Le maire Louis Villeneuve et ses collègues du conseil municipal de Bromont ont été interpelés au sujet de spectacles de chansonniers tenus sur la terrasse avant du Bistro le 633, ce qui a relancé un dossier qui semblait clos depuis juin.

Le bruit au Bistro 633 fait encore jaser

Le bras de fer entre le Bistro 633 et son voisinage semble reprendre de la vigueur, moins de deux mois après la conclusion d’une entente à l’amiable concernant le bruit provoqué par les spectacles extérieurs tenus sur la terrasse arrière du restaurant. Une citoyenne a dénoncé, lundi à la séance du conseil municipal de Bromont, que le restaurateur ait tenu des spectacles acoustiques cette fois-ci sur la terrasse située à l’avant du bâtiment les dimanches soirs.

Florence Hupin, l’une des personnes qui s’étaient plaintes du son occasionné par les spectacles extérieurs avant l’isolation de la terrasse arrière, est revenue devant le conseil pour questionner les élus sur la tenue de ces représentations.

« Ça m’attriste d’être ici encore ce soir pour parler de ce dossier-là, a-t-elle dit à la toute fin de la période de questions. On a fait de la médiation avec le propriétaire [Luc] Viens. Ça a donné des résultats positifs et, là, on apprend qu’il y a une nouvelle terrasse à l’avant. On avait des spectacles les jeudis, vendredis et samedis à l’arrière et, là, il ajoute des spectacles à l’avant le dimanche. »

Mme Hupin a accusé le conseil de fermer les yeux sur la situation irrégulière du Bistro 633, alors que seule la terrasse arrière détient un permis de spectacles. Or, c’est la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ) du Québec qui fait autorité dans ce domaine, et non la Ville de Bromont, ont rappelé le maire Louis Villeneuve et la greffière Me Catherine Nadeau.

Une demande de permis pour la terrasse avant devrait d’abord passer par la RACJ avant de se rendre à la municipalité. S’il n’y a pas eu de demande, la Ville n’a pu être consultée, a expliqué M. Villeneuve.

Apprenant la tenue de spectacles devant ce restaurant, le maire de Bromont a devancé les plaintes et demandé à ses collègues du conseil ainsi qu’au directeur général de marcher dans la rue Shefford pour se faire une tête, dimanche dernier. Il n’avait toutefois pas eu l’occasion de colliger leurs opinions au moment de l’intervention de Mme Hupin, qui n’a pas répondu à notre demande d’entrevue.

« La première des choses que je veux savoir, c’est : est-ce que, dans un centre villageois où on veut avoir un peu d’action, c’est acceptable ou non [de tenir des événements comme ceux-ci] ? Si ce n’est pas acceptable, ça va être très clair, il n’y aura rien sur aucune terrasse à Bromont », a tranché Louis Villeneuve.

Pour un cœur villageois vivant
Luc Viens a publié sur la page Facebook du Bistro 633 un message dans lequel il annonçait l’annulation de tous les spectacles du dimanche jusqu’à ce qu’il obtienne un permis. « J’invite tous ceux et celles qui ne sont pas d’accord avec notre voisinage de m’écrire en privé et je vous guiderai sur les actions à porter pour nous être utile », a-t-il conclut.

« À un moment donné, ça va prendre des représentations [en faveur du] noyau villageois pour dire ce qu’on veut comme centre-ville, comme animation », a-t-il ajouté en entrevue pour préciser sa pensée.

M. Viens souhaite que Bromont se taille une place de choix en tant que destination gourmande, et plus particulièrement en soirée.

Il aimerait d’ailleurs que d’autres restaurateurs fassent comme lui et offrent de la musique en direct, ce qui attirerait, selon lui, plus de gens dans la rue Shefford.

« S’il y avait cinq restaurants qui avaient de la musique en direct jusqu’à 21 h 30, 22 h, je suis pas mal certain que les boutiques resteraient ouvertes plus longtemps. [...] Et ici, on ne parle pas de clubs qui sont ouverts jusqu’à trois heures du matin avec une discothèque, mais plutôt de chansonniers. »

Luc Viens reconnait toutefois ne pas avoir de permis pour tenir des spectacles sur la terrasse avant de son bistro. Il plaide cependant que la tenue des spectacles à cet endroit avait été suggérée par des citoyens mécontents de la médiation. M. Viens a également été influencé par le manque de personnel auquel il fait face depuis deux ans, la terrasse arrière nécessitant un plus grand nombre d’employés.

L’homme d’affaires se dit attristé par la tournure des événements. « Je n’ai jamais été de mauvaise foi. On dirait que c’est une affaire personnelle. [...] Pour tout de suite, on a décidé de ne pas créer un autre conflit et de ne pas continuer la programmation musicale sur la terrasse avant. »

M. Viens complétera néanmoins une demande de permis dans les jours qui viennent.