Aux yeux du député bloquiste de Saint-Hyacinthe-Bagot, Simon-Pierre Savard-Tremblay, le système de la gestion de l’offre devrait non seulement être défendu, mais aussi promu et célébré.
Aux yeux du député bloquiste de Saint-Hyacinthe-Bagot, Simon-Pierre Savard-Tremblay, le système de la gestion de l’offre devrait non seulement être défendu, mais aussi promu et célébré.

Le Bloc veut protéger la gestion de l’offre coûte que coûte

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Selon le Bloc québécois, la gestion de l’offre n’est rien de moins qu’une «monnaie d’échange lors de négociations» de libre-échange aux yeux du gouvernement, alors qu’il importe plutôt de la protéger au bénéfice de l’industrie canadienne.

C’est pourquoi le parti, soutenu par l’Union des producteurs agricoles (UPA), milite pour l’adoption rapide du projet de loi C-216, qui vise à éviter que d’éventuels accords commerciaux ne viennent affaiblir une fois de plus le système de la gestion de l’offre en épinglant celui-ci dans les priorités légales du ministre des Affaires étrangères et du commerce international.

Plus précisément, le projet de loi, s’il était adopté, interdirait au ministre d’entériner une entente de libre-échange qui aurait pour effet de moduler les contingents tarifaires (tarifs douaniers) des produits laitiers, de la volaille ou des oeufs en défaveur des producteurs canadiens.

Aux yeux des députés bloquistes de Saint-Hyacinthe-Bagot et de Shefford, Simon-Pierre Savard-Tremblay et Andréanne Larouche, les producteurs québécois ont perdu au change lors des dernières négociations entourant les ententes commerciales avec les États-Unis, le Mexique et l’Union européenne, entre autres.

«Les précédentes brèches dans la gestion de l’offre font en sorte que nos producteurs n’ont tout simplement plus de marge de manoeuvre», a souligné M. Savard-Tremblay lors d’un entretien téléphonique avec La Voix de l’Est.

Les élus calculent que ces accords de libre-échange, en plus de ne pas atteindre leurs cibles, priveront désormais les producteurs laitiers canadiens de 450 millions de dollars chaque année. «Pour l’ensemble des productions et de la transformation sous la gestion de l’offre, on est donc clairement au-dessus du demi-milliard de dollars», a relevé Mme Larouche.

«Une fois au pouvoir, le nouveau gouvernement s’engage toujours à ne pas faire comme son prédécesseur, mais il finit toujours par sacrifier nos producteurs en cédant des parts de quotas», a déploré M. Savard-Tremblay, pour qui non seulement le système de la gestion de l’offre devrait être défendu, mais aussi promu et célébré.

«L’agriculture, à mes yeux, n’est pas un secteur de l’économie qui doit être traité comme les autres. La sécurité et la souveraineté alimentaire, c’est ce qui remplit nos frigos, a-t-il martelé. On a besoin de nos producteurs agricoles trois fois par jour: leur apport devrait être intouchable et sacré.»

Des compensations longuement attendues

La fin de semaine dernière, la ministre de l’Agriculture, Marie-Claude Bibeau, a annoncé le versement de nouvelles compensations totalisant des centaines de millions de dollars aux producteurs laitiers, de volaille et d’oeufs, des chèques attendus depuis longtemps.

Le tout est cependant insuffisant aux yeux du député Savard-Tremblay, qui souligne que les transformateurs sont les grands oubliés de cette annonce, qui ne couvre pas les pertes engendrées par la renégociation de l’ALENA devenu maintenant l’AEUMC.

«On ne se plaindra pas que le gouvernement agisse enfin, mais les modalités du programme de compensations n’ont pas encore été déterminées, a-t-il rappelé, prudent. Dans le cas des producteurs laitiers, qui ont déjà touché une partie de leur indemnité, le délai entre l’annonce et le versement de l’argent a été très long. Et ils ont été loin d’être compensés à la hauteur de leurs pertes.»

«Le gouvernement avait donné sa parole de ne pas toucher à la gestion de l’offre : il l’a mise aux enchères et il a perdu. Nous continuerons sans relâche à questionner le gouvernement, et à mettre la pression nécessaire pour que les compensations soient finalement budgétées et octroyées, telles que promises. Il en va de la survie de notre modèle agricole», a renchéri sa collègue de Shefford.