La coordonnatrice aux communications à la commission scolaire du Val-des-Cerfs, Isabelle Charest, a été élue députée et nommée ministre déléguée à l’Éducation.

L’année 2018 en éducation

Entre un lock-out décrété par... un syndicat et une employée de la commission scolaire devenue ministre, le milieu de l'éducation a été un terreau fertile en événements majeurs dans la région.

Isabelle Charest ministre

D’abord, une surprise de taille : la Coalition avenir Québec annonce, le 13 juin, que sa candidate dans Brome-Missisquoi sera la coordonnatrice aux communications de la commission scolaire du Val-des-Cerfs, Isabelle Charest.

L’ex-femme d’affaires et athlète olympique récoltera un torrent d’appuis avec 44 % des voix et mettra fin à 38 ans de domination libérale dans cette circonscription. Elle sera ensuite nommée ministre déléguée à l’Éducation et responsable des Sports et des loisirs dans le nouveau gouvernement Legault.

« J’étais à un tournant de ma vie », a-t-elle expliqué en conférence de presse lors de son saut en politique, ajoutant vouloir participer à la « restructuration » du milieu de l’éducation au Québec. « C’est le changement dont tout le Québec a besoin », a-t-elle dit.

Shefford a été sélectionnée pour accueillir un Lab-école.

Lab-école

Du changement, c’est ce que la municipalité de Shefford connaîtra avec la construction annoncée d’une première école sur son territoire, qui plus est un Lab-école. La bonne nouvelle a été révélée le 5 juin.

« Ce sera une vitrine exceptionnelle pour nous et ça aura un impact majeur sur la région », a déclaré alors le président de Val-des-Cerfs Paul Sarrazin. L’établissement, dont les grandes lignes ont été pensées par le trio Ricardo Larrivée, Pierre Thibault et Pierre Lavoie, se voudra plus en phase avec son environnement et les besoins des élèves. Il doit voir le jour d’ici 2023.

Pour l’instant, un comité local composé d’une dizaine de personnes sont à définir ce dont aura l’air l’école sheffordoise. « On a beaucoup d’inspiration de ce qui se fait ailleurs dans le monde », dit M. Sarrazin. Un concours d’architecture doit être lancé au début de 2019. Il s’agit d’un investissement total de 13,2 M$.

Val-des-Cerfs doit assumer sa part dans le règlement du litige en lien avec les frais facturés en trop aux parents, notamment en ce qui a trait aux fournitures scolaires.

Action collective

La commission scolaire de Brome-Missisquoi et de la Haute-Yamaska doit aussi investir dans la conclusion d’un litige dont elle se serait bien passée. En mai, une entente à l’amiable est intervenue entre les commissions scolaires du Québec et les avocats d’une femme de Saguenay qui les poursuivait, au nom des élèves, pour les frais facturés en trop aux parents, notamment les fournitures scolaires.

Les règles ont depuis été resserrées, mais les 68 commissions scolaires concernées devront allonger 153 M$ à la suite de cette action collective, ce qui représente une somme de 2,7 M$ pour Val-des-Cerfs. Elle a autorisé un régime d’emprunt à cet effet le 18 décembre.

Une partie de cette somme pourrait être épongée par les assureurs qui contestent toutefois leur responsabilité. « Le litige est encore en cours, alors on paie notre partie pour le moment », a expliqué le directeur général Éric Racine.

Le Syndicat de l’enseignement de la Haute-Yamaska, et son président Éric Bédard, a mis ses deux employées en lock-out.

Lock-out au SEHY

Le Syndicat de l’enseignement de la Haute-Yamaska (SEHY) n’est pas non plus étranger aux conflits. Il en a géré un de façon inusitée, cette année, en mettant en lock-out ses deux employées, des secrétaires, une tactique pourtant jugée antisyndicale.

« C’est la pire des solutions, je le reconnais, a dit le président du SEHY, Éric Bédard, en entrevue le 11 octobre. Mais c’est la seule qu’on avait. » Il a soutenu avoir « trop donné » à ses employées dans le passé.

Son opposant, le Syndicat des employés de syndicat et des organismes collectifs du Québec, lui a reproché une stratégie basée sur la vengeance et déposé une plainte pour négociation de mauvaise foi. Le tout s’est réglé à la faveur d’une entente de principe intervenue à la fin octobre.

Comme ailleurs au Québec, la commission scolaire du Val-des-Cerfs a connu une pénurie d’enseignants.

Pénurie d’enseignants

En début d’année, le SEHY a montré du doigt les conditions de travail des enseignants pour expliquer la pénurie de suppléants que connaissent les commissions scolaires du Québec.

Celles-ci l’expliquent de leur côté par de nombreux départs à la retraite et la conséquence d’ajout de mesures de soutien aux élèves. De plus en plus de suppléants sont sollicités pour combler les périodes laissées vacantes par les enseignants réguliers affectés à ces tâches, forçant notamment Val-des-Cerfs à épuiser ses listes de remplaçants.

Elle a plus que jamais fait appel à des retraités, des stagiaires et des personnes diplômées dans des domaines connexes pour enseigner. « Il ne me semble pas avoir connu de pénurie de suppléants aussi grande », a indiqué Paule-Andrée Bouvier, directrice des communications et des affaires corporatives à la commission scolaire.