Bromont a statué que l’annexe installée en 2014 et qui ne devait être que temporaire était irrécupérable à la suite d’infiltrations d’eau ayant causé d’importants dommages.
Bromont a statué que l’annexe installée en 2014 et qui ne devait être que temporaire était irrécupérable à la suite d’infiltrations d’eau ayant causé d’importants dommages.

L'annexe de l'école Saint-Vincent-Ferrier sera démolie

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
Déjà condamnée en début d’année scolaire pour vétusté, l’annexe - aussi appelée unité modulaire ou roulotte - installée depuis cinq ans en bordure de l’école primaire Saint-Vincent-Ferrier de Bromont sera bientôt détruite.

L’installation qui permettait d’ajouter deux classes supplémentaires à l’établissement rempli à pleine capacité disparaîtra du paysage du quartier Adamsville au printemps prochain, indique le directeur général de la Ville, Éric Sévigny.

Après analyse, Bromont a statué que l’annexe, qui ne devait être que temporaire, était irrécupérable à la suite d’infiltrations d’eau ayant causé d’importants dommages.

Elle aurait été mal installée au départ, mentionne Marc-Édouard Larose, conseiller municipal à Adamsville et couvreur de profession.

Les municipalités de Bromont, Brigham et East Farnham, qui l’avaient achetée de la commission scolaire du Val-des-Cerfs en 2016, excluent toutefois d’exercer des recours contre le fournisseur. « On ne cherche pas de coupable, dit Éric Sévigny. On cherche des solutions. »

En faisant l’acquisition de l’annexe au coût de 100 000 $, et ce même si Val-des-Cerfs la considérait déjà vétuste, le trio de municipalités voulait éviter que des élèves aient à fréquenter une autre école, par manque de place.

Avec son abandon, le problème reste entier.

Digne d’une partie de Tetris

Cette année, Val-des-Cerfs a pu conserver les 312 élèves dans l’école, malgré la fermeture de l’unité modulaire, en faisant preuve d’une créativité digne d’une partie de Tetris. Elle a fusionné les deux classes de 6e année que contenait l’annexe et les a installées dans la bibliothèque, tandis que les effectifs de ce service étaient déplacés dans un local d’anglais. Ce dernier local, tout comme celui de musique, sont alors devenus des « classes volantes ».

Mais cette solution ne peut, là aussi, qu’être temporaire puisque « Brome-Missisquoi est en croissance soutenue et Bromont, en croissance fulgurante », dit M. Sévigny.

D’où l’impasse. Les trois villes souhaitent que Val-des-Cerfs défraie le coût d’une nouvelle annexe, ce que la commission scolaire refuse de faire puisque Québec ne finance pas d’agrandissement ou de nouvelle construction s’il y a de l’espace dans une autre école à moins de 20 km.

Et il y aurait de la place à l’école de la Moisson d’or de Saint-Alphonse-de-Granby, à 8,6 km de là, ou encore à Cowansville.

Or, les maires de Bromont, Brigham et East Farnham refusent que leurs élèves fréquentent les écoles ces municipalités ; ils veulent les garder à proximité.

« En-dehors de la question économique, on parle d’enfants et d’éducation, dit le maire de Bromont Louis Villeneuve. On la connaît [NB : la règle du 20 km], mais on va voir... On veut parler à la commission scolaire. On paie déjà des taxes scolaires, on veut pas repayer pour des roulottes. »

« Depuis 2012, les municipalités ont investi pour maintenir les élèves à Saint-Vincent-Ferrier, ajoute le directeur général de Brigham, Pierre Lefebvre. Là, on arrive à un point de non-retour. »

« Nous, les villes, on a fait notre part et on veut éviter que nos élèves soient transférés ailleurs », insiste le maire de Brigham, Steven Neil. Même son de cloche du côté de Sylvie Dionne-Raymond, mairesse d’East Farnham.

Rencontres

Une rencontre entre les municipalités concernées et les dirigeants de la commission scolaire est prévue dans les prochains jours, tout comme une visite au ministère de l’Éducation le 29 janvier.

Les maires et DG interrogés soulignent qu’ils ne sont pas en mode confrontation avec Val-des-Cerfs, mais bien en mode solution. « On veut collaborer avec la commission scolaire et on cherche une solution permanente », dit Éric Sévigny.

« Elle reconnaît notre situation », soutient Pierre Lefebvre, rappelant que Val-des-Cerfs est en demande d’agrandissement pour Bromont. La question, c’est de voir comment on va moduler ces investissements. »

Du côté de Val-des-Cerfs, on indique par courriel que les prévisions de fréquentation pour l’école Saint-Vincent-Ferrier sont à la baisse.