La directrice générale du SERY, Joanne Ouellet, et la présidente du SPSCE, Sophie Séguin, espèrent qu’une partie de l’argent pourra servir à sauver la clinique d’accès de Granby.

L’avenir de la clinique d'accès demeure incertain

Malgré les 35 M$ que recevra le CIUSSS de l’Estrie afin de diminuer les iniquités de financement entre les régions, rien n’assure la survie à long terme de la clinique d’accès de Granby.

« La clinique d’accès ne fermera pas tant que le CIUSSS et les médecins n’auront pas trouvé une piste de solution pour répondre aux 3500 patients qui sont sur ce guichet », lance catégoriquement le député de Granby, François Bonnardel.

« On a eu cette semaine une très longue rencontre avec le CIUSSS et on a passé au travers de pas mal de sujets, notamment celui de la clinique » précise le député.

Il rappelle que près de 10 000 patients dans la région sont en attente de voir un médecin, selon les chiffres du ministère de la Santé. « C’est hors de question qu’on mette encore plus de pression sur l’urgence ».

Trop tôt pour savoir
La présidente-directrice générale du CIUSSS, Patricia Gauthier, précisait jeudi en conférence de presse à Sherbrooke que l’argent devrait servir à « stabiliser le personnel ».

La conseillère en communication du CIUSSS, Geneviève Lemay, précise toutefois qu’il est « trop tôt pour savoir comment il sera utilisé » et que le CIUSSS « est en réflexion pour savoir où l’argent sera injecté ». Elle rappelle que des discussions avec le ministère sont présentement en cours quant à l’avenir de la clinique.

Vendredi, la présidente du syndicat des professionnelles en soins des Cantons-de-l’Est (SPSCE-FIQ), Sophie Séguin, n’a pas reçu de nouvelles informations concernant l’avenir du personnel à la clinique d’accès. Ainsi, l’abolition du poste d’infirmière de la clinique, prévue à la fin juin, demeure en vigueur.

Du côté du CIUSSS, on croit que le problème de la clinique d’accès prend plutôt racine dans « un manque de disponibilité des médecins, et non dans le financement de la clinique », selon les mots de Mme Lemay.

Un constat partagé également pour la présidente du SPSCE qui soutient que plusieurs urgentologues ont quitté la région, ce qui serait à l’origine du manque de personnel à l’urgence et à la clinique d’accès. Pour Mme Séguin, la sauvegarde de la clinique passe par l’embauche d’une super-infirmière.

« J’espère qu’ils pourront nous donner un coup de pouce avec 35 M$ », s’est exclamée quant à elle la directrice générale de Solidarité ethnique régionale de la Yamaska (SERY), Joanne Ouellet qui n’avait pas plus d’informations quant à la survie de la clinique. Son organisme est propriétaire du bâtiment sur la rue Saint-Jacques abritant la clinique, dont le bail doit être renouvelé au plus tard à la fin du mois de juin.

CHSLD
Après des semaines d’attente, le député Bonnardel s’attend à recevoir en « début de semaine prochaine » des nouvelles du dossier de la construction du futur CHSLD. Il rappelle que les plans pour un centre de 176 places ont été envoyés à la mi-mars. « J’attends de parler au ministre [Gaétan Barrette] pour savoir si c’est accepté ou s’il faut retourner sur la table à dessin ».

Somme toute, le député se montre satisfait de l’annonce d’investissement. « On fonctionnait avec des budgets [indexés à l’inflation] depuis des années, [alors] de voir aujourd’hui des ressources additionnelles, c’est important », avance-t-il. Comment on va répondre aux besoins de chaque hôpital, ça reste à voir. »