentes. Dimanche, j’ai passé 12 heures à travailler là-dessus, à fournir de la documentation et envoyer des courriels», se rappelle-t-il.

En compagnie de ses deux adjointes, M. Lacroix a eu une rencontre avec la santé publique, dimanche en fin de journée, afin de faire une mise au point sur la situation et de discuter des mesures préventives à prendre pour freiner la propagation du virus.

Ainsi, il a été choisi de retirer de l’école de manière préventive «plus d’élèves que pas assez.» «C’est plate pour les élèves et les parents, mais ça va nous aider à mettre un frein la propagation», concède M. Lacroix.

Après avoir été épargné pendant près de deux mois, le Collège Mont-Sacré-Cœur de Granby fait maintenant face à une éclosion de COVID-19 où l’on recense six cas positifs.

Les travaux d’équipe sont désormais interdits depuis lundi et pour au moins la semaine à venir. Le directeur d’école ne cache pas que plusieurs options ont été évaluées. Mais le défi est de composer avec le fragile équilibre entre la santé mentale et publique. «C’est de calculer les conséquences sur la vie des élèves», résume celui qui se qualifie comme un homme de terrain.

Un défi à tous les niveaux

Cette nouvelle réalité au sein du Collège Mont-Sacré-Cœur amène son lot de défis dans la gestion d’une éclosion. Par exemple, les plans des classes et des autobus sont cruciaux pour permettre aux enquêtes épidémiologiques de suivre leur cours. Toutefois, la réalité sur le terrain vient parfois changer la donne. Avec la pandémie, les élèves ont des places attitrées en classe et dans les autobus, mais sont-elles vraiment respectées ?

«On ne se cachera pas qu’on travaille avec des ados, lance M. Lacroix. Dans un autobus, si un élève est absent et que sa place est libre, il y en a qui vont aller s’asseoir là pendant les journées où l’élève en question est absent. Le chauffeur conduit, il ne peut pas commencer à regarder tout le temps.»

Ce genre de situation peut nuire au travail de la Santé publique et de la direction de l’école, lorsqu’un cas est déclaré positif, dit-il. Inévitablement, les élèves bougent, et ce, même dans les classes. «S’il y a un tannant dans la classe assis en arrière, c’est possible qu’on lui demande de venir en avant», donne-t-il encore en exemple.

Mais si cette personne était assise à un autre endroit que sa place attitrée, le plan de classe est biaisé et peut encore ne fois nuire quant à l’évaluation du degré de contact avec la personne contagieuse, poursuit-il.

Les professeurs doivent aussi composer avec des classes réduites. En même temps qu’ils enseignent aux élèves en présentiel, ils doivent aussi le faire avec les élèves en isolement, à travers un écran. «Pour eux, c’est tout un défi. C’est comme s’ils avaient deux classes à gérer», dit-il.

Le directeur avoue que la réalité dans laquelle lui et ses collègues sont plongés n’est pas une partie de plaisir. «Au début de la pandémie, je me disais que c’était comme le verglas, que ça allait finir dans quelques semaines, mais ça n’a rien à voir», a noté M. Lacroix.