Employés, administrateurs et membres de L’Autre Versant ont été nombreux à mettre la main à la pâte pour préparer une impressionnante programmation dans le cadre de cette année de festivités qui vise à souligner le trentième anniversaire de l’organisme.
Employés, administrateurs et membres de L’Autre Versant ont été nombreux à mettre la main à la pâte pour préparer une impressionnante programmation dans le cadre de cette année de festivités qui vise à souligner le trentième anniversaire de l’organisme.

L’Autre Versant: trente ans à voir au-delà du diagnostic

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Discrète, l’entrée de L’Autre Versant passe pratiquement inaperçue sur la rue Drummond. Pourtant, il y aura 30 ans cette année que l’organisme de soutien aux adultes présentant des problématiques de santé mentale change des vies dans la Haute-Yamaska. Il y a là de quoi célébrer !

C’est en avril 1990 que L’Autre Versant a vu le jour. À l’époque, l’organisme n’avait qu’une seule employée, à savoir sa directrice générale Joseph-Anne St-Hilaire. Trois décennies plus tard, force est d’admettre que celle qui songe tranquillement à prendre sa retraite a bien su s’entourer : l’organisme compte désormais 13 employés à temps plein, en plus d’autres contractuels. Et il compte en son sein 260 membres, un record.

La clé du succès repose sur l’accueil de ceux-ci et le soutien leur étant offert, estime Pierre Fontaine, un membre qui est également animateur en loisirs. « Ici, l’être humain passe avant le diagnostic », lance-t-il du tac au tac.

« Les intervenants ont une philosophie où l’être humain est perçu dans sa globalité », juge aussi Nathalie Lasnier, conseillère en ressources humaines et membre de L’Autre Versant.

C’est aussi ce que croit Jacqueline Tejo, la coordonnatrice clinique de l’organisme. « Ces personnes ont un rôle à jouer dans la société malgré leur diagnostic », dit-elle.

Ce faisant, L’Autre Versant s’est toujours affairé à valoriser ses usagers en fonction de leurs forces, de leurs compétences et de leurs intérêts.

Julie Préville attribue à l’organisme une grande part de sa réinsertion sociale, elle qui en plus d’être membre de L’Autre Versant depuis neuf ans en est désormais une technicienne et assistante aux ateliers. « Ils m’ont aidé dans plein de domaines en me laissant la chance de m’impliquer », confie-t-elle.

Chacun peut donc jouer le rôle qu’il désire à son rythme, et l’implication de chaque acteur fait une différence positive, tant pour l’organisme que pour ses bénéficiaires eux-mêmes.

« 99 % des gens ici arrivent avec l’estime de soi dans les bas fonds, reconnaît Sylvie Laplante, qui siège au conseil d’administration. On arrive ici avec peu d’estime, mais on gagne confiance et on est aidés à déployer nos ailes. Personnellement, les cours de croissance personnelle m’ont aidée à trouver qui je suis. »

S’épanouir par les arts

Cette approche d’épanouissement de soi par les forces est jumelée au développement du sens créatif des usagers. « Nos interventions et les arts, pour moi, ça va ensemble, relève Mme St-Hilaire. J’y crois beaucoup. »

Et pour cause. À travers le théâtre, la peinture, le collage, le chant et d’autres médiums, certaines personnes découvrent une nouvelle manière de s’exprimer, souligne Mme Lasnier, qui est bien placée pour témoigner des bienfaits de l’art sur l’âme, elle qui a connu une illumination grâce au vernissage d’une exposition organisée par L’Autre Versant.

« Quand je l’ai vu, il y a deux ans, je l’ai tellement aimée que ça m’a permis de découvrir les arts de fil en aiguille et de me découvrir des goûts et des capacités. Avant ça, je ne participais pas beaucoup aux activités de L’Autre Versant. Maintenant, l’art est devenu pour moi une forme de méditation. »

« Chaque année, on a des moments marquants. On a des gens qui commencent à s’ouvrir. Ça semble être de petites choses, mais c’est ce qui fait que notre groupe est aussi merveilleux », raconte Mme Préville.

Le fruit de cette créativité collective sera partagé sous la forme d’un recueil de poésie, comprenant également l’historique de l’organisme, qui sera publié cette année.

Ouverture et avancées

En trois décennies, la médecine a permis de démystifier plusieurs tabous sur la maladie mentale. Le temps a aussi fait son oeuvre sur les mentalités, laissant une place de plus en plus grande aux personnes atteintes d’un trouble de la santé mentale.

« Au départ, comme organisme, on était jugé. On ne nous voyait pas d’un bon oeil. Mais avec les années, surtout depuis une dizaine d’années, on a constaté une plus grande ouverture, a constaté Mme St-Hilaire. Il y a une nouvelle génération de psychiatres et de nouvelles approches. Les gens ne sont plus stigmatisés comme ils l’ont déjà été. »

« Et ils ont désormais la connaissance qu’ils ont des droits, qu’ils sont des citoyens qui peuvent s’impliquer et manifester. On a compris qu’on a un droit de parole », renchérit Julie Préville.

UNE ANNÉE DE FESTIVITÉS 

Employés, administrateurs et membres de L’Autre Versant ont été nombreux à mettre la main à la pâte pour préparer une impressionnante programmation dans le cadre de cette année de festivités.

Le tout débutera par une soirée dansante le jour de la Saint-Valentin, conséquemment nommée «30 ans d’amour à L’Autre Versant». Un buffet sera servi aux participants, qui seront attendus dès 16h au Black light Café, soit le local 217 de l’Impérial.

Puis, la fin de semaine du 25 et du 26 avril, l’organisme sera l’hôte d’une séance de tatouage en lien avec la prévention du suicide. De 9h à 21h, on accueillera ceux qui souhaitent prêter leur peau à la cause moyennant la somme de 30$, dont la moitié sera versée à L’Autre Versant.

L’art sera en vedette en mai avec l’exposition solo d’Andrée Brisson intitulée L’imparfait, plus que parfait, dont le vernissage aura lieu l’après-midi du 3 mai au Centre culturel France-Arbour. L’exposition se poursuivra au même endroit jusqu’au samedi 16 mai.

Le mois suivant, plus précisément le 18 juin, l’organisme organise un «party ludique et champêtre» à l’attention de ses membres. La fête, où baignade, jeux extérieurs, barbecue et animation avec un disc-jockey, se déroulera à la Rabouillère, à Saint-Valérien-de-Milton.

Une expédition de trois jours et deux nuits dans le Bas-Saint-Laurent est par la suite prévue du 19 au 21 août, où des visites du phare de Pointe-au-Père, de son musée dédié à L’Empress of Ireland et du sous-marin Onondaga, de même qu’une croisière d’observation des baleines sur les eaux du Saint-Laurent seront offertes.

L’Autre Versant sera par ailleurs l’hôte d’une soirée cocktail à une date indéterminée de septembre.

Il accueillera, le 9 octobre à l’auditorium du Cégep de Granby, la musicienne Florence K, qui offrira une prestation musicale de même qu’une conférence sur son propre combat avec la maladie mentale. 

Le trentième anniversaire de l’organisme se conclura par une fête de Noël au Chalet de l’Érable, le soir du 17 décembre.