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L’avenir du centre John-Sleeth est encore incertain, mais ce sujet a enflammé les groupes Facebook réunissant les Suttonnais.
L’avenir du centre John-Sleeth est encore incertain, mais ce sujet a enflammé les groupes Facebook réunissant les Suttonnais.

L’avenir du centre John-Sleeth toujours incertain, malgré les rumeurs

Cynthia Laflamme
Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est
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L’avenir du centre culturel et communautaire John-Sleeth, à Sutton, a rarement fait autant parler que dans les derniers jours. Plusieurs citoyens inquiets de voir disparaître la première école de Sutton ont remis ce dossier à l’avant-plan.

Ce qui semble avoir ravivé les ardeurs, ce sont des rencontres de travail tenues entre les représentants de la Ville et des cinq organismes logés à cette adresse. Des informations auraient coulé de ces rencontres.

Les cinq organismes — le Centre d’action bénévole de Sutton, la galerie Arts Sutton, la Bibliothèque Sutton Library, le Jardin d’enfants de Sutton et la Maison des jeunes de Sutton — ont appris qu’ils devront être relocalisés d’ici septembre 2021. Certains citoyens ont donc cru qu’une décision avait été prise concernant l’avenir du bâtiment sans consultation publique.

«Depuis au moins novembre dernier, les organismes sont conscients qu’il y a des démarches de relocalisation en branle, explique le directeur général de Sutton, Me Pascal Smith. Présentement, le conseil municipal a émis l’orientation que les organismes devaient quitter le bâtiment pour septembre. Le bâtiment est dans un état... difficile.»

Le fait que des élections seront tenues quelques semaines plus tard n’a pas joué dans la décision du conseil puisque la situation doit évoluer rapidement, dit-il.

Si le bâtiment doit être rénové, les rénovations seront importantes et longues et nécessiteront qu’aucun locataire ne s’y trouve. Les locataires devront sans équivoque être relocalisés si le centre John-Sleeth doit être démoli puis reconstruit. C’est la raison pour laquelle une relocalisation est demandée aussi rapidement.

«Aucune décision n’a été prise jusqu’à maintenant sur l’avenir du centre, assure le DG. Le conseil a toujours gardé la ligne directrice que les citoyens allaient être consultés.» Information confirmée par des conseillers municipaux.

Six mois pour déménager

Les locaux vacants pouvant accueillir ces organismes sont peu nombreux. La Ville a proposé quelques options de locaux lui appartenant ou loués par des propriétaires privés, mais rien n’est coulé dans le béton encore.

Pour Louise Hawley, une citoyenne inquiète de l’avenir du centre John-Sleeth, ces démarches sont précipitées.

«À un moment donné, on avait entendu dire que la Ville allait acheter le 1, rue Principale Sud, mais finalement c’est tombé à l’eau. Ça aurait été parfait pour tout le monde, souligne celle qui fait partie du conseil d’administration de la bibliothèque. Là, on est cinq organismes qui doivent se trouver rapidement un endroit pour se relocaliser. Je prône que tout soit arrêté tant qu’il n’y aura pas eu consultation. Avec la COVID-19, ce n’est pas possible de consulter.»

Selon elle, l’option de relocalisation proposée par la Ville pour la bibliothèque ne convient pas.

Me Smith indique que les scénarios sont toujours à l’étude et en discussion et que rien n’est coulé dans le béton.

L’école Sutton Academy a accueilli ses premiers élèves en 1887.

Des documents seront divulgués

Le manque de transparence a également ajouté de l’huile sur le feu dans les derniers mois. Malgré les demandes répétées, les citoyens ont été incapables de consulter les rapports d’ingénieurs réalisés dans les dernières années pour connaître le véritable état de l’immeuble.

Louise Hawley fait partie de ces citoyens qui demandent à voir les analyses faites par les ingénieurs et un architecte, mais aussi à consulter le rapport de la firme Patri-Arch sur la valeur patrimoniale des lieux.

La Ville évoquait l’an dernier le secret professionnel pour ne pas donner accès à ces documents et à l’évaluation de la valeur patrimoniale du bâtiment, selon une réponse qu’a reçue un demandeur et dont La Voix de l’Est a obtenu copie.

«Le droit au secret professionnel est un droit qui appartient au client et non à l’ingénieur», indique Patrick Leblanc, conseiller sénior en affaires publiques pour l’Ordre des ingénieurs du Québec. La décision appartenait donc à la Ville de ne pas rendre public le dernier rapport.

Toutefois, la direction générale a changé. Et le nouveau DG est «d’opinion qu’on doit publier ces informations-là, annonce-t-il en entrevue. Le bénéfice du secret professionnel appartient au client. Le client est la ville, alors on peut prendre la décision de diffuser ces informations-là sans enjeu. Il arrive que l’information soit conservée de façon à favoriser le processus décisionnel. Dans ce cas-ci, ce qui va favoriser le processus décisionnel, c’est de divulguer l’information.»

Il ne peut toutefois pas préciser les documents exacts qui seront rendus disponibles pour l’instant, mais la divulgation se fera la semaine prochaine.

L’école a été agrandie à une première reprise en 1922 afin d’y ajouter des classes, une salle à manger et une bibliothèque.

Patrimonial ou non ?

L’édifice principal du centre John-Sleeth a été construit à partir de 1885 et a accueilli ses premiers élèves anglophones en 1887, relate Héritage Sutton. Ces élèves recevaient auparavant leur enseignement au deuxième étage de l’hôtel de ville.

L’école a d’abord été nommée Sutton Model School avant de prendre le nom de Sutton Academy six ans plus tard. De nouvelles classes, une salle à manger et une bibliothèque ont été ajoutées en 1922. L’agrandissement respectait l’architecture d’origine.

L’école a été convertie en école élémentaire francophone dans les années 50. Quelques années plus tard, un gymnase s’est ajouté. Celui-ci n’est pas du même style architectural et comporte moins d’intérêt patrimonial.

En 1986, les élèves francophones ont quitté l’endroit pour partager la même école que les anglophones. Le centre a alors pris une vocation communautaire.

«Même si on n’a pas le rapport d’évaluation patrimonial du noyau villageois, on sait que la firme Patri-Arch a donné une valeur patrimoniale bonne au centre. Ça ne permet pas d’avoir des subventions du ministère de la Cuture, rapporte la présidente d’Héritage Sutton, Jeanne Morazain. C’est clair que, situé en plein cœur du village, c’est un édifice qui a une dimension historique certaine, mais qu’on a laissé se détériorer. Ça fait des dizaines d’années qu’on dit qu’il faut l’entretenir.»

Pour l’instant, l’organisme ne se prononce pas sur la situation, mais demande à ce que les documents soient rendus publics au même titre que les Suttonnais.