Des inspections menées en avril 2018 ont conclu que des rejets d’eaux usées dans l’environnement surviennent toujours à l’Auberge West Brome et dans le bâtiment abritant des copropriétés.

L’Auberge West Brome semoncée pour ses rejets d'eaux usées

Les propriétaires de l’Auberge West Brome se retrouvent à nouveau dans l’eau chaude avec le ministère de l’Environnement. Un an après avoir plaidé coupable d’avoir rejeté des eaux usées dans l’environnement, des infractions qui leur ont valu des amendes de 45 000 $, leurs installations septiques continuent de rejeter des eaux usées.

Le ministre de l’Environnement Benoit Charette leur a ordonné jeudi de mettre fin à cette pollution. Dans son ordonnance, il exige que les propriétaires obturent les sorties des huit fosses septiques de l’Auberge et du bâtiment abritant les copropriétés. Il demande également qu’ils installent des alarmes dans les fosses et les vident dès qu’elles sont pleines.

Les problèmes de rejets d’eaux usées de l’Auberge West Brome datent de 2008. L’entreprise a reçu des avis d’infraction en 2009 et 2012 pour violation de l’article 20 de la Loi sur la qualité de l’environnement (LQE), soit pour avoir émis un contaminant dans l’environnement. En 2013, devant les infractions qui se répétaient, le Ministère a décidé de faire enquête et de porter l’affaire devant les tribunaux. Après des avis de non-conformité en 2014, 2015 et 2017 pour les mêmes manquements, l’entreprise s’est retrouvée en Cour supérieure où elle a été condamnée.

La pollution causée par l’Auberge West Brome a poussé la Direction de la santé publique (DSP) de la Montérégie à s’en mêler. L’organisme conclut que les rejets d’eaux usées « constituent un risque à la santé de l’être humain », peut-on lire dans l’ordonnance du ministre Charette. Ce type de pollution peut causer des maladies gastro-intestinales et de la peau, avertit la DSP. Elle représente par ailleurs une menace à l’eau potable utilisée par les habitants du secteur qui sont alimentés par des puits artésiens.

Malgré les nombreux avis de non-conformité et les amendes, les rejets d’eaux usées se sont poursuivis, selon le ministère de l’Environnement. Trois avis de non-conformité ont été signifiés aux propriétaires de l’établissement en avril 2018. En octobre, ils ont assuré le Ministère qu’ils prenaient la situation au sérieux, expliquant avoir installé des alarmes dans quatre fosses. Toutefois, des tests menés en décembre sur ces alarmes par des représentants du Ministère ont permis de conclure qu’elles ne fonctionnaient pas.

Une autre inspection a été réalisée le 17 janvier par des fonctionnaires de l’Environnement. « Le Ministère a conclu que les mesures prises n’étaient pas suffisantes pour garantir l’arrêt du rejet de contaminants », écrit Daniel Messier, porte-parole de l’organisme dans un échange de courriels.

Le ministre Charette s’est alors prévalu des pouvoirs que lui accorde la LQE en émettant une ordonnance exigeant que les propriétaires prennent tous les moyens pour mettre un terme aux rejets d’eaux usées, notamment en installant des alarmes sur toutes les fosses et d’obturer leur sortie.

Une aide du village ?

La direction de l’Auberge regarde du côté de la Ville de Lac-Brome pour régler son problème de pollution. Elle souhaite brancher ses réseaux des eaux usées sur celui du village de West Brome.

La municipalité en saura davantage sur son projet de modernisation des installations septiques du village de West Brome le 24 avril. C’est la date où les soumissions pour la construction d’un nouveau système de traitement des eaux usées de ce secteur seront ouvertes, a indiqué Gilbert Arel, directeur général de la municipalité. Les entreprises soumissionnaires ont été invitées à travailler deux scénarios : un qui dessert les 25 maisons et commerces du village, l’autre incluant également l’Auberge West Brome et ses copropriétés. Le processus concerné est un réacteur biologique à membranes.

Un premier appel de projets a été rejeté l’an dernier par le conseil municipal. Le processus de traitement alors retenu, un réacteur biologique en garnissage en suspension, s’est avéré trop coûteux. Les estimations de la firme d’ingénieur faisaient état de coûts compris entre 400 000 $ et 440 000 $. La plus basse soumission reçue s’est élevée à plus d’un million de dollars, a dit M. Arel.

Les travaux devraient être réalisés cette année, a-t-il dit.

Nous avons tenté de parler aux dirigeants de l’Auberge West Brome mardi. Le directeur général de l’établissement, Michel Ménard, qui nous avait assuré qu’il répondrait à nos questions, a plutôt envoyé un courriel laconique en fin d’après-midi disant que « l’Auberge respecte les exigences prévues à l’ordonnance et continuera de travailler en étroite collaboration avec le MELCC et la Ville de Lac-Brome. »