Pour avoir du plaisir et ne pas avoir de regret, mieux vaut respecter ses limites.

Le b.a.-ba du party de Noël

La date est fixée, les vêtements sont choisis. Aussi incontournable que la neige en hiver, le party de Noël revient chaque année... pour le meilleur et pour le pire. Petit rappel de ce qu’il faut faire — et éviter — pour une soirée réussie.

Spécialiste dans l’organisation d’événements, Frédéric Laflamme en connaît un bout sur les partys de Noël. Pour que la fête soit un succès, le président de l’Agence Lion ne jure que par un mot : animation. « Le premier ingrédient, c’est un bon animateur que les gens apprécient, qu’ils écoutent et qui les fait participer. »

Qu’il s’agisse d’un grand groupe ou d’un petit, l’animation et le jeu sont généralement synonymes de plaisir. « La formule de jeu par table est toujours gagnante. Ainsi, on s’assure que les gens ne sont pas juste assis à manger. »

Les thématiques qui incitent les gens à se costumer ont aussi du succès, constate-t-il. 

Il importe également d’organiser la fête selon le profil du groupe, tout en veillant à proposer des activités variées. On peut bien sûr offrir une piste de danse, explique M. Laflamme, mais aussi une table de casino ou de ping-pong à ceux qui n’ont pas le pied dansant. Une bonne façon de ne pas laisser des invités bayer aux corneilles, tandis que les autres s’éclatent sur Night Fever.

Pas les moyens ou l’espace pour fournir tout cet attirail ? Les jeux de société et les quiz ont toujours la cote pour faire lever le party, assure M. Laflamme.

Quant à l’alcool, ce dernier laisse entendre que les entreprises sont de plus en plus sensibilisées au problème. « Plusieurs ne donnent qu’un ou deux coupons de consommations. Certaines fournissent des alcootests, d’autres ont des chauffeurs désignés. Et on mentionne régulièrement l’existence de services de raccompagnement au cours de la soirée. »

Le revers de la médaille

Flirts, gestes déplacés, propos inappropriés et même parfois agressifs... Les partys de bureau peuvent aussi devenir le théâtre d’incartades qu’on regrette le lendemain, fait pour sa part remarquer la psychologue, conférencière et coach d’affaires, Pierrette Desrosiers. 

« Il y a un dicton qui dit que l’occasion fait le larron. C’est vrai ! » L’ambiance euphorique, les lumières tamisées, les invités sur leur 36, l’alcool, la fatigue... tous les éléments sont rassemblés pour créer tout un cocktail, croit-elle.

Sa solution pour éviter certains dérapages : la présence des conjoints pour venir tempérer les choses. « Les infidélités surviennent souvent dans les partys de bureau. Oui, ça peut créer une ambiance plus tranquille avec les conjoints, mais ça peut aussi limiter les dégâts. Les statistiques sont là. » Des propos appuyés par Frédéric Laflamme. « Disons que ça apporte une certaine stabilité. »

D’autant plus que l’avènement des téléphones cellulaires et des réseaux sociaux rendent les choses de plus en plus publiques... 

Que ce soit à caractère sexuel ou non, ces dérapages peuvent être lourds de conséquences au sein des entreprises. Et le malaise profond. « Je suis déjà intervenue dans une institution financière où on a dû déplacer des gestionnaires en raison de leurs agissements. Ce n’est pas banal, insiste la thérapeute. Les dommages collatéraux peuvent survivre longtemps au party de bureau. »

À la base, rappelle-t-elle, de telles fêtes ont pour but de développer une culture d’entreprise forte, un climat positif et non le contraire.

Selon Mme Desrosiers, les organisations — petites et grandes — ne doivent donc pas prendre cela à la légère. Elle y va de ces quelques conseils. « Il faut limiter l’alcool. L’époque des “bars open”, c’est fini. On peut aussi désigner des personnes pour assurer le bon déroulement de la soirée et éviter les dérapages. Je suggère également aux organisations d’aviser les employés de ses politiques et d’avoir une éthique claire. Mais il ne faut pas oublier que tout le monde est responsable de ses gestes », dit-elle.

La récente vague de dénonciation de gestes à caractère sexuel dans toutes les sphères de la société fera-t-elle réfléchir davantage les gens cette année ? « Bonne question. Chaque individu doit se connaître et éviter de se mettre dans une mauvaise position. »

Et si malgré toute la bonne volonté, on a un peu dépassé les bornes ? Que nos propos ont vexé quelqu’un ? « On fait son mea culpa de façon sincère. On ne tarde pas à s’excuser. »