La mairesse de Marieville, Caroline Gagnon

L’aréna Julien-Beauregard passe aux mains de Marieville

La Ville de Marieville prendra finalement possession de l’aréna Julien-Beauregard, au terme d’un vote majoritaire des membres du Centre sportif de Rouville (CSR) tenu lors d’une assemblée générale spéciale, mercredi soir.

Seuls cinq des 19 membres se sont prononcés contre la résiliation volontaire de l’acte de cession que la Ville a avec le CSR depuis une quarantaine d’années.

« L’aréna est dans une situation critique », a répété Marielle Deschênes, la nouvelle présidente du conseil d’administration, élue le 18 décembre dernier. Elle remplace Sylvain Touchette, qui demeure administrateur de l’organisme à but non lucratif. Ce dernier n’était pas présent à l’assemblée générale qu’il avait lui-même organisée.

« Quand on regarde la situation à moyen terme, il n’y a pas tellement de portes de sortie. Avec l’offre que la Ville fait, on ne voit pas d’autres issues que celle-là », a ajouté Philippe Latreille, le vice-président du conseil d’administration.

MRC de Rouville

En début d’assemblée, David Perron a proposé au conseil de transférer la responsabilité de l’aréna aux huit villes qui composent la MRC de Rouville, en supposant que celles-ci profitent des installations de l’aréna Julie-Beauregard sans payer un sou. « Présentement, c’est seulement les gens de Marieville qui vont payer des taxes, a-t-il plaidé. Ce qui me fatigue c’est que l’autre ville d’à côté vient à mon aréna et ça ne lui coute rien. »

« Dans le bail emphytéotique, les contrats reviennent à la Ville. S’il y a faillite ou dissolution, la bâtisse revient à la Ville. Au prorata, on est plus qu’un tiers de la MRC, alors on se ramasse à payer pareil », a signifié la mairesse de Marieville, Caroline Gagnon, également administratrice du CSR.

Le conseiller municipal Sylvain Lapointe, qui siège avec elle sur le conseil d’administration, a lui aussi relevé que si la MRC avait été intéressée, elle l’aurait déjà signifié. « Il n’y a pas eu de geste tangible de la MRC. Avant de vendre aux autres à rabais, on est mieux de s’assurer du contrôle par la Ville ici. On a un avantage à garder le contrôle sur l’infrastructure », a-t-il avancé.

Prêts

La question de la mise en demeure émise au CSR par la Caisse Desjardins de Rouville a aussi été abordée. Mme Deschênes a mentionné que rien n’avait été payé à l’institution financière depuis septembre dernier.

Celle-ci a obtenu cet automne un préavis d’exercice d’un droit hypothécaire sur l’aréna, évalué à 2,3 millions de dollars. Voyant que la Ville était intéressée par l’aréna, elle n’a toutefois pas encore été de l’avant avec une saisie qui aurait pu être faite depuis avril 2017.

Pour ce qui est du retard de paiement de plus de 19 000 $ sur le remboursement du prêt, en plus d’une créance de plus de 28 000 $ en impôts fonciers impayés, Mme Deschênes a confirmé que les paiements se font bien, mais qu’il reste encore de l’argent à débourser. « On retarde d’autres paiements pour payer ce qui est prioritaire », a mentionné la nouvelle présidente.

Le risque est plus grand de laisser la situation telle qu’elle est actuellement plutôt que de transférer l’aréna entre les mains de la Ville, croit-elle. « C’est la moins pire des solutions », a dit Mme Gagnon.

La présidente a également confirmé, mercredi soir, qu’un paiement de 15 500$ sera effectué à Hydro-Québec ce mois-ci. Rappelons que le courant avait été coupé à l’aréna l’été dernier parce que l’organisme n’avait pas acquitté sa facture pendant quatre mois.

Gestion

David Perron a de son côté réitéré son inquiétude quant à la façon dont l’aréna sera géré. Il croit que ce sera plus compliqué d’accéder aux installations de l’aréna et craint que les membres du CSR n’aient plus droit de parole.

« Je comprends tes craintes. Malheureusement, on est rendus à un stade où il y a des choses qui ont été faites dans le passé. Il y a une décision qui doit être prise. Moi, j’ai essayé de regarder toutes les options et je n’en ai pas trouvé », a dit Mme Deschênes.

Manuel Carpentier, conseiller chez Loisirs et sports en Montérégie, était sur place pour répondre aux questions des membres présents. Il a mentionné que l’OSBL pourrait rester actif si c’est que Marieville souhaitait.

La Ville devra aussi se pencher sur le statut des employés. Deviendront-ils des employés municipaux? M. Lapointe s’est montré rassurant en avançant que les employés actuels de l’aréna ont déjà une expertise que des employés de la Ville n’ont pas nécessairement. Il a souligné que le CSR demeurera actif même si la Ville devient acquéreur.

Jean-François Poirier a pour sa part souligné l’implication de tous les bénévoles qui ont mis sur pied l’aréna, il y a 40 ans. « Ça me fait mal pour l’héritage qu’on va laisser », a-t-il avoué.