Guillaume Lemieux et Marc Brochus, promoteurs du développement L’Art de vivre, à Lac-Brome, souhaitent rendre leur projet domiciliaire carboneutre.
Guillaume Lemieux et Marc Brochus, promoteurs du développement L’Art de vivre, à Lac-Brome, souhaitent rendre leur projet domiciliaire carboneutre.

L’Art de vivre: un premier projet domiciliaire carboneutre

L’Art de vivre, à Lac-Brome, est le premier projet domiciliaire privé à compenser ses émissions de gaz à effet de serre avec Carbone boréal. Les deux promoteurs, Marc Brochu et Guillaume Lemieux, ont obtenu récemment leur certification pour les premiers mois du projet, soit de mai 2018 à octobre 2019. Ils souhaitent que l’ensemble du projet soit carboneutre.

M. Lemieux, aussi propriétaire de l’entreprise Excavation GAL, a fait des recherches sur les solutions disponibles pour rendre leur projet plus vert. L’article d’un quotidien montréalais lui a fait découvrir le sérieux de la démarche de Carbone boréal, une infrastructure de recherche de l’Université du Québec à Chicoutimi.

L’argent reçu pour des compensations permet de financer la recherche, comme celle sur le rôle de la forêt dans la lutte aux changements climatiques.

« Des arbres sont plantés. C’est 4 $ par arbre. L’argent recueilli est utilisé pour la recherche, explique Olivier Fradette, professionnel de recherche à l’UQAC. On a un partenariat avec le ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs pour la plantation. Ça fonctionne selon le même processus de reboisement, sauf que, pour nous, ce sont des plants qui ont été ensemencés et réservés pour Carbone boréal. On choisit des terrains qui répondent à nos critères et ils ont un statut de forêt d’expérimentation, ce qui les protège de tout travail d’exploitation. »

La démarche de Carbone boréal a séduit Guillaume Lemieux. L’Art de vivre a déboursé 3365 $ pour la plantation de 859 arbres dans le nord du Québec dans une zone dénudée de forêts en raison de feux ou d’épidémies d’insectes. Cela permettra de compenser l’émission de 120,2 tonnes de gaz à effets de serre. Les deux partenaires se promettent de faire la même démarche pour la suite des travaux.


« L’environnement, dans notre projet, ça nous tient à cœur. On cherchait quelque chose qui permettrait de nous différencier des autres. »
Guillaume Lemieux

« On va compenser tout le CO2 qu’on aura dépensé par des arbres de Carbone boréal, ce qui va faire en sorte que notre projet, en fin de compte, sera zéro carbone, fait savoir M. Lemieux. On utilise beaucoup de machineries et on dépense beaucoup de CO2 sur un chantier. On a rempli une grille qu’on a envoyée à Carbonne boréal pour le calcul du tonnage. »

Les équipements, les véhicules, l’essence dépensée sont des facteurs pris en considération. Il leur a fallu prendre beaucoup de notes, mais la présence de GPS sur les véhicules d’Excavation GAL a simplifié les choses, avoue M. Lemieux.

« C’est GAL qui va creuser pour les maisons et je me suis engagé à compenser aussi », promet-il.

« L’environnement, dans notre projet, ça nous tient à cœur, surtout qu’on en parle beaucoup ces temps-ci. On cherchait quelque chose qui permettrait de nous différencier des autres. »

Effet boule de neige

Marc Brochu et Guillaume Lemieux souhaitent maintenant que leur geste fasse boule de neige.

« Ce qu’on veut, c’est un enchaînement, évoque M. Brochu. On le fait comme promoteurs, mais tantôt il va y avoir des entrepreneurs et des propriétaires de maisons. Si tout le monde nous suit, ça aurait un effet d’entraînement. »

« Je pense que ça peut donner une lancée pour d’autres projets dans la région. Le mot peut se passer », ajoute M. Lemieux.

Il glisse au passage que le duo de promoteurs pourrait aider les propriétaires qui achèteront un terrain à compenser leurs émissions pour la construction de la maison en déboursant 25 % de la note de Carbone boréal.

L’Art de vivre prévoit que chaque propriétaire de lot engage son propre entrepreneur pour la construction de la maison, qui devra respecter certaines règles d’urbanisme et d’architecture.

Ce projet domiciliaire, qui se déploie sur une propriété bucolique et semi-boisée de 100 acres, portait auparavant le nom de Faubourg Lac-Brome, alors que M. Brochu était seul aux commandes. Guillaume Lemieux s’est joint au projet au printemps 2018.

Un dernier bout de rue est encore à faire. Les rues du nouveau quartier seront pavées au printemps. La moitié des terrains disponibles ont été vendus et la construction des maisons pourra commencer dès cette année.