Le PDG de NXTSENS, Charles Allan, a pour objectif de commercialiser My01 d’ici la fin de 2019.

Le biocapteur My01 ouvre de nouveaux horizons pour le monde médical

La jeune entreprise Myo1 inc., filiale de NXTSENS, s’apprête à métamorphoser l’univers médical en lançant un appareil muni d’un biocapteur unique développé en collaboration avec le centre de recherche en microélectronique de Bromont.

Chaque année en Amérique du Nord, près d’un demi-million de personnes victimes d’accidents traumatiques se présentent à l’urgence avec le risque d’être affectés par le syndrome des loges (SDL), qui consiste en une inflammation musculaire importante. C’est à ce moment que My01 intervient, celui-ci étant le seul outil fiable de détection et de suivi du SDL mis au point à ce jour.


«  Tout au long de ma carrière, j’ai regretté l’absence d’un outil fiable capable de diagnostiquer le syndrome des loges.  »
Dr Ed Harvey, chirurgien traumatologue à l’Hôpital général de Montréal

En effet, si le diagnostic n’est pas établi rapidement et que la victime n’est pas opérée dans les six heures suivant l’accident, des lésions nerveuses irréversibles peuvent survenir. Cela peut même mener à l’amputation si aucune intervention n’est pratiquée dans un délai de 12 heures, indique le président-directeur général de NXTSENS, Charles Allan.

NXTSENS a travaillé de concert avec le C2MI de Bromont au cours de la dernière année pour améliorer la performance et l’assemblage du capteur de l’appareil.

Le projet, qui a nécessité un investissement de « plusieurs millions de dollars », a pris naissance en 2015. Le jeune homme d’affaires terminait alors sa maîtrise en bioélectricité. « My01 a commencé comme un prototype. L’Université McGill avait de l’intérêt pour pousser [l’initiative] encore plus loin. Ça a pris beaucoup de développement pour arriver avec une version que l’on pourrait commercialiser. »

Il y a environ un an, NXTSENS, établie à Montréal, a commencé à travailler de concert avec le centre de recherche en microélectronique de Bromont (C2MI) afin d’améliorer les performances et l’assemblage de l’appareil. « Les choses ont vraiment progressé rapidement grâce au C2MI », fait valoir l’entrepreneur.

Simple et efficace

Le Dr Ed Harvey, chirurgien traumatologue à l’Hôpital général de Montréal, affilié au Centre universitaire de santé McGill, a été au cœur du projet de développement de l’appareil novateur. « Tout au long de ma carrière, j’ai regretté l’absence d’un outil fiable capable de diagnostiquer le syndrome des loges. Tous les services d’urgence aux quatre coins du monde sont confrontés au quotidien à ce problème. En tant que chirurgiens traumatologues, nous devons alors nous fier à des données subjectives telles que la douleur ressentie par le patient, explique-t-il. Et cela entraîne un trop grand nombre d’opérations simplement pour limiter les risques des cas graves. »

En fait, My01 est équipé d’une aiguille munie d’un biocapteur qui permet de mesurer la pression musculaire. On insère la fine tige métallique dans le muscle comme si l’on faisait une perfusion intraveineuse. Une fois l’appareil installé et activé en quelques secondes, les données sont acheminées à un serveur et sont accessibles via une application mobile. Le personnel médical peut ainsi faire d’autres tâches tout en suivant le patient à distance, en temps réel. « L’idée, c’est qu’avec ce capteur, on peut avoir une meilleure qualité et une quantité de services dans les hôpitaux », mentionne le PDG de NXTSENS.

Étude clinique

Une étude clinique sera réalisée l’été prochain dans deux établissements afin de valider l’efficacité du biocapteur : l’Hôpital général de Montréal et l’Hôpital Sacré-Cœur. Le même exercice sera ensuite répété à l’échelle pancanadienne quelques mois plus tard dans le but d’obtenir l’aval de Santé Canada pour la commercialisation. « C’est un long cheminement, concède Charles Allan. Mais les efforts en valent la peine. On est très excités de pouvoir mettre le produit à la disposition de tous les médecins. » D’ailleurs, l’ajout de multiples fonctionnalités au biocapteur est aussi dans les cartons. Ce dernier pourrait notamment détecter les taux de sucre et d’oxygène dans le sang des patients. Idem en ce qui concerne le pH.

L’objectif est de mettre My01 en vente d’ici la fin de 2019, soutient le patron de NXTSENS. Outre le Canada, l’Europe et les États-Unis sont les principaux marchés ciblés avant d’ouvrir les vannes. « On a des chirurgiens intéressés par notre produit à travers le monde, dit Charles Allan. Le potentiel est énorme. »