Le premier ministre François Legault a vanté les mérites des futurs projets pilotés par le C2MI, qui devraient notamment générer 700 «emplois payants» au cours des cinq prochaines années.

Le C2MI de Bromont au coeur de projets totalisant 160 M$

Le centre de recherche en microélectronique (C2MI) de Bromont fourmillera plus que jamais au cours des prochaines années. Le premier ministre, François Legault, était de passage vendredi dans l’établissement pour annoncer une aide financière s’élevant à plus de 26 millions de dollars. Cette enveloppe, jumelée à l’apport du privé, doit permettre à des dizaines de projets en haute technologie de voir le jour, générant ainsi des centaines d’emplois.

François Legault souhaite voir s’estomper l’écart entre le Québec et plusieurs autres provinces canadiennes, notamment l’Ontario, ainsi nos voisins du Sud, en terme de richesse par habitant. Des projets comme ceux que proposent le C2MI et ses partenaires figurent parmi les solutions. « Le défi, c’est de créer des emplois payants », a fait valoir le chef de la Coalition avenir Québec en point de presse.

Comme l’avait dévoilé La Voix de l’Est la semaine dernière, le C2MI s’est démarqué dans le cadre d’un appel de projets dans « des secteurs d’innovation stratégiques pour le Québec », lié au Plan économique de mars 2018, doté d’une enveloppe de 60 millions. Le ministère de l’Économie et de l’Innovation accorde ainsi 26 750 000 $ au centre de recherche, soit un peu plus de 5,9 millions en 2018-2019 et près de 21 millions l’année suivante. 

Selon le C2MI et ses partenaires, cette somme servira à mettre de l’avant une centaine de projets, dont les investissements globaux sont estimés à plus de 160 millions. Ces initiatives généreront 700 emplois d’ici cinq ans, dont la moitié en Estrie puis en Montérégie. « C’est un très bon deal pour le gouvernement », a lancé François Legault, réitérant qu’il « veut voir exploser » les investissements des entreprises au cours des années à venir.

Le maire de Bromont, Louis Villeneuve­, voit notamment cette nouvelle d’un très bon œil pour l’essor de la région. « Le C2MI rayonne à grande échelle. Et quand on pense à 700 emplois bien rémunérés, c’est de très bon augure pour attirer de nouveaux citoyens. »

Collaboration

Le C2MI est aux antipodes du travail en silo. On compte parmi les principaux partenaires du centre de recherche Teledyne Dalsa, spécialisée dans les semi-conducteurs, IBM et l’Université de Sherbrooke. D’ailleurs, au cours de 2018, 130 étudiants dans la sphère des hautes technologies y ont été formés. En huit ans, l’organisation a bouclé une centaine de projets. L’aide financière de Québec permettra d’accentuer la cadence, a indiqué le directeur général du C2MI, Normand Bourbonnais. 

Ainsi, 93 initiatives issues d’une trentaine d’entreprises ou organismes devraient bénéficier de la subvention accordée par le gouvernement provincial. Celles-ci seront déposées au cours des prochaines semaines et leur réalisation s’échelonnera sur un à quatre ans. 

« Chacune des compagnies va identifier des projets qui demeurent extrêmement importants pour elles et qu’elles mettront de l’avant dans un but commun. Les chercheurs du C2MI aborderont ces projets de façon à pouvoir donner à l’industrie toute la connaissance pour la technologie qui sera développée en leur nom », a résumé en entrevue M. Bourbonnais. On parle notamment de projets dans les sphères de l’aérospatial, du transport, de la santé et des « industries 4.0 ».

La répartition de l’enveloppe consentie par Québec sera assujettie à plusieurs critères. « L’aide variera entre 10 % à 20 % [du budget global] en fonction de la création d’emplois et de nouvelles chaînes d’intégration », a mentionné le grand patron du C2MI. Les innovations permettant d’accroître la productivité seront aussi au cœur des priorités, a-t-il ajouté. De son côté, le centre de recherche injectera 1,5 million pour l’achat de nouveaux équipements de pointe, s’ajoutant à la panoplie qu’il possède déjà, dont la valeur globale s’élève à 170 millions.