«Un échec, c’est positif, ça te fait grandir», dit Éric Lauzon qui, avec Bianca Duceppe, donne des conférences à travers le Canada sur «l’art de l’apprentissage». «Il faut distinguer les faits des opinions et apprendre de ça.»

L’art d’apprendre, ce méconnu

La plupart des élèves et enseignants ignorent comment apprendre, ce qui pourtant devrait être à la base de notre système d’éducation.

C’est le constat lapidaire que font Éric Lauzon et Bianca Duceppe, un couple de Waterloo qui donne des conférences et des formations à travers le Canada sur « l’art de l’apprentissage ».

Apprendre à apprendre. Voilà qui semble très abstrait. « Mais ce qu’on présente est très concret ! », assure Mme Duceppe.

Fonctionnement du cerveau, attitude face aux échecs et aux évaluations font partie de leurs thèmes principaux et pour lesquels ils proposent des outils qu’ils souhaitent voir implantés dans toutes les écoles.

M. Lauzon donne l’exemple des enseignants qui recommandent à leurs élèves de réécrire leurs notes pour se préparer à un examen.

« C’est l’une des pires façons d’étudier ! », dit celui qui a fait carrière en informatique au sein du Baccalauréat international (BI) — l’organisme qui chapeaute ce que l’on appelle communément les Programmes d’éducation internationale (PEI) — avant de devenir conférencier à temps plein.

« Ce n’est qu’une technique pour la mémoire à court terme, qui prend très peu d’espace dans le cerveau. Il est beaucoup plus efficace de simplement se résumer ses notes et de se faire des points-clés. »

Étudier pour soi

Au gré de leurs livres et de leurs formations, le couple s’attaque également à la façon dont les élèves composent avec les échecs. Il est prouvé que ceux qui y réagissent le mieux ont de meilleurs résultats. Au lieu de se laisser abattre, ils les voient plutôt comme une façon de s’améliorer.

« Un échec, c’est positif, ça te fait grandir, dit M. Lauzon. C’est un objectif personnel qui n’a pas été atteint. Il faut distinguer les faits des opinions et apprendre de ça. »

Cela signifie aussi revisiter les sujets que l’on a le moins maîtrisés. Bref, ne pas étudier uniquement en fonction des évaluations, mais pour soi, à long terme.

« On cherche la motivation intrinsèque, dit Mme Duceppe, qui a également œuvré au BI après avoir été enseignante et conseillère pédagogique. Que les élèves comprennent que c’est utile d’apprendre. En changeant le processus, on change le résultat. »

L’iceberg de l’inconscient

Comment réussissent-ils auprès des moins motivés ?

« On leur explique comment le cerveau fonctionne, dit Éric Lauzon. Qu’il est comme un iceberg et que l’inconscient est sous-utilisé. Il faut ouvrir ces barrières-là. »

Apprendre par le jeu, poser des questions ouvertes et s’envoyer des messages positifs sont également des atouts pour mieux apprendre.

« Les gens positifs, en moyenne, réussissent mieux, dit M. Lauzon. C’est une question d’attitude. »

Il ajoute que le potentiel d’internet est aussi mal exploité par la majorité des élèves. On l’utilise surtout pour se distraire alors qu’il renferme une mine d’information... pour qui sait la chercher.

« Ce n’est qu’une des compétences à développer », dit Mme Duceppe.

Le couple n’est plus affilié avec le BI, mais travaille en partenariat avec le spécialiste en éducation Lance King dont les travaux ont grandement influencé la philosophie de cet organisme.

Les écoles PEI font donc partie de leur clientèle, mais ils offrent des formations dans tous les établissements primaires, secondaires et collégiaux.

« On veut changer le monde au niveau de l’éducation », dit Éric Lauzon.