On compte à ce jour 144 personnes infectées entre les murs du CHSLD Villa-Bonheur à Granby.
On compte à ce jour 144 personnes infectées entre les murs du CHSLD Villa-Bonheur à Granby.

Le bilan s’alourdit à Villa-Bonheur

Jean-François Guillet
Jean-François Guillet
La Voix de l'Est
La situation continue de s’envenimer au centre d’hébergement Villa-Bonheur de Granby, aux prises avec une virulente éclosion de COVID-19. Le virus a fauché la vie de quatre résidents de l’endroit, ce qui porte le total à neuf victimes, a indiqué la Santé publique, mardi. À cela s’ajoutent 10 employés ayant contracté le coronavirus, portant le bilan global à 144 personnes infectées à ce jour.

Depuis le début de la pandémie, le CHSLD Villa-Bonheur avait été épargné de cas de COVID-19. La seconde vague a toutefois frappé de plein fouet l’établissement. L’éclosion qui s’y est déclarée il y a à peine quelques semaines a rapidement pris une ampleur inattendue. Au point où le CIUSSS de l’Estrie a dû adopter une série de mesures draconiennes. Notamment l’interdiction de visites de proches aidants durant au moins une semaine, soit jusqu’au 11 décembre. La démarche a nécessité une dérogation approuvée par Québec.

À l’interne, rien ne va plus. Une soixantaine de membres du personnel sont tombés au combat jusqu’ici. Et rien n’indique que la cadence va diminuer. Une employée témoigne du désarroi généralisé. «Ça ne va pas bien. Selon moi, c’est entre autres dû au fait qu’on n’a même pas de masques adéquats. Nous n’avons que des masques de procédure, aucun masque de type N95 n’est disponible pour les employés. La peur au ventre? Je l’ai», a confié à La Voix de l’Est une membre expérimentée de l’équipe.

«Plus ça va, plus les employés tombent malades. Je suis consciente que la direction du CHSLD Villa-Bonheur ainsi que les plus haut placés font ce qu’ils peuvent. J’ai juste à voir ma coordinatrice, Sylvie Fournier, partir vers 23h00, pour savoir qu’elle fait ce qu’elle peut et non ce qu’elle voudrait, témoigne-t-elle. Depuis 20 ans, avec les coupures, les remaniements effectués en santé, je me doutais que ça finirait tôt ou tard par nous sauter dans la face, une éclosion du genre. La job, nous, les employés du CHSLD Villa-Bonheur, on est prêt à la faire. Mais qu’on nous donne les outils nécessaires afin qu’on puisse effectuer notre travail de façon efficace et sécuritaire.»

De leur côté, tant la Santé publique que le CIUSSS de l’Estrie affirment que la ventilation et les équipements de protection fournis aux employés respectent les normes en vigueur.