Le tribunal n’a pas retenu les témoignages des deux plaignants déposés contre Laurent St-Martin.

Laurent St-Martin acquitté d'agression sexuelle

Bien que son témoignage ait été jugé peu crédible, Laurent St-Martin, un journalier de 62 ans de Granby, a été acquitté des accusations d’agression sexuelle envers des mineurs qui pesaient contre lui.

Les versions des deux plaignants, aujourd’hui adultes, posaient encore davantage problème, a indiqué la juge Julie Beauchesne, de la Cour du Québec. « Le tribunal a déjà dit ne pas croire l’accusé ni sa conjointe, mais les deux plaignants avaient certaines imprécisions et incohérences dans leurs témoignages dont le tribunal doit prendre en considération. »

Tous deux alléguaient avoir subi des attouchements, des fellations et avoir dû en faire à l’accusé alors qu’ils séjournaient occasionnellement chez lui à l’enfance et à l’adolescence, il y a une trentaine d’années. Mais l’un d’eux a eu de la difficulté à préciser les séjours, la durée et la fréquence.

Sa version contenait tant d’imprécisions que le tribunal « ne peut en arriver à un verdict de culpabilité hors de tout doute raisonnable ».

L’autre plaignant a livré un témoignage plus solide, mais d’importantes contradictions ont été soulignées quant à la nature, les lieux et à la fréquence où les actes sexuels auraient été posés. Il a évoqué une « mémoire confuse », mais cela « suscite un doute dont doit bénéficier l’accusé », a dit la juge.

Fardeau
« Le fardeau de preuve hors de tout doute raisonnable est un fardeau très important », a rappelé la juge Beauchesne dans son verdict rendu en décembre dernier. Les témoignages de M. St-Martin et de sa conjointe, bien que peu fiables, ont aussi soulevé des doutes quant à la culpabilité de l’accusé.

Représenté par Me Pascale Gauthier, M. St-Martin a donc été acquitté, mais est resté détenu. Il doit terminer une sentence de 18 mois de prison récoltée en octobre 2017 à la suite d’un autre procès, pour agression sexuelle envers une fillette âgée de 6 à 11 ans. Dans ce dossier tout comme pour celui des deux mineurs, l’accusé s’est dit innocent et victime de fabrications.